Langues bibliques
ܐܳܪܳܡܳܝܳܐ
Araméen biblique
Langue de Daniel et d'Esdras, langue maternelle de Jésus de Nazareth. Quelques fragments retenus dans l'AT et le NT.
L'araméen est une langue sémitique de la famille nord-occidentale, sœur de l'hébreu. Il fut la langue diplomatique et commerciale du Proche-Orient ancien à partir du VIIIe siècle av. J.-C., puis langue véhiculaire de l'empire perse achéménide (araméen impérial, VIe-IVe s. av. J.-C.). Au temps du Christ, c'était la langue de tous les jours en Palestine — l'hébreu étant devenu langue principalement liturgique et savante.
Périodisation de l'araméen
- Araméen ancien (Xe-VIIIe s. av. J.-C.) — Inscriptions des royaumes araméens.
- Araméen impérial (VIIe-IVe s.) — Langue administrative achéménide. Forme des passages bibliques.
- Araméen moyen (IIIe av. - IIIe ap. J.-C.) — Diversification dialectale : nabatéen, palmyrénien, judéo-araméen palestinien (langue de Jésus), Targums anciens.
- Araméen tardif (à partir du IVe s. ap.) — Branche occidentale (Targums de Jonathan, judéo-araméen palestinien) et branche orientale (syriaque, mandéen, judéo-araméen babylonien).
- Néo-araméen — Encore parlé aujourd'hui dans quelques poches au Liban (Maaloula), en Syrie, en Irak (chrétiens assyriens), en Iran et en Turquie.
Écriture et alphabet
L'araméen biblique s'écrit avec le même alphabet que l'hébreu (écriture carrée, כְּתָב מְרֻבָּע, kĕṯāḇ mĕrubbāʿ), qui est en réalité d'origine araméenne et a remplacé l'écriture paléo-hébraïque chez les Juifs après l'exil babylonien. Les autres formes historiques de l'araméen ont développé leurs propres écritures :
- Estrangelo — Écriture syriaque ancienne (ܐܣܛܪܢܓܠܐ, ʾesṭrangelā, du grec στρογγύλος,
arrondi
). Utilisée dans les manuscrits jusqu'au VIIIe s. - Serto (ܣܪܛܐ) — Écriture syriaque occidentale (jacobite, maronite). Plus cursive.
- Madnhâyâ (ܡܕܢܚܝܐ,
orientale
) — Écriture syriaque orientale (Église d'Orient, chaldéenne). - Mandéen — Alphabet propre, dérivé de l'araméen mais avec voyelles intégrées.
Phonologie
L'araméen partage avec l'hébreu les 22 consonnes, dont les six בגדכפת (beghadhkephath) à double prononciation (occlusive/fricative). Il présente cependant quelques particularités phonologiques distinctives :
- Les gutturales emphatiques ont parfois évolué différemment (le proto-sémitique *ḏ est devenu z en hébreu mais d en araméen).
- L'utilisation plus large des matres lectionis (consonnes utilisées comme voyelles), surtout en araméen tardif.
- Plus grande tendance à la réduction vocalique qu'en hébreu.
Les portions araméennes de l'Ancien Testament
Quatre portions de l'AT sont rédigées en araméen impérial — non en hébreu — pour des raisons liées au contexte historique (occupation perse, échanges diplomatiques) :
| Référence | Étendue | Contexte |
|---|---|---|
| Daniel 2,4b – 7,28 | ~ 6 chapitres | Récits des rois babyloniens et perses ; visions apocalyptiques. Le texte commence en hébreu (1,1–2,4a) puis bascule en araméen au moment où les chaldéens parlent au roi en araméen(Dn 2,4) — la langue change avec l'interlocuteur. |
| Esdras 4,8 – 6,18 | ~ 2 chapitres | Correspondance officielle avec la cour perse, en langue diplomatique araméenne — langue du chancellerie achéménide. |
| Esdras 7,12-26 | ~ 15 versets | Lettre d'Artaxerxès à Esdras, citée intégralement dans sa langue originale. |
| Jérémie 10,11 | 1 verset | Verset isolé en araméen au milieu d'un chapitre hébreu — possiblement une glose contre les idoles destinée aux Juifs en exil parlant araméen. |
Ces portions représentent environ 1% du texte de l'AT hébraïque, mais leur étude est essentielle pour la critique textuelle, l'exégèse de Daniel (livre apocalyptique central), et la compréhension du contexte linguistique post-exilique.
Daniel 7,13 — La vision du Fils de l'homme
Je voyais dans les visions de la nuit, et voici, sur les nuées du ciel, comme un fils d'homme venait.
Ce passage est l'un des plus christologiquement chargés de l'AT — repris explicitement par Jésus en Mc 14,62 lors de son procès devant le Sanhédrin (Vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance, et venant sur les nuées du ciel
). Le titre Fils de l'homme
— l'auto-désignation préférée de Jésus dans les évangiles — provient directement de Dn 7,13, en araméen בַּר אֱנָשׁ (bar ʾĕnāš).
Particularités grammaticales — L'état emphatique
L'araméen partage l'essentiel de sa morphologie avec l'hébreu, mais possède quelques particularités structurelles importantes.
Les trois états du nom
| État | Suffixe | Fonction | Exemple |
|---|---|---|---|
| Absolu | — | Indéfini, prédicat | מֶלֶךְ (melek) — un roi |
| Construit | — | Premier terme de génitif | מֶלֶךְ דִּי (melek dî) — le roi de… |
| Emphatique | -ָא (-āʾ) | Défini (≈ article hébreu) | מַלְכָּא (malkāʾ) — le roi |
L'état emphatique (avec suffixe -ָא) joue le rôle d'article défini. Il s'agit en réalité d'une particule démonstrative postposée, agglutinée avec le nom. Cette construction est sans équivalent direct en hébreu (qui utilise un préfixe הַ-).
Le pronom relatif דִּי
L'araméen utilise une particule unique דִּי (dî) qui sert à la fois de :
- Pronom relatif (qui, que, dont) — équivalent de l'hébreu אֲשֶׁר
- Marqueur de génitif (de) — précédant le complément du nom
- Conjonction (que) — introduisant des subordonnées complétives
Cette polyvalence de דִּי est l'une des marques les plus reconnaissables de l'araméen biblique.
L'imparfait à préfixe -לִ
Au niveau verbal, l'araméen biblique présente une particularité notable : la 3e personne masculin singulier de l'imparfait préfixe en לִ- (au lieu du יִ- hébreu) — par exemple לֶהֱוֵא (lehĕwêʾ, qu'il soit), לִכְתֻּב (likṯuḇ, qu'il écrive). Ceci permet de distinguer rapidement l'araméen de l'hébreu sur un texte donné.
Les paroles de Jésus en araméen
Plusieurs paroles de Jésus, particulièrement chargées d'émotion ou de solennité, sont conservées en araméen original par les évangélistes (qui les traduisent ensuite en grec pour leurs lecteurs hellénophones). Ces ipsissima verba nous donnent un accès direct à la voix authentique du Christ historique.
אַבָּא — La prière intime
Αββα ὁ πατήρ (Abba ho patêr, Mc 14,36 ; Rm 8,15 ; Ga 4,6)
Au jardin de Gethsémani, Jésus s'adresse à Dieu en l'appelant אַבָּא (ʾabbāʾ) — l'état emphatique araméen de père, qui équivaut à le père
. Marc conserve l'araméen original puis le traduit immédiatement en grec (ὁ πατήρ). Paul reprend la même formule bilingue en Rm 8,15 et Ga 4,6 — preuve que l'usage liturgique chrétien primitif a conservé la prière en araméen comme expression de l'adoption filiale.
Abba = papa?
L'idée populaire que abba serait une expression enfantine équivalente à papa
a été défendue par Joachim Jeremias (Abba: Studien zur neutestamentlichen Theologie und Zeitgeschichte, 1966), qui en faisait le marqueur central de la conscience filiale unique de Jésus. Cette thèse est fortement contestée par James Barr ('Abba isn't 'Daddy'
, Journal of Theological Studies 39, 1988, 28-47) qui démontre, sur la base d'occurrences en araméen tardif et juif, qu'abba est utilisé par des adultes parlant à leur père et que le sens enfantin n'est attesté qu'à des époques plus tardives. Le terme exprime certes l'intimité, mais sans nuance infantilisante. La traduction Père
reste la plus juste, l'intimité étant portée par le contexte (Gethsémani) et par la forme emphatique elle-même qui marque la possession personnelle.
טַלִיתָא קוּמִי — La résurrection de la fille de Jaïrus
Ταλιθα κουμ (Talitha koum, Mc 5,41)
Forme araméenne טַלִיתָא קוּמִי (ṭalîṯāʾ qûmî) — petite fille, lève-toi
. Talitha = état emphatique féminin de ṭalyâ (jeune enfant). Qoum = impératif masculin, alors qu'on attendrait le féminin qoumi — d'où la variante textuelle κουμι dans certains manuscrits, et la forme koum retenue dans le NA28 qui pourrait refléter l'usage palestinien populaire au Ier siècle.
אֵפְּתַח — La guérison du sourd-muet
Εφφαθα (Ephphatha, Mc 7,34)
Forme araméenne אֵפְּתַח (ʾeppĕṯaḥ, ou ʾippattaḥ) — ouvre-toi
. Imparfait passif (Ithpeel) de la racine p-t-ḥ (ouvrir
), à la 3e personne du masculin singulier ou impératif. Marc conserve l'expression dans sa forme directe et la traduit aussitôt : ὅ ἐστιν Διανοίχθητι (c'est-à-dire : ouvre-toi
).
אֱלִי אֱלִי לְמָא שְׁבַקְתָּנִי — Le cri de la Croix
Ἠλὶ Ἠλὶ λεμὰ σαβαχθανί (Mt 27,46) / Ελωι ελωι λεμα σαβαχθανι (Mc 15,34)
Citation du Psaume 22,2 : ʾēlî ʾēlî lĕmâ šĕḇaqtānî — Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
. La forme matthéenne Êli est plus proche de l'hébreu original ; la forme marcienne Elôi reflète davantage l'araméen palestinien. Le mot final שְׁבַקְתָּנִי (šĕḇaqtānî) est en revanche purement araméen — l'hébreu psalmique original utilise עֲזַבְתָּנִי (ʿăzaḇtānî). Jésus cite donc le psaume dans une forme mêlée hébreu/araméen reflétant l'usage liturgique palestinien.
מָרָנָא תָא / מָרָן אֲתָא — La prière liturgique primitive
Μαρανα θα (Marana tha, 1 Co 16,22 ; Didachè 10,6)
Conservée par Paul en araméen sans traduction au sein d'une lettre grecque. Deux découpages syllabiques sont possibles selon les manuscrits :
- מָרָנָא תָא (mārănāʾ tāʾ) —
Notre Seigneur, viens !
(impératif). Lecture eschatologique d'invocation. - מָרָן אֲתָא (māran ʾăṯāʾ) —
Notre Seigneur est venu / vient
(parfait ou présent). Lecture proclamatoire.
Le découpage syllabique exact dépend de l'accentuation que les manuscrits ne permettent pas de trancher avec certitude. Les deux lectures sont théologiquement complémentaires : prière eschatologique et profession de foi. La même formule est conservée par la Didachè (10,6) dans le contexte liturgique eucharistique — ce qui suggère qu'il s'agit d'une acclamation eucharistique primitive.
Notre Père reconstitué en araméen
Le Notre Père (Mt 6,9-13 ; Lc 11,2-4) nous est parvenu en grec, mais Jésus l'a très probablement enseigné en araméen. Une reconstitution prudente, basée sur les Targums palestiniens et les sources rabbiniques contemporaines :
אֲבוּנָא דִּבִשְׁמַיָּא, יִתְקַדַּשׁ שְׁמָךְ, תֵּיתֵי מַלְכוּתָךְ, תִּתְעֲבֵד רְעוּתָךְ, הֵיכְמָא דִּבִשְׁמַיָּא, אַף בְּאַרְעָא...
Reconstitution du Notre Père en araméen palestinien (Joachim Jeremias, Abba, 1966)
Flashcards — Vocabulaire araméen biblique
Cliquez sur la carte pour révéler la traduction. La progression est sauvegardée localement.
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🎓 Studio interactif — Araméen biblique
40 cartes en 5 thématiques pour découvrir אֲרָמָיָא, langue parlée par Jésus et de portions de Daniel/Esdras. Lecture droite-à-gauche.
אֱלָהּ
ʾĕlāh
Cliquer pour révélerDieu
~95 occ. dans Dn-Esd araméens. Cognat de l'hébreu אֱלוֹהַּ. Forme déterminée : אֱלָהָא (le Dieu). En arabe : ʾIlāh, Allāh.
Dn 2,18-19 ; 3,17 ; Esd 5,1
מַלְכוּ
malkû
Cliquer pour révélerroyaume, royauté
~57 occ. Terme central de Dn 2 et 7. La מַלְכוּ éternelle de Dn 2,44 et 7,14 fonde le concept néotestamentaire de βασιλεία τοῦ θεοῦ.
Dn 2,44 ; 4,3 ; 7,14.27
מֶלֶךְ
mélek
Cliquer pour révélerroi
Cognat de l'hébreu. Très fréquent dans Dn. מַלְכָּא (état emphatique) = le roi. Désigne Nabuchodonosor, Darius, Cyrus, etc.
Dn 2,4 ; 3,1 ; 5,1 ; 6,7
בַּר
bar
Cliquer pour révélerfils
Cognat de l'hébreu בֵּן. Présent dans nombreux noms du NT : Barjésus (Ac 13,6), Barabbas, Bartimée. בַּר אֱנָשׁ = fils d'homme (Dn 7,13).
Dn 7,13 ; Pr 31,2 ; Mc 10,46
אֱנָשׁ
ʾĕnāš
Cliquer pour révélerhomme, humain
Cognat de l'hébreu אֱנוֹשׁ. בַּר אֱנָשׁ en Dn 7,13 est la source du titre néotestamentaire ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου (Fils de l'homme).
Dn 7,13 ; 4,13 ; 7,4
חֲלָם
ḥălām
Cliquer pour révélersonge, rêve
Cognat hébreu חֲלוֹם. Très fréquent dans Dn 2-4 (songes de Nabuchodonosor et de Daniel). Mode privilégié de la révélation apocalyptique.
Dn 2,1.3.4 ; 4,2.4
רָז
rāz
Cliquer pour révélermystère, secret
9 occ., concentré dans Dn 2 et 4. Emprunt persan. Dieu seul גָּלֵא רָזִין (révèle les mystères, Dn 2,28). LXX : μυστήριον. Important chez Paul (1 Co 2,7).
Dn 2,18-19.27-30.47
עָלַם
ʿālam
Cliquer pour révéleréternité, monde, époque
Cognat de l'hébreu עוֹלָם. לְעָלְמַיָּא = aux siècles des siècles (Dn 2,4 ; 7,18). Même racine que l'arabe ʿālam (monde).
Dn 2,4 ; 4,3 ; 7,18.27
שְׁמַיָּא
šᵉmayyāʾ
Cliquer pour révélerles cieux (état emphatique)
Cognat de l'hébreu שָׁמַיִם. אֱלָהּ שְׁמַיָּא = Dieu des cieux (Esd 5,12 ; Dn 2,18.19). Formule typique de la période perse.
Esd 5,11-12 ; Dn 2,18-19.37
אַרְעָא
ʾarʿāʾ
Cliquer pour révéler Cliquer pour révélerla terre (état emphatique)
Forme araméenne d'אֶרֶץ (avec ʿayin au lieu de tsade). Dn 2,35 : la pierre devient une montagne qui remplit « toute la terre ».
Dn 2,35.39 ; 4,1.34 ; Jr 10,11
בַּיִת
bayit
Cliquer pour révélermaison, temple
Cognat de l'hébreu. בֵּית אֱלָהָא = maison de Dieu, temple (Esd 4,24 ; 5,2). Concerne particulièrement la reconstruction du Second Temple sous Cyrus et Darius.
Esd 4,24 ; 5,2-3 ; 6,3-12
מְנֵא מְנֵא תְקֵל וּפַרְסִין
mᵉnēʾ mᵉnēʾ tᵉqēl ûfarsîn
Cliquer pour révélercompté, compté, pesé, divisé
Inscription mystérieuse sur le mur lors du festin de Belshatsar (Dn 5,25-28). Daniel interprète : « Compté : Dieu a compté ton règne et l'a clos. Pesé : tu as été pesé et trouvé léger. Divisé : ton royaume est partagé. »
Dn 5,25-28
אַבָּא
ʾabbāʾ
Cliquer pour révélerPère (vocatif intime)
Forme emphatique avec valeur de vocatif. Prière de Jésus à Gethsémani (Mc 14,36 : Ἀββᾶ ὁ πατήρ). Repris par Paul (Rm 8,15 ; Ga 4,6) comme marqueur de la filiation chrétienne.
Mc 14,36 ; Rm 8,15 ; Ga 4,6
טַלְיְתָא קוּם
ṭalyᵉthāʾ qûm
Cliquer pour révélerJeune fille, lève-toi !
Mc 5,41 : ταλιθα κουμ. Parole de Jésus ressuscitant la fille de Jaïre. טַלְיְתָא = jeune fille (emphatique) ; קוּם = impératif masc. (originellement קוּמִי au féminin).
Mc 5,41
אֶפְּתַח
ʾeftaḥ
Cliquer pour révélerOuvre-toi !
Mc 7,34 : Ἐφφαθα. Parole de Jésus guérissant le sourd-muet. Conservée en araméen par Marc avec sa traduction grecque, signalant l'authenticité de la parole.
Mc 7,34
רַבּוּנִי
rabbûnî
Cliquer pour révélerMon maître
Forme plus solennelle que רַבִּי (rabbi). Appel de Marie de Magdala au matin de Pâques (Jn 20,16 : Ραββουνι, ὃ λέγεται Διδάσκαλε). Aussi par Bartimée (Mc 10,51).
Jn 20,16 ; Mc 10,51
אֱלָהִי אֱלָהִי לְמָה שְׁבַקְתָּנִי
ʾĕlāhî ʾĕlāhî lᵉmâ šᵉvaqtanî
Cliquer pour révélerMon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Mc 15,34 ; Mt 27,46 : Ελωι ελωι λεμα σαβαχθανι. Cri de Jésus en croix, citation araméenne du Ps 22,2. Marque l'humanité pleine du Christ dans son agonie.
Mc 15,34 ; Mt 27,46 ; Ps 22,2
מָרַנָא תָא
māranāʾ thāʾ
Cliquer pour révélerNotre Seigneur, viens !
1 Co 16,22 : μαρανα θα. Aussi en Ap 22,20 et Didachè 10,6. Acclamation eucharistique primitive en araméen, témoin de la prière des premières communautés palestiniennes.
1 Co 16,22 ; Ap 22,20 ; Didachè 10,6
בַּר אֱנָשׁ
bar ʾĕnāš
Cliquer pour révélerFils de l'homme (titre messianique)
Dn 7,13 : « comme un בַּר אֱנָשׁ venant avec les nuées du ciel ». Titre que Jésus s'attribue le plus souvent (~80 occ. dans les évangiles). Combine humanité et autorité divine.
Dn 7,13 ; Mc 8,31 ; Mt 26,64
קוּרְבָּן
qorbān
Cliquer pour révéleroffrande consacrée à Dieu
Mc 7,11 : Κορβᾶν, ὅ ἐστιν Δῶρον. Jésus critique l'usage hypocrite de ce vœu pour échapper aux devoirs envers ses parents. Cognat de l'hébreu קָרְבָּן.
Mc 7,11 ; Lv 1,2 LXX
גַּלְגַּלְתָּא
gulgaltāʾ
Cliquer pour révélerGolgotha — « le crâne »
Mc 15,22 : Γολγοθᾶν, ὅ ἐστιν μεθερμηνευόμενον Κρανίου Τόπος. État emphatique araméen. La Vulgate traduit par Calvaria (d'où « Calvaire »).
Mc 15,22 ; Mt 27,33 ; Jn 19,17
חֲקֵל דְּמָא
ḥăqēl dᵉmāʾ
Cliquer pour révélerHakeldama — « le champ du sang »
Ac 1,19 : Ἁκελδαμάχ, τοῦτ' ἔστιν Χωρίον Αἵματος. Champ acheté avec le prix de la trahison de Judas. חֲקֵל = champ ; דְּמָא = le sang (emphatique).
Ac 1,18-19 ; Mt 27,7-8
־ָא
terminaison de l'état emphatique
Cliquer pour révélerforme déterminée (article postposé)
L'araméen n'a pas d'article préfixé comme l'hébreu, mais une terminaison ־ָא ajoutée au nom. Ex. מֶלֶךְ (un roi) → מַלְכָּא (le roi). Trait distinctif majeur de l'araméen.
Dn 2,4 ; Esd 5,3
3 états du nom
absolu / construit / emphatique
Cliquer pour révéler3 formes nominales en araméen
État absolu (indéfini : מֶלֶךְ un roi), état construit (subordination : מֶלֶךְ roi de...), état emphatique (défini : מַלְכָּא le roi). L'hébreu n'a que 2 états (absolu/construit).
Tableau Dn 2,21 ; Esd 5,11
דִּי
dî
Cliquer pour révélerqui, que ; de (génitif)
~358 occ. Particule essentielle de l'araméen. Pronom relatif (« qui, que ») et marqueur de subordination génitive (מַלְכָּא דִי בָבֶל = le roi de Babylone). Source du préfixe hébreu mishnique ־שֶׁ.
Dn 2,9 ; Esd 5,11
7 binyanim araméens
Peal, Pael, Aphel...
Cliquer pour révélersystème verbal apparenté à l'hébreu
Peal (≈ Qal), Pael (≈ Piel intensif), Aphel/Haphel (≈ Hifil causatif), Ithpeal, Ithpaal, Ittaphal (passifs/réfléchis), Shaphel. Vocabulaire différent mais logique parallèle à l'hébreu.
Dn 2-7 (toutes les formes)
־ַיָּא
terminaison du pluriel emphatique
Cliquer pour révélerpluriel déterminé masc.
מַלְכַיָּא = les rois ; שְׁמַיָּא = les cieux. Le féminin emphatique est en ־ָתָא. Le pluriel absolu masc. : ־ִין (ex. מַלְכִין).
Dn 7,17 ; Esd 5,11
־ִין
terminaison pluriel absolu
Cliquer pour révélerpluriel indéfini masc.
Caractéristique araméenne (vs hébreu ־ִים). Permet de distinguer immédiatement texte hébreu et araméen. Ex. araméen רַבְרְבִין vs hébreu גְּדוֹלִים.
Dn 7,3.17 ; Mt 5,12
ת ↔ שׁ
correspondance araméen/hébreu
Cliquer pour révélertav araméen = shin hébreu
Loi phonétique régulière. Ex. araméen תּוֹר = hébreu שׁוֹר (taureau) ; תְּלָת = שָׁלוֹשׁ (trois). Distinguer ainsi les emprunts araméens en hébreu biblique.
Comparaison Dn 7,17 et Gn 32,16
ע ↔ צ
correspondance araméen/hébreu
Cliquer pour révélerayin araméen = tsade hébreu
Loi phonétique régulière. Ex. araméen אַרְעָא = hébreu אֶרֶץ (terre) ; קְעַף = קֵץ (fin).
Jr 10,11 ; Dn 2,35
עַתִּיק יוֹמַיָּא
ʿattîq yômayyāʾ
Cliquer pour révélerl'Ancien des Jours
Dn 7,9.13.22. Désigne Dieu siégeant sur son trône lors de la vision apocalyptique. Vêtu de blanc, cheveux comme la laine pure. Image reprise en Ap 1,14.
Dn 7,9.13.22 ; Ap 1,14
קַדִּישִׁין
qaddîšîn
Cliquer pour révélerles saints (du Très-Haut)
Dn 7,18.21-22.25.27 : « les saints du Très-Haut recevront le royaume ». Identité débattue : peuple d'Israël fidèle ? anges ? communauté eschatologique ? Centre du chap. 7.
Dn 7,18.21-22.25.27
עֶלְיוֹנִין
ʿelyônîn
Cliquer pour révélerle Très-Haut
Désignation divine fréquente dans Dn 4 et 7. Forme grammaticale ambiguë (apparent pluriel d'intensité). Cognat hébreu עֶלְיוֹן (Gn 14,18-22 Melchisédech). LXX : ὕψιστος.
Dn 4,17.24.32 ; 7,18-27
דִּין
dîn
Cliquer pour révélerjugement, justice rendue
Dn 7,10.22.26. Le tribunal divin siège (דִּינָא יְתִב). Concept fondamental de l'eschatologie apocalyptique. Influence le NT (κρίσις, jugement dernier).
Dn 7,10.22.26
סָפְרָא
sāfᵉrāʾ
Cliquer pour révélerle scribe, le livre
Esd 7,12.21. Esdras est appelé « scribe de la Loi du Dieu des cieux ». Origine du sofer rabbinique, figure-clé du judaïsme post-exilique transmetteur de la Tôrâ écrite.
Esd 7,12.21 ; Né 8,1
22 lettres
alphabet araméen
Cliquer pour révélermême graphie que l'hébreu carré
L'écriture « carrée » utilisée pour l'hébreu biblique est en réalité d'origine araméenne (alphabet araméen impérial, Ve s. av. J.-C.). Adoptée pour l'hébreu pendant l'Exil, remplaçant l'écriture paléo-hébraïque.
Papyrus d'Éléphantine ; Mt 5,18
5 dialectes
périodisation
Cliquer pour révéler5 strates d'araméen biblique
1) Araméen ancien (Xe–VIIIe s.). 2) Araméen officiel/impérial (Esd, Dn). 3) Araméen moyen (Qumran, targums anciens). 4) Araméen palestinien tardif (parlé par Jésus). 5) Syriaque (Peshitta).
Inscriptions de Sefiré ; Papyrus d'Éléphantine
Portions araméennes
269 versets
Cliquer pour révéler269 versets de l'AT en araméen
Dn 2,4b – 7,28 (200 v.) ; Esd 4,8 – 6,18 et 7,12-26 (67 v.) ; Jr 10,11 (1 v.) ; Gn 31,47 (2 mots : יְגַר שָׂהֲדוּתָא). Soit ~1% du TM.
Dn 2-7 ; Esd 4-6 ; Jr 10,11
Bilinguisme
Dn 2,4
Cliquer pour révélerDaniel commence en hébreu et bascule en araméen
Dn 1–2,4a en hébreu ; 2,4b–7,28 en araméen ; 8–12 retour à l'hébreu. La bascule est annoncée : « les Chaldéens parlèrent au roi אֲרָמִית (en araméen) ». Le narrateur écrit en araméen ensuite.
Dn 2,4 ; 8,1
Targums
traductions araméennes
Cliquer pour révélerparaphrases araméennes de l'AT hébreu
Lus en synagogue après le retour d'Exil, quand l'hébreu n'était plus compris. Principaux : Onkelos (Pentateuque), Jonathan ben Uziel (Prophètes), Néofiti, Pseudo-Jonathan (Pentateuque). Témoins exégétiques précieux.
Né 8,8 ; tradition rabbinique
📖 Quiz 1 — Vocabulaire araméen biblique
8 questions sur le vocabulaire et les textes araméens de l'AT.
Question 1 / 8
Combien de versets de l'Ancien Testament sont écrits en araméen ?
Question 2 / 8
Que signifie le mot araméen רָז ?
Question 3 / 8
L'expression בַּר אֱנָשׁ en Dn 7,13 désigne :
Question 4 / 8
Que signifient les mots de l'inscription murale de Dn 5,25 : מְנֵא תְקֵל פַרְסִין ?
Question 5 / 8
Quelle particularité grammaticale distingue l'araméen de l'hébreu ?
Question 6 / 8
Que désigne l'expression עַתִּיק יוֹמַיָּא en Dn 7,9 ?
Question 7 / 8
L'écriture « carrée » utilisée pour l'hébreu biblique est :
Question 8 / 8
Les targums sont :
🏆
8 / 8
100%
📜 Quiz 2 — Paroles araméennes du Nouveau Testament
7 questions sur les paroles araméennes conservées dans les évangiles et les épîtres.
Question 1 / 7
Que signifie l'invocation araméenne אַבָּא ?
Question 2 / 7
L'expression טַלְיְתָא קוּם en Mc 5,41 signifie :
Question 3 / 7
Le cri de Jésus en croix אֱלָהִי אֱלָהִי לְמָה שְׁבַקְתָּנִי est une citation de :
Question 4 / 7
Que signifie l'acclamation מָרַנָא תָא (1 Co 16,22) ?
Question 5 / 7
Le toponyme גַּלְגַּלְתָּא (Mc 15,22) signifie :
Question 6 / 7
Le mot רַבּוּנִי en Jn 20,16 est :
Question 7 / 7
La présence d'expressions araméennes dans les évangiles témoigne principalement :
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