Histoire — Module 8
Confessions de foi protestantes
Les textes confessionnels qui structurent les traditions protestantes — du Livre de Concorde luthérien à la Déclaration de Barmen.
Introduction : qu'est-ce qu'une confession de foi ?
Une confession de foi (confessio fidei, du verbe confiteri, « reconnaître publiquement, dire la même chose ») est un texte normatif par lequel une communauté chrétienne exprime publiquement sa compréhension de la foi reçue de l'Écriture. Le terme apparaît à l'époque patristique mais désigne, depuis la Réforme, plus spécifiquement les corpus doctrinaux des Églises issues du XVIᵉ siècle.
Une confession de foi se distingue d'autres genres voisins :
- Du symbole (Credo apostolique, Credo de Nicée-Constantinople, Symbole d'Athanase) — texte plus court, souvent baptismal, plus ancien et œcuménique.
- Du catéchisme — exposition didactique de la foi destinée à l'enseignement, sous forme de questions-réponses ou de chapitres successifs.
- De la bulle ou décret conciliaire — acte juridique du Magistère catholique romain.
- De la déclaration théologique — texte contemporain non confessionnel au sens institutionnel mais à portée doctrinale (Barmen 1934, déclarations œcuméniques).
Les confessions protestantes du XVIᵉ siècle ont plusieurs fonctions concurrentes : confesser la foi évangélique contre Rome et contre les sectes ; structurer juridiquement les Églises naissantes ; servir de norme d'enseignement ; assurer la cohésion territoriale par alliance entre prince et Église (système des Églises d'État jusqu'au XIXᵉ siècle dans la plupart des pays germaniques et scandinaves).
Norme normée, norme normante
La théologie protestante distingue rigoureusement deux niveaux d'autorité :
- Norma normans non normata — la norme qui norme, sans être elle-même normée. C'est l'Écriture seule (Sola Scriptura).
- Norma normata — la norme dérivée, qui norme les pratiques et l'enseignement, mais qui est elle-même normée par l'Écriture. Ce sont les confessions de foi.
Cette distinction préserve la suprématie absolue de l'Écriture tout en reconnaissant l'utilité des confessions pour clarifier le sens scripturaire dans des contextes historiques précis. Une confession peut être révisée ou abandonnée si l'on démontre qu'elle s'écarte de l'Écriture ; l'Écriture ne peut pas être révisée par les confessions.
Les confessions luthériennes — le Liber Concordiae
Le luthéranisme a constitué progressivement un corpus de confessions rassemblé définitivement dans le Livre de Concorde (Liber Concordiae) publié à Dresde en 1580, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la Confession d'Augsbourg. Ce recueil comprend dix textes normatifs.
Textes œcuméniques reçus
Les trois symboles anciens reçus comme normatifs :
- Symbole des Apôtres — symbole baptismal occidental, forme reçue au VIIIᵉ siècle.
- Symbole de Nicée-Constantinople — formulé à Nicée I (325) et complété à Constantinople I (381), reçu avec le Filioque selon l'usage occidental.
- Symbole d'Athanase (Quicunque vult) — composition latine du Vᵉ-VIᵉ siècle, exposition rigoureuse de la doctrine trinitaire et christologique.
Confession d'Augsbourg (CA, 1530)
Texte fondateur du luthéranisme, présenté à la Diète d'Augsbourg le 25 juin 1530 devant l'empereur Charles Quint. Rédigée principalement par Philippe Mélanchthon, sur la base des articles de Schwabach (1529) et de Torgau (1530), elle se compose de 28 articles divisés en deux parties.
Première partie (articles I-XXI) : exposé positif de la foi évangélique sur Dieu, le péché originel, le Christ, la justification, l'Église, les sacrements, etc. Article IV célèbre sur la justification : « Nos hommes ne peuvent pas être justifiés devant Dieu par leurs propres forces, mérites ou œuvres, mais ils sont justifiés gratuitement à cause du Christ, par la foi, lorsqu'ils croient être reçus en grâce, et que leurs péchés sont remis à cause du Christ qui, par sa mort, a satisfait pour nos péchés. »
Seconde partie (articles XXII-XXVIII) : « abus corrigés » — communion sous les deux espèces, mariage des prêtres, messe privée, distinction des aliments, vœux monastiques, pouvoir temporel des évêques. Présentation modérée, conçue pour préserver l'unité de l'Empire.
Apologie de la Confession d'Augsbourg (1531)
Rédigée par Mélanchthon en réponse à la Confutatio catholique (réfutation officielle de la CA présentée par les théologiens catholiques à la même Diète). Texte beaucoup plus long et théologiquement développé que la CA elle-même. L'article IV sur la justification y devient une véritable somme protestante, et l'article XXIV sur la messe une critique systématique du sacrifice eucharistique.
Articles de Smalkalde (1537)
Rédigés par Luther en 1536-1537 en vue d'un concile général qui devait répondre à la convocation de Paul III (concile qui ne se tiendra qu'à Trente en 1545). Ton plus polémique que la CA, particulièrement contre la papauté (qualifiée d'« Antichrist » en termes apocalyptiques explicites). Trois parties : articles non négociables avec Rome, articles susceptibles d'accord, articles concernant la pratique ecclésiale.
Le Traité du pouvoir et de la primauté du pape de Mélanchthon (1537) est généralement annexé aux Articles de Smalkalde et fait partie du Livre de Concorde.
Petit et Grand Catéchismes de Luther (1529)
Publiés à un mois d'intervalle en 1529 après la visite des paroisses saxonnes qui révèle une ignorance profonde de la doctrine chrétienne. Le Petit Catéchisme, court et accessible, est destiné à la maison et à l'enseignement paroissial élémentaire ; il deviendra le texte de base de la piété luthérienne. Le Grand Catéchisme est destiné aux pasteurs et enseignants. Tous deux suivent la structure quintuple classique : Décalogue, Credo, Notre Père, baptême, Cène.
Formule de Concorde (1577)
Après la mort de Luther (1546), le luthéranisme s'est divisé en deux camps qui se sont affrontés sur six controverses majeures pendant trente ans : gnesio-luthériens (luthériens stricts) menés par Matthias Flacius Illyricus et Nikolaus von Amsdorf, contre philippistes (mélanchthoniens modérés). La Formule de Concorde, rédigée par six théologiens (Jacob Andreae, Martin Chemnitz, Nikolaus Selnecker, etc.), tente la conciliation. Elle comprend une Épitomé (résumé) et une Déclaration solide (exposition détaillée), portant sur :
- Le péché originel (controverse Flacius : le péché n'est pas la substance de l'homme).
- Le libre arbitre (synergisme rejeté, doctrine du serf-arbitre confirmée).
- La justification (imputation extrinsèque maintenue contre Osiander).
- Les bonnes œuvres (rejet de la formule de Major « les bonnes œuvres sont nécessaires au salut »).
- La loi et l'évangile (le tertius usus legis luthérien validé).
- Le tiers usage de la loi (sa fonction normative pour le régénéré).
- La Cène (rejet de l'interprétation calviniste, doctrine de la communication des idiomes).
- La personne du Christ (christologie ubiquiste, deux natures sans confusion ni séparation).
- La descente aux enfers (interprétation triomphale, non punitive).
- Les cérémonies (les adiaphora ne peuvent être imposées dans les temps de confession).
- L'élection éternelle (Dieu élit, ne réprouve pas activement — position dite « simple décret »).
Publié en 1580 dans le Livre de Concorde, signé par 86 États impériaux et environ 8 000 théologiens, le texte devient la norme du luthéranisme orthodoxe pour des siècles. Il n'est cependant pas reçu universellement : certains territoires luthériens (Schleswig-Holstein, Suède) ne l'adopteront jamais.
Les confessions réformées
À la différence du luthéranisme, le monde réformé n'a jamais constitué un seul corpus normatif universel. Chaque Église nationale ou territoriale a élaboré sa propre confession, dans un dialogue critique permanent. Cette pluralité reflète la conviction réformée que les confessions sont des normae normatae susceptibles d'évolution.
Première Confession helvétique (1536) / Confessio Helvetica Prior
Rédigée à Bâle en 1536 par Heinrich Bullinger, Oswald Myconius, Simon Grynaeus et d'autres théologiens des cantons réformés suisses (Zurich, Berne, Bâle, Schaffhouse). Première grande confession qui rassemble les Églises réformées suisses sous une formule commune. 27 articles. Influence forte sur les confessions ultérieures.
Catéchisme de Genève (1542 / 1545)
Rédigé par Jean Calvin lors de son retour à Genève en 1541. Première édition française en 1542, version latine en 1545. Structure : foi (Credo), loi (Décalogue), prière (Notre Père), sacrements. Outil pédagogique majeur pour la formation des jeunes Genevois.
Confession de La Rochelle (1559) / Confessio Gallicana
Adoptée au premier synode national de l'Église réformée de France, tenu clandestinement à Paris du 25 au 29 mai 1559, présidé par Antoine de Chandieu. Texte initialement préparé par Calvin (35 articles) et étendu par les délégués à 40 articles. Confession des Églises réformées de France pendant les guerres de Religion. Approuvée à La Rochelle en 1571 lors du septième synode national, d'où son nom usuel.
Confession belge (1561) / Confessio Belgica
Rédigée par Guy de Brès, pasteur réformé wallon, en 1559 et publiée à Rouen en 1561. Guy de Brès, condamné et exécuté à Valenciennes le 31 mai 1567, devient martyr de la Réforme. 37 articles, structure similaire à la Confessio Gallicana dont elle s'inspire. Adoptée comme norme officielle des Églises réformées des Pays-Bas au synode d'Anvers (1566), puis confirmée à Dordrecht (1618-1619).
Catéchisme de Heidelberg (1563)
Rédigé par Zacharias Ursinus (1534-1583) et Caspar Olevianus (1536-1587) à la demande de l'Électeur Frédéric III du Palatinat. 129 questions-réponses divisées en trois parties selon le schéma paulinien des Romains : la misère de l'homme (Q. 3-11), la délivrance par le Christ (Q. 12-85), la gratitude (Q. 86-129). Question 1, la plus célèbre :
« Quel est ton seul réconfort, dans la vie comme dans la mort ?
— C'est que, dans la vie comme dans la mort, j'appartiens, corps et âme, non pas à moi-même mais à mon fidèle Sauveur Jésus-Christ. »
Texte unique par son ton chaleureux, son orientation pastorale, son équilibre entre rigueur dogmatique et expérience croyante. Devient l'un des textes les plus diffusés du protestantisme réformé continental.
Seconde Confession helvétique (1566) / Confessio Helvetica Posterior
Rédigée par Heinrich Bullinger, successeur de Zwingli à Zurich, comme testament théologique en 1561, devenue confession publique en 1566 à la demande de Frédéric III du Palatinat. Long texte de 30 chapitres, théologiquement très développé. Acceptée par tous les cantons réformés suisses (sauf Bâle qui maintient sa Prior), par les Églises de Hongrie, de Pologne, d'Écosse partiellement. Considérée comme la confession réformée la plus complète et la plus internationale.
Canons de Dordrecht (1618-1619)
Synode national hollandais tenu à Dordrecht du 13 novembre 1618 au 9 mai 1619. Participation internationale : délégations de Grande-Bretagne, du Palatinat, de Hesse, de Suisse, de France (empêchée par interdiction royale), de Bremen. Objectif : régler le différend entre contre-remonstrants (calvinistes stricts) et remonstrants (arminiens, partisans de Jacobus Arminius mort en 1609).
Le synode condamne les cinq articles de la Remonstrance (1610) et fixe la doctrine réformée stricte en cinq chapitres correspondant à l'acronyme TULIP (formulé tardivement, au XIXᵉ siècle) :
| Chapitre | Doctrine | Position remonstrante condamnée |
|---|---|---|
| I | Élection inconditionnelle | Élection conditionnée à la foi prévue |
| II | Rachat particulier (ou expiation limitée) | Mort universelle du Christ, application conditionnelle |
| III-IV | Dépravation totale + grâce irrésistible | Grâce préventrice résistible, coopération libre |
| V | Persévérance des saints | Possibilité de chute définitive du croyant |
Conséquences : exclusion des pasteurs remonstrants (environ 200), exil de leurs chefs (Episcopius, Uytenbogaert). Le mouvement remonstrant survivra cependant et formera une Église distincte aux Pays-Bas (Remonstrantse Broederschap, encore existante).
Confession et Catéchismes de Westminster (1647)
Confession majeure du presbytérianisme anglo-saxon, rédigée par l'Assemblée de Westminster (Londres, 1643-1652) convoquée par le Parlement anglais pendant la Guerre civile. 121 délégués (« divines ») dont 30 laïcs et 8 commissaires écossais. La confession est adoptée par le Parlement en 1646, ratifiée par l'Assemblée générale de l'Église d'Écosse en 1647.
Textes constitutifs du corpus westminstérien :
- Confession de Westminster — 33 chapitres, exposition systématique exhaustive : Écriture, Dieu et Trinité, décrets, création, providence, chute, alliance, Christ médiateur, libre arbitre, vocation efficace, justification, adoption, sanctification, foi salvatrice, repentance, bonnes œuvres, persévérance, assurance, loi, liberté chrétienne, culte et sabbat, serments, magistrat civil, mariage, Église, communion des saints, sacrements, baptême, Cène, censures, synodes, état après la mort, jugement dernier.
- Grand Catéchisme (Larger Catechism) — 196 questions-réponses, destiné aux pasteurs et enseignants.
- Petit Catéchisme (Shorter Catechism) — 107 questions-réponses, destiné à l'instruction populaire et catéchétique. Question 1 célèbre : « Quelle est la fin principale de l'homme ? — La fin principale de l'homme est de glorifier Dieu et de jouir de lui pour toujours. »
La Confession de Westminster reste le texte normatif officiel ou influent de la plupart des Églises presbytériennes mondiales : Église d'Écosse, Presbyterian Church (USA), Presbyterian Church in America, Free Church of Scotland, Église presbytérienne du Canada, etc. Sa réception varie : certaines branches l'acceptent intégralement, d'autres avec amendements (notamment sur les pouvoirs du magistrat civil, fortement modifié après la sécularisation des États).
Tableau récapitulatif des confessions réformées majeures
| Confession | Date | Auteur(s) principal(aux) | Territoire principal |
|---|---|---|---|
| Helvetica Prior | 1536 | Bullinger, Myconius | Cantons suisses |
| Catéchisme de Genève | 1542 / 1545 | Calvin | Genève |
| Confessio Gallicana | 1559 / 1571 | Calvin (et Synode de Paris) | Églises réformées de France |
| Confessio Belgica | 1561 / 1566 | Guy de Brès | Pays-Bas, Belgique |
| Heidelberg | 1563 | Ursinus, Olevianus | Palatinat, monde réformé international |
| Helvetica Posterior | 1566 | Bullinger | Suisse, Hongrie, Pologne, Écosse |
| Canons de Dordrecht | 1619 | Synode national | Pays-Bas et monde réformé international |
| Westminster | 1647 | Assemblée de Westminster | Monde presbytérien anglo-saxon |
Les confessions anglicanes
Les Trente-Neuf Articles (1571)
Confession de l'Église d'Angleterre, ratifiée par la Convocation des évêques en 1571 sous Élisabeth Iʳᵉ. Texte issu d'évolutions successives : 42 articles d'Édouard VI (1553), abrogés sous Marie Tudor (1554-1558), restaurés et révisés à 39 articles en 1563, puis légèrement modifiés en 1571. Influences théologiques mixtes : Thomas Cranmer (luthérianisant en partie), Matthew Parker (réformé modéré), corrections élisabéthaines.
Position théologique intermédiaire (via media) :
- Article VI sur l'Écriture suffisante au salut — proche du protestantisme classique.
- Article XI sur la justification par la foi seule — clairement protestant.
- Article XVII sur la prédestination — calviniste modéré.
- Article XIX sur l'Église visible — proche d'Augsbourg.
- Article XXVIII sur la Cène — rejet de la transsubstantiation, mais affirmation d'une présence réelle « spirituelle » (entre Luther et Zwingli).
- Article XXII sur le purgatoire — rejet net.
- Articles XXV-XXVI sur les sacrements — deux sacrements seulement (baptême et Cène) au sens strict.
Réception variable : la haute Église (anglo-catholiques) souligne la continuité avec la tradition pré-réformée ; la basse Église (évangéliques anglicans) souligne la rupture protestante. L'Église épiscopalienne américaine, l'Église anglicane du Canada, la Communion anglicane mondiale les reçoivent avec des nuances de réception.
Book of Common Prayer (1549, 1552, 1559, 1662)
Sans avoir le statut formel d'une confession, le Livre de la prière commune a une autorité doctrinale considérable dans l'anglicanisme : lex orandi, lex credendi (« la règle de la prière est règle de la foi »). Première version par Cranmer en 1549, version plus réformée en 1552, restauration mariste, retour élisabéthain en 1559, version définitive en 1662 après la Restauration. Les liturgies du baptême, de la Cène, du mariage, de l'ordination y formulent une théologie pratique cohérente.
Catéchisme anglican
Inclus dans le Book of Common Prayer, court catéchisme baptismal et confirmation. Structure : Credo, Décalogue, Notre Père, sacrements. Étendu en 1604 par les Lambeth Articles attribués à John Overall.
Les confessions anabaptistes et radicales
Confession de Schleitheim (1527)
Première confession anabaptiste, rédigée par Michael Sattler (exécuté la même année) lors de la conférence des Frères suisses à Schleitheim (canton de Schaffhouse) en février 1527. Sept articles brefs (« Articles de Schleitheim ») formulant l'identité distinctive du mouvement :
- Baptême des seuls croyants adultes (rejet du paedobaptisme).
- Exclusion ecclésiale (le Bann, ban) avant la Cène.
- Cène uniquement pour les baptisés visiblement convertis.
- Séparation du monde (refus de toute participation aux structures sociales mauvaises).
- Bergers (ministres) appelés par la communauté locale.
- Refus du glaive — non-violence absolue, refus de la guerre, refus du magistrat chrétien.
- Refus du serment — application stricte de Mt 5,34.
Confession de Dordrecht mennonite (1632)
Confession des mennonites flamands rédigée à Dordrecht en 1632. 18 articles, plus systématique que Schleitheim. Reçue par les communautés mennonites en Hollande, en Allemagne et plus tard en Amérique du Nord (Église mennonite, Old Order Amish, Hutterites partiellement).
Confession baptiste de Londres (1644 / 1689)
Première confession baptiste particulière (calviniste) en 1644, révisée en 1689 sur la base de la Confession de Westminster. Position baptiste : baptême des seuls croyants par immersion (rejet des positions paedobaptiste et anabaptiste flexibles). Influence calviniste majeure sur les chapitres dogmatiques. Reçue par les Particular Baptists anglais et leur diaspora américaine (Charleston Confession 1742, etc.).
Les confessions méthodistes
Articles de religion des méthodistes (1784)
John Wesley rédige en 1784 une version abrégée et adaptée des 39 Articles anglicans (réduits à 24) pour la jeune Église méthodiste américaine en cours d'organisation autonome. Suppressions notables : pas de prédestination calviniste (Wesley est arminien), pas de référence au monarque britannique, pas d'articles sur la civilisation civile.
Sermons standards et Notes sur le NT de Wesley
Outre les 24 Articles, les Églises méthodistes reçoivent traditionnellement comme normes secondaires :
- Les 44 (puis 53) Sermons standards de John Wesley (1788).
- Les Notes explicatives sur le Nouveau Testament (1755).
Ces textes sont moins systématiquement dogmatiques que les confessions classiques, plus orientés vers la sainteté chrétienne et la croissance dans la grâce. Le quadrilatère wesleyen (Écriture, Tradition, Raison, Expérience) constitue l'herméneutique méthodiste caractéristique.
La Déclaration théologique de Barmen (1934)
La Déclaration de Barmen n'est pas une confession au sens classique mais une déclaration théologique d'urgence rédigée en réaction au nazisme et au mouvement des « Chrétiens allemands » (Deutsche Christen) qui voulaient soumettre l'Église à l'idéologie hitlérienne.
Composition rédactionnelle
Texte adopté au Synode confessant de Barmen (29-31 mai 1934) par 138 délégués des Églises luthériennes, réformées et unies d'Allemagne. Rédacteur principal : Karl Barth, professeur à Bonn (alors), assisté par Hans Asmussen (luthérien), Thomas Breit, Hermann Sasse et d'autres. Ratification : 138 voix pour, environ 5 abstentions.
Les six thèses de Barmen
Chaque thèse suit une structure tripartite : citation biblique, affirmation positive, condamnation (« nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle... »).
- Thèse I — Christ comme unique Parole de Dieu :
« Jésus-Christ, tel qu'il nous est attesté par la Sainte Écriture, est l'unique Parole de Dieu, que nous avons à écouter, à laquelle nous avons à faire confiance et à laquelle nous avons à obéir dans la vie comme dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l'Église pourrait et devrait reconnaître, comme source de sa prédication, en dehors et à côté de cette unique Parole de Dieu, encore d'autres événements et puissances, figures et vérités, comme révélation divine. »
Cette thèse est universellement reconnue comme le cœur de la Déclaration. Elle exclut toute « théologie naturelle » qui ferait de l'événement historique (le Reich nazi) une révélation divine parallèle. - Thèse II — Le Christ comme libération totale : pas de domaines de la vie soustraits au Christ.
- Thèse III — L'Église ne peut pas adapter son message à des idéologies temporelles ou à des concepts mondains (rejet de l'aryanisation, du Führerprinzip ecclésial, des structures hiérarchiques imposées par l'État).
- Thèse IV — Les ministères dans l'Église sont service, non domination — opposition explicite au principe du chef nazi appliqué aux Églises.
- Thèse V — Distinction entre l'État (ordre temporel) et l'Église (annonce du Royaume) — rejet de toute fusion totalitaire.
- Thèse VI — Mission de l'Église comme annonce libre et fidèle de l'Évangile — rejet d'un usage politique ou idéologique de la prédication.
Réception et postérité
Barmen devient texte fondateur de l'Église confessante (Bekennende Kirche) qui se dresse contre le nazisme jusqu'en 1945. Membres marquants : Karl Barth (exilé en Suisse en 1935), Martin Niemöller (interné à Sachsenhausen et Dachau), Dietrich Bonhoeffer (martyr en avril 1945 à Flossenbürg). La déclaration est intégrée comme norme confessionnelle moderne dans :
- Lutherische Kirche in Bayern (Bavière, 1955).
- Evangelische Kirche der Union, puis EKD partiellement.
- Reformierter Bund (Alliance réformée allemande).
- Église protestante d'Alsace et de Lorraine (UEPAL).
- Reçue par d'autres traditions comme texte modèle de résistance théologique : Belhar Confession sud-africaine (1986), Accra Confession de l'Alliance réformée mondiale (2004) sur la justice économique et écologique.
Confessions contemporaines
Confession de Belhar (1986)
Rédigée en réaction à l'apartheid sud-africain par l'Église réformée néerlandaise missionnaire en Afrique du Sud (DRMC). Trois affirmations centrales : unité de l'Église visible, réconciliation, justice. Le texte refuse toute légitimation théologique de la séparation raciale dans l'Église. Reçue ultérieurement par d'autres Églises (Église unie du Canada, Église presbytérienne USA, etc.) comme texte normatif sur la justice ecclésiale.
Confession d'Accra (2004)
Adoptée par l'Assemblée générale de l'Alliance réformée mondiale (devenue Communion mondiale d'Églises réformées) tenue à Accra (Ghana). Texte de témoignage sur la justice économique mondialisée et la crise écologique. Forme : status confessionis (situation où la confession s'impose face à un défi structurel). Réception contrastée : embrassée par les Églises africaines, asiatiques et latino-américaines, plus prudemment reçue en Europe et en Amérique du Nord.
Déclaration commune sur la doctrine de la justification (1999)
Signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 entre la Fédération luthérienne mondiale et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens (Église catholique romaine). Texte de convergence majeur : les anathèmes mutuels du XVIᵉ siècle sur la justification ne s'appliquent pas aux positions actuelles. Reçue ultérieurement par la Communion mondiale d'Églises réformées (2017), la Communion anglicane et le Conseil mondial méthodiste.
Comparaisons interconfessionnelles
Confessions catholiques : Trente, Vatican I, Vatican II
Bien que l'Église catholique romaine ne se définisse pas par des « confessions » au sens protestant, elle dispose de textes magistériels normatifs équivalents :
- Concile de Trente (1545-1563) — 25 sessions, décrets et canons sur l'Écriture et la tradition (IVᵉ session), le péché originel, la justification (VIᵉ session, capitale), les sacrements en général puis chacun en particulier, la messe comme sacrifice, la communion sous les espèces, le pénitentiel, le purgatoire, les images, les indulgences. Référence des positions catholiques jusqu'à Vatican II.
- Concile Vatican I (1869-1870) — deux constitutions dogmatiques : Dei Filius (foi et raison, 1870) et Pastor Aeternus (primauté et infaillibilité pontificale, 1870).
- Concile Vatican II (1962-1965) — quatre constitutions majeures : Sacrosanctum Concilium (liturgie), Lumen Gentium (Église), Dei Verbum (révélation), Gaudium et Spes (Église dans le monde). Inflexion œcuménique majeure avec Unitatis Redintegratio (œcuménisme) et Nostra Aetate (religions non chrétiennes).
- Catéchisme de l'Église catholique (1992 / 1997) — synthèse magistérielle post-Vatican II promulguée par Jean-Paul II.
Confessions orthodoxes
L'orthodoxie privilégie la continuité des sept conciles œcuméniques (325-787) plutôt que des confessions modernes ponctuelles. Néanmoins, plusieurs textes ont fait office de confessions :
- Confession de Métrophane Critopoulos (1625) — réponse orthodoxe aux questions luthériennes.
- Confession de Pierre Mohyla (1638-1640) — métropolite de Kiev. Reçue par les Patriarches orientaux en 1642, parfois critiquée pour des emprunts au catholicisme tridentin.
- Confession de Dosithée de Jérusalem (1672) — synode de Jérusalem (Bethléem) répondant aux propositions calvinisantes attribuées au patriarche Cyrille Loukaris (mort en 1638). Considérée comme la confession orthodoxe normative moderne.
- Confessions modernes — Concile panorthodoxe de Crète (2016) : documents non confessionnels mais à valeur doctrinale et pastorale.
Tableau de synthèse : structures confessionnelles des trois familles
| Aspect | Protestantisme | Catholicisme | Orthodoxie |
|---|---|---|---|
| Source ultime | Écriture seule (sola Scriptura) | Écriture + Tradition + Magistère (trois sources liées) | Tradition vivante (Écriture incluse) + sept conciles |
| Confessions principales | Multiples : CA, Westminster, Helvétiques, etc. | Conciles œcuméniques + décrets pontificaux | Sept conciles œcuméniques + symboles confessionnels modernes (Dosithée) |
| Caractère | Normes normées révisables | Magistère définitif, ajout possible | Réception ecclésiale lente, peu d'ajouts récents |
| Autorité interprétative | Écriture interprète l'Écriture, Esprit dans la communauté | Magistère (pape et conciles) | Phronèma ekklēsias (esprit de l'Église) |
Le Livre de Concorde luthérien (Konkordienbuch, 1580)
Publié à Dresde le 25 juin 1580 (date du 50e anniversaire de la Confession d'Augsbourg), le Livre de Concorde rassemble les textes confessionnels luthériens fondamentaux. Il constitue la norme dogmatique des Églises luthériennes confessionnelles.
Composition (10 textes) :
- Les trois symboles œcuméniques anciens (Apôtres, Nicée-Constantinople, Athanase)
- Confession d'Augsbourg (1530) — Mélanchthon
- Apologie de la Confession d'Augsbourg (1531) — Mélanchthon
- Articles de Smalcalde (1537) — Luther
- Traité du pouvoir et de la primauté du pape (1537) — Mélanchthon
- Petit Catéchisme (1529) — Luther
- Grand Catéchisme (1529) — Luther
- Formule de Concorde (1577) — Andreae, Chemnitz, Selnecker, Chytraeus, Körner, Musculus
Édition critique de référence : Robert Kolb et Timothy J. Wengert, éds. The Book of Concord: The Confessions of the Evangelical Lutheran Church. Minneapolis : Fortress Press, 2000. Édition allemande : Die Bekenntnisschriften der Evangelisch-Lutherischen Kirche (Göttingen : Vandenhoeck & Ruprecht, 11e éd., 1992 — révisée par Irene Dingel, 2014).
La Confession d'Augsbourg (CA, 1530) — Article 4
Il nous est aussi enseigné que nous ne pouvons obtenir devant Dieu rémission des péchés et justice par notre mérite, par nos œuvres et notre satisfaction, mais que nous recevons rémission des péchés et devenons justes devant Dieu par grâce, à cause du Christ, par la foi, lorsque nous croyons que le Christ a souffert pour nous et que pour son amour nos péchés nous sont remis, justice et vie éternelle nous sont données. Confession d'Augsbourg, art. IV — De la justification (1530)
Les confessions réformées
Contrairement au luthérianisme qui possède un corpus confessionnel unifié et fixé en 1580, le réformé connaît une pluralité de confessions nationales reflétant la diffusion européenne de la tradition calvinienne.
Confession Helvétique Postérieure (1566)
Rédigée par Heinrich Bullinger à Zurich en 1561, publiée en 1566. Adoptée par tous les cantons réformés suisses (sauf Bâle) et par le Palatinat. Texte de référence du réformé continental. Trente chapitres couvrant l'ensemble de la dogmatique. Édition critique : Emidio Campi, dir., Heinrich Bullinger Schriften, 7 vol., Zurich : TVZ, 2004-2007.
Catéchisme de Heidelberg (1563)
Rédigé par Zacharias Ursinus et Caspar Olevianus à la demande de l'Électeur palatin Frédéric III. 129 questions-réponses divisées en trois parties : la misère humaine, la délivrance par Christ, la reconnaissance. La première question est célèbre : Quelle est, dans la vie comme dans la mort, ta seule consolation ?
Confession de La Rochelle (1559)
Adoptée par le premier synode national des Églises réformées de France (Paris, mai 1559, clandestin). Confirmée au Synode de La Rochelle (1571). Rédacteur principal : Calvin. Quarante articles. Document fondateur du protestantisme français.
Confession Belgique (1561)
Rédigée par Guy de Brès, pasteur réformé wallon (martyrisé en 1567). Inspirée de la Confession de La Rochelle. Article 29 célèbre sur les marques de la vraie Église : prédication pure, sacrements purs, discipline ecclésiastique. Adoptée comme document confessionnel des Pays-Bas réformés.
Canons de Dordrecht (1619)
Adoptés au Synode international de Dordrecht (13 nov. 1618 - 9 mai 1619) en réponse aux Remontrances arministrantes de 1610. Cinq chapitres correspondant aux cinq points (TULIP). Forme avec la Confession Belgique et le Catéchisme de Heidelberg les Drie Formulieren van Enigheid (Trois Formulaires d'Unité) des Églises réformées néerlandaises. Note historique : la France n'a pas pu y participer, Louis XIII ayant interdit la délégation huguenote.
Confession de Westminster (1647)
Rédigée par l'Assemblée de Westminster (1643-1653) sous mandat du Long Parlement anglais. Composition : 121 ministres anglais, 30 lay assessors (10 Lords + 20 Commons), 8 commissaires écossais non-votants mais influents. La Confession est complétée par le Larger Catechism et le Shorter Catechism. Charte fondamentale du presbytérianisme anglo-saxon mondial. Texte le plus précis et systématique du calvinisme confessionnel.
Éditions critiques de référence : Arthur C. Cochrane, éd., Reformed Confessions of the 16th Century. Louisville : Westminster John Knox Press, 2003 ; E. F. Karl Müller, éd., Die Bekenntnisschriften der reformierten Kirche. Leipzig : Deichert, 1903 (réimpression Zurich : TVZ, 1987) ; James T. Dennison Jr., éd., Reformed Confessions of the 16th and 17th Centuries in English Translation, 4 vol. Grand Rapids : Reformation Heritage Books, 2008-2014.
Les Trente-Neuf Articles (1571)
Adoptés par la Convocation de Cantorbéry en 1571 sous le règne d'Élisabeth Ire. Évolution de la rédaction :
- 1553 — 42 Articles, rédigés par Thomas Cranmer et Nicholas Ridley sous Édouard VI. Plus marqués par le réformé continental.
- 1563 — Réduits à 39 Articles par la Convocation, sous Élisabeth.
- 1571 — Version définitive, ratifiée par le Parlement.
Les Articles incarnent la via media anglicane : ils sont protestants quant à la justification (art. 11), au rejet du purgatoire (art. 22), à la communion sous les deux espèces (art. 30) ; ils restent traditionnels quant à l'épiscopat historique et au Book of Common Prayer. Ils ne sont jamais devenus un instrument confessionnel rigide à la manière du Livre de Concorde ou de Westminster — l'anglicanisme a toujours toléré une diversité doctrinale interne large (broad church, high church, evangelical wing).
Article 28 — Sur la Cène
Le corps de Christ est donné, pris et mangé dans la Cène, seulement de manière céleste et spirituelle. Et le moyen par lequel le corps de Christ est reçu dans la Cène est la foi. 39 Articles, art. 28 (1571)
Cette formulation, délibérément imprécise, permet aux anglicans high church d'y lire une présence réelle voisine de la position luthérienne, et aux low church évangéliques d'y lire une présence dynamique pneumatique voisine de Calvin.
La Déclaration théologique de Barmen (1934)
Adoptée au Synode confessant de Barmen, du 29 au 31 mai 1934, dans le contexte de l'opposition de l'Église confessante (Bekennende Kirche) au régime nazi et à ses tentatives de mise au pas de l'Église évangélique allemande par l'intermédiaire des Deutsche Christen.
Composition rédactionnelle
La Theologische Erklärung est principalement rédigée par Karl Barth, en collaboration avec Hans Asmussen (qui rédigera la lecture explicative présentée au synode) et Thomas Breit. Bien que Barth soit l'auteur majeur, le texte final résulte d'un travail collectif sous sa direction. Six thèses brèves, chacune affirmative et négative.
Première thèse — La plus célèbre
Jésus-Christ, tel qu'il nous est attesté par l'Écriture sainte, est l'unique Parole de Dieu que nous avons à écouter, à laquelle nous avons à nous fier et à obéir, dans la vie comme dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l'Église pourrait et devrait reconnaître, comme source de sa prédication, en dehors et à côté de cette unique Parole de Dieu, encore d'autres événements et puissances, figures et vérités, comme révélation de Dieu. Déclaration de Barmen, thèse 1 (1934)
Le sens politique est immédiat : aucune révélation
politique (le national-socialisme), historique (le destin du peuple allemand) ou raciale ne peut prendre place à côté de Christ comme Parole de Dieu pour l'Église. Barmen est l'acte fondateur de la résistance théologique de l'Église confessante.
Réception
Barmen est reconnue comme statut confessionnel dans l'Église évangélique en Allemagne (EKD) après 1945. Elle figure parmi les textes confessionnels de la plupart des Églises réformées et unies européennes contemporaines. Karl Barth en a donné un commentaire systématique dans Kirchliche Dogmatik II/1 (1940) et II/2 (1942).
Édition critique : Alfred Burgsmüller, Rudolf Weth, éds. Die Barmer Theologische Erklärung: Einführung und Dokumentation. Neukirchen-Vluyn, 1983.
🎓 Studio interactif — Confessions de foi
40 cartes sur les symboles œcuméniques anciens, les grandes confessions luthériennes, réformées, anglicanes et contemporaines. Navigation clavier (← → A R).
Symbole des Apôtres
forme reçue VIIIe s.
Cliquer pour révélerle credo baptismal de l'Occident latin
Issu de la profession baptismale romaine (Symbolum Romanum). Structure trinitaire en trois articles. Symbole pré-confessionnel commun aux catholiques, protestants et anglicans. Récité encore aujourd'hui dans la catéchèse occidentale.
Symbolum Apostolorum
Nicée-Constantinople
325 / 381
Cliquer pour révélerle Credo liturgique universel
Élaboré à Nicée (325) puis complété à Constantinople (381). Affirme la consubstantialité du Fils (ὁμοούσιος) et la divinité de l'Esprit. Récité dans la liturgie catholique, orthodoxe et de nombreuses Églises protestantes. Le Filioque latin reste un point de divergence avec l'Orient.
Symboles de 325 et 381
Symbole d'Athanase
Quicumque vult
Cliquer pour révélerexposé détaillé de la Trinité et de la christologie
Origine latine (probablement Ve-VIe s., Sud de la Gaule), longtemps attribué à Athanase. Reçu en Occident (luthériens, anglicans, réformés), inconnu de l'Orient. Forme longue (~40 versets) sur Trinité et Incarnation.
Symbole Athanasien
Définition de Chalcédoine
451
Cliquer pour révélerla christologie classique des deux natures
« Un seul et même Christ, en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. » Norme christologique reçue par catholiques, orthodoxes byzantins, protestants et anglicans. Pierre angulaire de la christologie classique.
Définition de Chalcédoine
Symbole vs Confession
structure éditoriale
Cliquer pour révélerune distinction fondamentale
Les symboles œcuméniques anciens (Apôtres, Nicée-Constantinople, Athanasien, Chalcédoine) sont pré-protestants et communs à toutes les grandes traditions. Les confessions protestantes (Augsbourg, Westminster…) sont dénominationnelles, issues de la Réforme. Ne pas confondre.
Distinction éditoriale
Norma normata
« norme normée »
Cliquer pour révélerla confession sous l'Écriture
Pour les protestants, l'Écriture est norma normans (norme normative), la confession norma normata (norme normée par l'Écriture). La confession a autorité dérivée et reste révisable à la lumière de l'Écriture. Distinction fondamentale.
Théorie réformée des confessions
Anathema sit
structure des anciens credos
Cliquer pour révélerle credo formule positivement, les conciles condamnent
Les symboles antiques disent ce qu'on croit (positif). Les anathèmes conciliaires (« qu'il soit anathème ») disent ce qu'on rejette (négatif). Structure complémentaire : énoncer la foi orthodoxe et exclure l'hérésie. Trente recourt encore aux deux.
Conciles de Nicée à Trente
Confession d'Augsbourg
1530 — Confessio Augustana
Cliquer pour révélerle texte fondateur du luthéranisme
Rédigée par Mélanchthon, présentée à Charles Quint à la diète d'Augsbourg (25 juin 1530). 28 articles : 21 doctrinaux, 7 sur les abus. Esprit conciliant cherchant à montrer la continuité avec l'Église ancienne. Norme normée des Églises luthériennes.
Confessio Augustana (1530)
Apologie de l'Augustana
1531
Cliquer pour révélerdéfense argumentée de la Confession d'Augsbourg
Aussi par Mélanchthon. Répond à la Confutatio catholique. Texte le plus volumineux du Livre de Concorde. Approfondit notamment la doctrine de la justification (article IV). Statut confessionnel majeur dans le luthéranisme.
Apologia Confessionis Augustanae
Petit Catéchisme de Luther
1529
Cliquer pour révélerle catéchisme familial luthérien
Écrit pour les « simples pasteurs et chefs de famille ». Cinq parties : Décalogue, Credo, Notre Père, baptême, Cène. Limpide et accessible. Luther disait s'en nourrir lui-même chaque jour. Standard luthérien depuis cinq siècles.
Kleiner Katechismus (1529)
Grand Catéchisme
1529
Cliquer pour révélerl'exposition développée à l'usage des pasteurs
Compagnon du Petit Catéchisme, plus volumineux. Forme un commentaire ample des cinq parties. Témoigne de la profondeur pastorale et théologique de Luther. Reçu comme document confessionnel.
Großer Katechismus (1529)
Articles de Smalkalde
1537
Cliquer pour révélerarticles plus polémiques anti-papauté
Rédigés par Luther en vue d'un concile général. Plus tranchants que l'Augustana. Joints au Traité du pouvoir et de la primauté du pape de Mélanchthon. Repris dans le Livre de Concorde.
Schmalkaldische Artikel (1537)
Formule de Concorde
1577
Cliquer pour révélerrésolution des querelles internes du luthéranisme
Synthèse arbitrant les disputes post-Luther (sur la justification, le libre arbitre, la Cène, la christologie). Œuvre de Andreae, Chemnitz et Selnecker. Dernier texte confessionnel luthérien, intégré au Livre de Concorde (1580).
Formula Concordiae (1577)
Livre de Concorde
1580 — Konkordienbuch
Cliquer pour révélerle recueil confessionnel luthérien officiel
Compile les 3 symboles anciens (Apôtres, Nicée-Constantinople, Athanasien), la Confession d'Augsbourg, son Apologie, les Articles de Smalkalde, les deux Catéchismes de Luther, la Formule de Concorde. Standard du luthéranisme depuis 1580.
Liber Concordiae (1580)
Articulus stantis…
l'article cardinal
Cliquer pour révélerla justification, articulus stantis et cadentis ecclesiae
« L'article par lequel l'Église tient ou tombe ». Formule typique du luthéranisme pour désigner la doctrine de la justification par la foi seule (Augustana IV ; Apologie IV). Centre théologique de la confession.
Augustana IV ; Apologie IV
Confession helvétique I
1536 — Bâle
Cliquer pour révélerpremier texte commun aux cantons suisses réformés
Rédigée par Bullinger, Myconius, Grynaeus, Léon Jud. Cherche le rapprochement avec les luthériens. Plus brève et conciliante que la suivante. Texte préparatoire à un véritable consensus suisse réformé.
Confessio Helvetica Prior (1536)
Confession helvétique II
1566 — Bullinger
Cliquer pour révélerle texte de référence du protestantisme réformé international
Œuvre principale de Bullinger, successeur de Zwingli à Zurich. Très ample (30 chapitres). Reçue dans toute l'Europe réformée (Suisse, France, Hongrie, Pologne, Pays-Bas, Écosse). Son chapitre II définit la réception protestante des conciles.
Confessio Helvetica Posterior (1566)
Confession gallicane
1559 — Paris
Cliquer pour révélerla confession des Églises réformées de France
Adoptée au premier synode national des Églises réformées de France (Paris, 1559), inspirée d'un projet de Calvin. 40 articles. Aussi appelée Confession de La Rochelle (révision de 1571). Texte fondateur du protestantisme français.
Confessio Gallicana (1559/1571)
Confession belge
1561 — Guy de Brès
Cliquer pour révélerla confession des Pays-Bas réformés
Rédigée par Guy de Brès dans le contexte des persécutions espagnoles (il est martyr en 1567). 37 articles. Adoptée par les synodes néerlandais. Pilier des « Trois Formes d'Unité » du calvinisme continental.
Confessio Belgica (1561)
Catéchisme de Heidelberg
1563
Cliquer pour révélerle catéchisme réformé le plus diffusé
Commandé par l'électeur palatin Frédéric III, rédigé par Ursinus et Olévianus. 129 questions, divisées en trois parties : misère, délivrance, reconnaissance. 1re question : « Quel est ton seul réconfort dans la vie et dans la mort ? »
Heidelberger Katechismus (1563)
Canons de Dordrecht
1619 — TULIP
Cliquer pour révélerles « cinq points » du calvinisme
Dépravation totale, élection inconditionnelle, expiation limitée, grâce irrésistible, persévérance des saints. Réponse aux 5 articles des Remontrants arminiens. Avec Heidelberg et la Belgica, forment les « Trois Formes d'Unité ».
Canones Synodi Dordracenae (1619)
Confession de Westminster
1647 — Londres
Cliquer pour révélerle standard du calvinisme presbytérien anglophone
Produite par l'Assemblée de Westminster (1643-1649). 33 chapitres. Accompagnée du Grand et du Petit Catéchismes. Texte de référence des Églises presbytériennes (Écosse, Amérique). Sommet de la théologie réformée scolastique.
Westminster Confession of Faith (1647)
Scots Confession
1560 — John Knox
Cliquer pour révélerla confession fondatrice de la Kirk d'Écosse
Rédigée par John Knox et cinq autres en quatre jours. Adoptée par le parlement écossais (1560). Texte fondateur du presbytérianisme écossais. Plus tard remplacée par Westminster (1647) comme standard officiel.
Scots Confession (1560)
Catéchisme de Genève
1542 — Calvin
Cliquer pour révélerle catéchisme calvinien pour les enfants de Genève
Rédigé par Calvin pour la catéchèse de la cité (1re éd. 1537, refonte définitive 1542). Forme dialoguée maître-élève. Structure : foi, Loi, prière, sacrements. Modèle des catéchismes calviniens ultérieurs.
Catéchisme de Genève (1542)
Trente-Neuf Articles
1571 — Cranmer / Parker
Cliquer pour révélerla confession officielle de l'Église d'Angleterre
Évolution depuis les 42 Articles de Cranmer (1553) ; forme définitive sous Élisabeth Ire (1571). 39 articles brefs. Via media entre Rome et Genève : doctrine de la justification proche du luthéranisme ; sacrements et ministères modérément réformés.
Thirty-Nine Articles (1571)
Book of Common Prayer
1549 / 1552 / 1662
Cliquer pour révélerle livre liturgique anglican à valeur confessionnelle
Œuvre de Cranmer. Pour l'anglicanisme, la « lex orandi » fait office de « lex credendi » : la liturgie elle-même est confession de foi. L'édition de 1662 reste référence dans la Communion anglicane.
BCP 1662 (référence canonique)
Via media
voie médiane anglicane
Cliquer pour révélerune voie entre catholicisme et protestantisme
Expression caractérisant la position anglicane : ni catholique romaine ni purement protestante. Maintient l'épiscopat et la liturgie ancienne, tout en recevant le principe scripturaire et la justification par la foi. Tradition popularisée par le Mouvement d'Oxford (XIXe s.).
Tradition anglicane
Confession de Schleitheim
1527 — Michael Sattler
Cliquer pour révélerle premier credo anabaptiste
Sept articles signés à Schleitheim (Suisse). Définit l'anabaptisme « frères suisses » : baptême des croyants, discipline ecclésiale, séparation du monde, refus du serment, refus de l'épée. Sattler est martyrisé en 1527.
Schleitheimer Bekenntnis (1527)
Confession de Dordrecht
1632 — mennonite
Cliquer pour révélerla grande confession mennonite
Adoptée par les mennonites néerlandais (Dordrecht 1632). 18 articles. Texte de référence mennonite ; reçue aussi par les amish. À ne pas confondre avec les Canons de Dordrecht réformés (1619), texte distinct du même lieu.
Confession mennonite (1632)
Confession de Londres
1689 — baptistes
Cliquer pour révélerla « Westminster baptiste »
Seconde Confession baptiste de Londres. Reprend largement la structure et le contenu de Westminster (1647), mais y ajoute le baptême des croyants par immersion et l'ecclésiologie congrégationaliste. Texte fondateur des baptistes calvinistes.
Second London Baptist Confession (1689)
Articles of Religion
1784 — John Wesley
Cliquer pour révélerles 25 articles wesleyens pour l'Amérique
John Wesley adapte les 39 Articles anglicans pour les méthodistes nord-américains (réduction à 25 articles, retrait notamment de l'article sur la prédestination). Standard doctrinal des Églises méthodistes mondiales.
25 Articles of Religion (1784)
Notes de Wesley
notes & sermons-standards
Cliquer pour révélerles bases doctrinales méthodistes
Outre les 25 Articles, les Standard Sermons de Wesley et ses Explanatory Notes on the New Testament servent de norme doctrinale dans la tradition méthodiste. Trait propre : pas une confession unique fermée mais un corpus.
Wesleyan Quadrilateral
Déclaration de Barmen
1934 — Karl Barth
Cliquer pour révélerle manifeste de l'Église confessante allemande
Rédigée principalement par Karl Barth contre les « Chrétiens allemands » pronazis. Six thèses. La première : « Jésus-Christ est l'unique Parole de Dieu que nous avons à écouter. » Confession contemporaine intégrée dans nombre d'Églises réformées.
Barmer Erklärung (1934)
Concorde de Leuenberg
1973
Cliquer pour révélercommunion d'Église entre luthériens et réformés européens
Texte adopté près de Bâle. Surmonte les condamnations mutuelles luthériens/réformés du XVIe s. (notamment sur la Cène). Fonde la Communion des Églises protestantes en Europe (CEPE/GEKE) : plus de 90 Églises en pleine communion.
Leuenberger Konkordie (1973)
Confession de Belhar
1986 — Afrique du Sud
Cliquer pour révélerla confession réformée contre l'apartheid
Adoptée par l'Église réformée hollandaise « missionnaire » en 1986. Statut confessionnel : la justice et la réconciliation appartiennent à l'essence de l'Évangile. Rejet de la séparation raciale comme hérésie (status confessionis). Reçue dans plusieurs Églises réformées mondiales.
Belhar Confession (1986)
Déclaration commune sur la justification
Augsbourg, 1999
Cliquer pour révélerconsensus catholique-luthérien sur l'articulus stantis
Signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 (date symbolique des 95 Thèses) entre la Fédération luthérienne mondiale et le Vatican. Constate un « consensus différencié ». Ralliée ensuite par méthodistes (2006), réformés (2017) et anglicans.
Déclaration commune (1999)
Confession of 1967
PCUSA
Cliquer pour révélerla confession américaine de la réconciliation
Adoptée par l'Église presbytérienne unie aux États-Unis. Centrée sur la réconciliation (2 Co 5,18-21). Réponse aux questions sociales et raciales du XXe siècle. Intégrée au Book of Confessions de la PCUSA.
Confession of 1967 (PCUSA)
A Brief Statement of Faith
1991 — PCUSA
Cliquer pour révélerune confession inclusive contemporaine
Brève confession en langage contemporain, intégrant explicitement Marie comme première témoin et le langage inclusif. Témoigne de l'effort des Églises pour confesser dans un langage et un contexte renouvelés sans rompre avec la tradition.
Brief Statement of Faith (1991)
Accra Confession
2004 — WCRC
Cliquer pour révélerconfession réformée sur la justice économique et écologique
Adoptée par l'Alliance réformée mondiale (devenue Communion mondiale d'Églises réformées, WCRC) à Accra (Ghana). Status confessionis face au néolibéralisme et à la destruction de la création. Texte représentatif du « confesser » contemporain Sud-Nord.
Accra Confession (2004)
Status confessionis
« situation confessante »
Cliquer pour révélermoment où confesser engage l'identité même de l'Église
Catégorie luthérienne (Articles de Smalkalde) reprise dans le confessionnalisme moderne : certaines situations historiques exigent une confession publique sans laquelle l'Église se renierait elle-même. Appliquée à Barmen (1934), Belhar (1986), Accra (2004).
Barmen ; Belhar ; Accra
📖 Quiz 1 — Symboles anciens et confessions luthériennes
10 questions sur les credos communs et le Livre de Concorde.
Question 1 / 10
Quels sont les symboles œcuméniques anciens (pré-confessionnels) ?
Question 2 / 10
Que signifie pour les protestants la formule norma normata ?
Question 3 / 10
Qui a rédigé la Confession d'Augsbourg (1530) ?
Question 4 / 10
Combien de textes le Livre de Concorde (1580) rassemble-t-il ?
Question 5 / 10
Quel symbole ancien est inconnu de l'Orient et propre au christianisme latin ?
Question 6 / 10
Que désigne l'articulus stantis et cadentis ecclesiae ?
Question 7 / 10
Quelle est la première question du Catéchisme de Heidelberg (1563) ?
Question 8 / 10
À quelle date et où Luther publie-t-il ses deux Catéchismes ?
Question 9 / 10
Quelles sont les cinq parties du Petit Catéchisme de Luther ?
Question 10 / 10
À quoi sert la Formule de Concorde (1577) ?
🏆
10 / 10
100%
⚙ Quiz 2 — Confessions réformées
8 questions sur les grands textes calvinistes (Helvetique, Heidelberg, Westminster…).
Question 1 / 8
Qui a rédigé la Seconde Confession helvétique (1566) ?
Question 2 / 8
Que signifie le sigle TULIP ?
Question 3 / 8
Quelles confessions forment les « Trois Formes d'Unité » du calvinisme continental ?
Question 4 / 8
Qui a rédigé la Confession belge (1561) ?
Question 5 / 8
Quelle confession est aussi appelée « Confession de La Rochelle » ?
Question 6 / 8
Combien de chapitres compte la Confession de Westminster (1647) ?
Question 7 / 8
Quelle confession a été rédigée par John Knox et adoptée par le parlement écossais ?
Question 8 / 8
Quelle est la structure pédagogique en trois parties du Catéchisme de Heidelberg ?
🏆
8 / 8
100%
📜 Quiz 3 — Anglicane, radicales et contemporaines
8 questions des 39 Articles à Barmen, Belhar et Accra.
Question 1 / 8
Combien d'articles compte la confession officielle de l'Église d'Angleterre (1571) ?
Question 2 / 8
Que désigne la via media anglicane ?
Question 3 / 8
Quel est le premier credo anabaptiste ?
Question 4 / 8
Quelle confession baptiste de 1689 reprend largement Westminster ?
Question 5 / 8
Que constitue la Déclaration de Barmen (1934) ?
Question 6 / 8
Que constate la Concorde de Leuenberg (1973) ?
Question 7 / 8
Contre quoi a été rédigée la Confession de Belhar (1986) ?
Question 8 / 8
Qu'est-ce qu'une situation de status confessionis ?
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8 / 8
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