Théologie protestante — Module 5
Sacrements
La théologie sacramentaire — baptême et Cène. Le plus grand diviseur du protestantisme depuis le Colloque de Marbourg (1529). Transsubstantiation, présence réelle, mémorialisme.
La théologie sacramentaire
Un sacrement est un rite visible institué par le Christ associant un signe externe et une promesse divine. Le mot latin sacramentum traduit le grec μυστήριον (mystère) — non un secret mais une réalité divine accomplie et révélée. Les traditions chrétiennes divergent profondément sur le nombre, la nature et l'efficacité des sacrements.
Le nombre des sacrements
✠ Protestant
Deux sacrements institués par le Christ lui-même : le baptême (Mt 28,19) et la Cène du Seigneur (1 Co 11,23-26). Critère : institution explicite par le Christ + promesse de grâce attachée. Les cinq autres sacrements catholiques ne satisfont pas à ce double critère.
✝ Catholique
Sept sacrements (Trente, Session VII, 1547 ; CEC 1113) : baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, onction des malades, ordre sacré, mariage. Ils confèrent la grâce ex opere operato — par le seul fait de l'administration valide, indépendamment du mérite du ministre.
☦ Orthodoxe
Sept mystères (μυστήρια) mais sans la rigidité de la liste latine. L'eucharistie est le centre de toute la vie ecclésiale. La liste de sept est adoptée au XVe s. sous influence catholique — certains théologiens orthodoxes sont plus souples.
Le baptême — Divergences majeures
| Question | Luthérien/Réformé | Anabaptiste/Baptiste |
|---|---|---|
| Sujet du baptême | Nourrissons (baptême des enfants) | Seuls les croyants (credo-baptisme) |
| Efficacité | Luthérien : confère la grâce régénératrice. Réformé : signe de l'alliance, efficacité liée à l'élection. | Témoignage public de la foi — non régénérateur en lui-même. |
| Mode | Aspersion ou immersion | Immersion nécessaire (Baptiste) |
| Texte clé | Ac 16,15.33 (baptêmes de maisons) ; Col 2,11-12 | Mc 16,16 (croit ET est baptisé) ; Ac 2,38 |
La Cène — Le grand schisme sacramentaire
Le Colloque de Marbourg (1529) a montré que la Cène divise le protestantisme autant qu'elle divise protestants et catholiques. Quatre positions majeures :
Présence réelle (Luther)
Luthériens
Le corps et le sang du Christ sont réellement présents dans et avec le pain et le vin (in, cum et sub). Non une transsubstantiation (la substance du pain reste), mais une présence réelle mystérieuse. Fondée sur Lc 22,19 pris littéralement.
Présence spirituelle (Calvin)
Réformés
Le Christ est réellement présent à la Cène, mais spirituellement — par l'Esprit Saint qui élève les cœurs au Christ glorifié à la droite du Père. Ni transsubstantiation ni simple symbole. Sursum corda — les cœurs en haut.
Présence mémorielle (Zwingli)
Anabaptistes, certains évangéliques
La Cène est un mémorial de la mort du Christ — un signe qui rappelle et proclame, non un moyen de grâce objectif. Est = significat (signifie). 1 Co 11,26 : vous annoncez la mort du Seigneur.
Transsubstantiation (Catholique)
Catholique, définie à Trente
La substance du pain et du vin est convertie en la substance du corps et du sang du Christ (Trente, Session XIII, 1551 ; DH 1636–1661). Les accidents (apparences) restent. La messe est aussi un sacrifice propitiatoire renouvelant l'unique sacrifice du Calvaire.
Calvin — La Cène comme festin de communion réelle
Institutio IV.17.1-3 (1559) · CO 2, 1003–1006 · LCC 21, 1360–1364
🔍
Calvin navigue entre deux écueils : la transsubstantiation catholique (qu'il juge liée à une philosophie aristotélicienne non biblique) et le mémorisme zwingliien (qui vide la Cène de toute efficacité réelle). Sa solution : le Christ est réellement présent, mais sa présence est spirituelle et céleste — non corporelle et terrestre. L'Esprit Saint est l'organe de cette présence : il élève les cœurs (sursum corda) au Christ glorifié. Cette position — dite 'virtualiste' ou 'dynamique' — est distincte des deux autres.
Le concept de sacrement
Le terme « sacrement » (sacramentum) est la traduction latine du grec mystērion (μυστήριον, « mystère »). Dans le Nouveau Testament, mystērion désigne le plan divin de salut révélé en Christ (Ép 1,9 ; 3,3-6 ; Col 1,26-27 ; 1 Tm 3,16). Tertullien (De spectaculis, vers 200) latinise en sacramentum, terme initialement militaire désignant le serment du soldat romain.
Définition d'Augustin
Augustin (354–430) formule la définition classique d'un sacrement : « signe sacré » (signum sacrum, De Civitate Dei X.5) ou plus précisément, dans la formulation reçue par Pierre Lombard et la scolastique : invisibilis gratiae visibilis forma — « la forme visible d'une grâce invisible ». Trois éléments constituent un sacrement :
- Signe matériel et perceptible (eau, pain, vin, huile).
- Parole qui spécifie le signe (« Je te baptise au nom du Père… »).
- Grâce spirituelle communiquée par et avec le signe.
Le septénaire scolastique
L'Église médiévale latine a progressivement défini le nombre de sacrements à sept, fixation cristallisée par Pierre Lombard (Sententiae IV, vers 1150). Cette définition est officialisée dogmatiquement par les conciles de Lyon II (1274), Florence (Decretum pro Armenis, 1439) et définitivement Trente (session VII, 3 mars 1547 ; DH 1601). Les sept sacrements sont : baptême, confirmation, Eucharistie, pénitence, onction des malades (extrême-onction), ordre, mariage.
Les sept mystères orthodoxes
L'orthodoxie reconnaît également sept mystères (mystēria) identiques en nombre à ceux du catholicisme romain, mais avec deux différences notables : (1) le chiffre 7 n'a pas le caractère doctrinal arrêté qu'il a en Occident (certains théologiens orthodoxes mentionnent d'autres rites comme « mystères » : la consécration d'une église, la tonsure monastique, les funérailles) ; (2) la théologie sacramentaire orthodoxe est plus pneumatologique (rôle central de l'épiclèse) et moins juridique que la théologie occidentale.
Les critères protestants de canonicité sacramentelle
Les Réformateurs établissent trois critères stricts pour qu'un rite soit sacrement à proprement parler :
- Institution explicite du Christ dans les évangiles ou dans le Nouveau Testament.
- Signe matériel visible (élément physique perceptible).
- Promesse de grâce attachée au signe.
Selon ces critères, seuls le baptême et la Cène se qualifient. Les autres rites tenus pour sacrements en Occident sont déclassés :
- Confirmation — pas d'institution claire dans le NT (Ac 8,17 et 19,6 sont des cas particuliers d'imposition des mains liée à la mission apostolique, non un rite séparé universel).
- Pénitence — Jn 20,23 ne fonde pas un rite sacramentel distinct ; la conversion est continue dans toute la vie chrétienne.
- Ordre — l'imposition des mains pour le ministère existe (1 Tm 4,14 ; 2 Tm 1,6 ; Ac 6,6 ; 13,3), mais ne constitue pas un sacrement au sens fort.
- Mariage — institution divine (Gn 2,18-24 ; Mt 19,4-6), mais ne donne pas la grâce salvatrice de manière spécifique.
- Onction des malades — Jc 5,14-16 mentionne un usage, sans en faire un sacrement universel.
Tableau récapitulatif : nombre de sacrements par tradition
| Tradition | Nombre | Détail |
|---|---|---|
| Catholicisme romain | 7 | Baptême, confirmation, Eucharistie, pénitence, onction des malades, ordre, mariage |
| Orthodoxie | 7 (mystères) | Identiques au catholicisme, sans le caractère arrêté du chiffre 7 |
| Luthéranisme | 2 (parfois 3) | Baptême, Cène (et parfois pénitence/absolution comme 3e sacrement) |
| Réformés | 2 | Baptême, Cène |
| Anglicans | 2 + 5 sacramentaux | Sacrements de l'Évangile : baptême, Cène. Sacramentaux : confirmation, mariage, ordre, pénitence, onction |
| Baptistes | 0 sacrement, 2 ordonnances | Baptême et Cène comme ordinances symboliques |
| Quakers | 0 | Pas de sacrements extérieurs ; sacrement intérieur de la « lumière intérieure » |
| Armée du Salut | 0 | Pas d'administration de sacrements visibles |
Le baptême
Fondements bibliques
Le baptême chrétien s'enracine dans plusieurs racines néotestamentaires :
- Le baptême de Jean-Baptiste (Mt 3 ; Mc 1 ; Lc 3) — baptême de pénitence en vue de la conversion eschatologique.
- Le baptême de Jésus par Jean (Mc 1,9-11 et parallèles) — manifestation messianique et trinitaire.
- La grande commission (Mt 28,19) — formule trinitaire normative.
- La théologie paulinienne (Rm 6,3-11 ; Ga 3,27 ; Col 2,12) — union au Christ dans sa mort et sa résurrection.
- 1 Pi 3,21 — le baptême « sauve » comme antitype du déluge (typologie de la création nouvelle).
Modes de baptême
- Immersion — pratique majoritaire de l'Église ancienne, conservée par l'orthodoxie et récupérée par les baptistes (XVIIe s.) et plusieurs Églises évangéliques. Le grec baptizō signifie littéralement « plonger ».
- Affusion (versement d'eau) — pratique latine occidentale dès la Didachè (vers 100 : « en cas d'absence d'eau courante, versez de l'eau trois fois sur la tête »). Mode normal de la plupart des Églises occidentales aujourd'hui.
- Aspersion — variante minoritaire (quelques gouttes), parfois en pratique pastorale.
Le calvinisme réformé affirme l'indifférence du mode : ce qui compte est l'eau symbolisant la purification (Calvin, Inst. IV.15.19). Les baptistes répondent que le NT atteste l'immersion et que la symbolique paulinienne d'ensevelissement/résurrection (Rm 6,4) suppose l'immersion totale.
La controverse paedobaptisme / credobaptisme
Question majeure : faut-il baptiser les nouveau-nés (paedobaptisme) ou seulement les croyants ayant manifesté leur foi (credobaptisme, baptême des seuls croyants) ?
Position paedobaptiste
Tenue par les Églises catholique, orthodoxe, luthérienne, réformée, anglicane, méthodiste. Arguments principaux :
- Continuité avec la circoncision juive (Col 2,11-12) : sacrement d'alliance dès l'enfance.
- Témoignage patristique précoce : Tertullien la connaît au début du IIIe s. (même s'il la déconseille pour des raisons pratiques) ; Origène l'atteste comme tradition apostolique reçue.
- Baptême de « maisons entières » dans Ac 16,15.33 ; 18,8 ; 1 Co 1,16 supposant probablement des enfants.
- Priorité de la grâce : la grâce de Dieu précède la foi humaine ; le baptême comme don gratuit ne dépend pas de la capacité du sujet.
- Confirmation différée : la profession de foi adulte est différée à la confirmation ou à un acte d'engagement personnel.
Position credobaptiste
Tenue par les anabaptistes, baptistes, évangéliques majoritaires, Églises charismatiques. Arguments principaux :
- Absence d'exemple explicite : le NT ne donne aucun cas attesté de baptême d'enfant.
- Foi personnelle préalable : Ac 2,38 ; Mc 16,16 (« celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ») suppose la foi avant le baptême.
- Signe de conversion accomplie : le baptême est signe de la conversion personnelle déjà reçue.
- Différence avec la circoncision : la circoncision était un signe ethnique, le baptême est un signe de foi ; l'analogie a ses limites.
- Rejet de la presumptio fidei : la présomption de foi chez l'enfant n'est pas fondée scripturairement.
Cette divergence reste l'un des plus grands obstacles œcuméniques entre les Églises historiques (paedobaptistes) et les Églises issues du mouvement anabaptiste-baptiste. Le texte de Lima (BEM, 1982) reconnaît les deux pratiques comme légitimes mais ne propose pas de résolution. Certaines Églises modernes (notamment évangéliques contemporaines) acceptent le re-baptême adulte de personnes baptisées enfants, ce que toutes les traditions historiques rejettent comme contrevenant à l'unicitas baptismi (Ép 4,5).
L'Eucharistie / la Cène
Vocabulaire
- Eucharistie (eucharistia, « action de grâces ») — terme catholique et orthodoxe dominant, depuis la Didachè (vers 100).
- Cène (cena, « repas du soir ») — terme protestant dominant, marquant le caractère de mémorial du dernier repas.
- Sainte Communion — terme anglican.
- Saint Sacrifice de la messe — terme catholique liturgique.
- Divine Liturgie — terme orthodoxe (la liturgie elle-même comme rite eucharistique).
- Fraction du pain (Ac 2,42 ; 20,7) — terme néotestamentaire originel.
- Repas du Seigneur (kyriakon deipnon, 1 Co 11,20) — terme paulinien.
Les quatre récits d'institution
L'institution eucharistique est rapportée quatre fois dans le NT, avec des variantes mineures :
- Mc 14,22-25 — récit le plus court et probablement le plus ancien des évangiles.
- Mt 26,26-29 — proche de Marc, avec ajout « pour le pardon des péchés » (verset 28).
- Lc 22,15-20 — récit divisé en deux coupes (avant et après le pain), proche de la liturgie juive du seder pascal.
- 1 Co 11,23-25 — récit paulinien, le plus ancien chronologiquement (vers 55, antérieur aux évangiles synoptiques), reçu par Paul comme tradition (« j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai aussi transmis »).
Les paroles d'institution centrales : touto estin to sōma mou (« Ceci est mon corps ») et touto estin to haima mou (« ceci est mon sang »). Le verbe estin (« est ») devient le nœud de tous les débats théologiques sur la présence eucharistique.
Les quatre grandes positions sur la présence eucharistique
| Position | Tradition | Thèse |
|---|---|---|
| Transsubstantiation | Catholique romaine | Substance du pain et du vin convertie en substance du corps et du sang du Christ ; les accidents (apparences) demeurent. Doctrine fixée par Latran IV (1215, DH 802) et Trente (session XIII, 1551, DH 1642). |
| Consubstantiation / union sacramentelle | Luthérienne | Présence réelle du corps et du sang du Christ in, cum et sub (« dans, avec et sous ») le pain et le vin. Le pain demeure pain ; le vin demeure vin ; le corps et le sang sont réellement présents ensemble. |
| Présence spirituelle / virtualisme | Réformée (Calvin, Bullinger) | Présence réelle mais spirituelle du Christ, perçue par la foi. Le Saint-Esprit élève le croyant pour le faire participer au corps glorifié du Christ qui demeure dans le ciel. |
| Mémorialisme | Zwinglien (Zurich) et baptiste majoritaire | La Cène est commémoration de la mort du Christ. Pas de présence réelle dans les éléments ; ils sont signes symboliques de la grâce reçue par la foi. |
| Métousiose | Orthodoxe | Terme grec metousiōsis, équivalent grec de la transsubstantiation, mais sans la précision aristotélicienne des « accidents ». L'orthodoxie accepte la conversion réelle sans en définir le mode philosophique. |
Le colloque de Marbourg (1529)
Le colloque de Marbourg (1er–3 octobre 1529), convoqué par le landgrave Philippe de Hesse, tente de réconcilier Luther et Zwingli sur la Cène en vue d'une alliance protestante anti-Habsbourg. Accord sur 14 articles sur 15. Désaccord radical sur le 15e (la Cène) :
Luther, selon la tradition, grave sur la table avec son couteau le verset Hoc est corpus meum (« Ceci est mon corps »), affirmant la présence réelle. Zwingli répond avec Jn 6,63 : « C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. »
L'échec de Marbourg cristallise la division entre luthériens et réformés sur la Cène pour plus de quatre siècles. La réconciliation théologique sera proposée par l'Accord de Leuenberg (16 mars 1973), qui reconnaît la légitimité des deux positions et instaure l'intercommunion entre Églises luthériennes, réformées, méthodistes et vaudoises européennes.
La position calvinienne : une voie médiane
Calvin propose une voie médiane entre Luther (présence locale dans les éléments) et Zwingli (mémorial sans présence) : la présence réelle spirituelle. Selon Calvin (Inst. IV.17), le corps glorifié du Christ est dans le ciel à la droite du Père (Ac 1,9-11). Par l'opération du Saint-Esprit (virtus Spiritus Sancti), le croyant communiant est élevé spirituellement pour participer réellement au corps et au sang du Christ.
« Si je ne le comprends pas, je puis cependant le sentir : je préfère adorer son secret que de chercher à comprendre ce qui est plus haut que ma propre capacité. »
— Calvin, Inst. IV.17.32 (1559)
Le sacrifice eucharistique : point majeur de divergence
Pour le catholicisme, la messe est sacrifice propitiatoire, re-présentation non sanglante du sacrifice unique de la croix (Trente, session XXII, 1562 ; DH 1740–1742). Doctrine confirmée par Vatican II (Sacrosanctum Concilium 47).
Pour le protestantisme (luthériens et réformés unanimement), la Cène n'est pas un sacrifice mais un mémorial du sacrifice unique et achevé du Christ. Les passages clefs sont Hé 7,27 ; 9,12.26 ; 10,10-14 : le Christ s'est offert « une fois pour toutes » (ephapax). Toute re-présentation sacrificielle serait redondante et porterait atteinte à l'unicité du sacrifice de la croix.
Le BEM (Lima 1982) et la Déclaration commune sur la justification (1999) ont rapproché les positions sans les fusionner. La position œcuménique contemporaine reconnaît :
- Le caractère memorial non psychologisant (anamnēsis comme actualisation cultuelle, non comme simple souvenir).
- Le caractère eucharistique (action de grâces pour l'œuvre du Christ).
- Le caractère sacramentel (signe efficace de la communion au Christ).
- L'unicité du sacrifice du Calvaire (non répétition).
Communion sous les deux espèces
L'Église catholique médiévale a progressivement restreint la communion des laïcs à la seule espèce du pain (concile de Constance, 1415, à l'encontre des hussites bohémiens). Les Réformateurs (Jan Hus avant eux, Luther, Calvin) ont réaffirmé la communion sous les deux espèces selon Mt 26,27 (« Buvez-en tous »). Vatican II a rétabli la possibilité de la communion sous les deux espèces pour les laïcs (Sacrosanctum Concilium 55, 1963).
Œcuménisme sacramentel
Le texte de Lima — BEM (1982)
Baptême, Eucharistie, Ministère (BEM) ou texte de Lima est un document œcuménique majeur élaboré par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises et adopté à Lima (Pérou) en janvier 1982. Il représente cinquante ans de dialogue œcuménique sur les sacrements.
Sur le baptême : reconnaissance mutuelle du baptême comme « lien fondamental d'unité » entre chrétiens. Acceptation des deux pratiques (paedobaptisme et credobaptisme) comme deux dimensions légitimes du même mystère.
Sur l'Eucharistie : insistance sur l'anamnēsis (mémorial réel actualisant), l'epiklēsis (invocation du Saint-Esprit), la communion comme don du Christ glorifié.
Sur le ministère : convergence sur la triple structure (évêque, presbytre, diacre) comme don de Dieu à l'Église, sans qu'elle soit imposable à toutes les traditions.
Le BEM est devenu le document œcuménique le plus reçu et étudié de l'histoire récente, faisant l'objet de réponses écrites de plus de 180 Églises mondiales.
L'hospitalité eucharistique
Question pastoralement brûlante : les chrétiens d'une confession peuvent-ils communier dans une autre ?
- Catholicisme — communion limitée aux baptisés en pleine communion avec Rome (in plena communione) ; exceptions pastorales possibles pour orthodoxes et anglicans (Code de droit canon, c. 844).
- Orthodoxie — communion réservée aux orthodoxes ; quelques Églises plus rigides que d'autres.
- Protestantisme — généralement, hospitalité eucharistique ouverte aux baptisés trinitaires de toute confession (table « ouverte »).
- Concorde de Leuenberg (1973) — intercommunion entre Églises réformées, luthériennes, méthodistes et vaudoises européennes.
- Anglicans — variable selon les provinces ; intercommunion avec luthériens nordiques (Porvoo, 1992) et avec vieux-catholiques (Bonn, 1931).
Pour un développement comparatif détaillé, voir le module « Sacrements comparés ».
Textes intégraux et traductions des sacrements
Conformément au principe ad fontes, cette section présente les sources primaires fondamentales de la théologie sacramentaire dans leur langue originale, accompagnées des traductions de référence.
Matthieu 28,19 — la grande commission baptismale
Grec — NA28
πορευθέντες οὖν μαθητεύσατε πάντα τὰ ἔθνη, βαπτίζοντες αὐτοὺς εἰς τὸ ὄνομα τοῦ πατρὸς καὶ τοῦ υἱοῦ καὶ τοῦ ἁγίου πνεύματος.
Translittération : poreuthentes oun mathēteusate panta ta ethnē, baptizontes autous eis to onoma tou patros kai tou huiou kai tou hagiou pneumatos.
Latin — Vulgate clémentine
Euntes ergo docete omnes gentes : baptizantes eos in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti.
Allemand — Lutherbibel 2017
« Darum gehet hin und lehret alle Völker und taufet sie auf den Namen des Vaters und des Sohnes und des Heiligen Geistes. »
Français — TOB (1988/2010)
« Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. »
Anglais — NRSVue (2021)
"Go therefore and make disciples of all nations, baptizing them in the name of the Father and of the Son and of the Holy Spirit."
Italien — CEI 2008
« Andate dunque e fate discepoli tutti i popoli, battezzandoli nel nome del Padre e del Figlio e dello Spirito Santo. »
Apparat critique : la formule trinitaire eis to onoma tou patros kai tou huiou kai tou hagiou pneumatos est attestée par tous les manuscrits majeurs (א, B, A, D, W). Eusèbe de Césarée cite parfois une forme abrégée « baptisant en mon nom », ce qui a suscité débats critiques (Conybeare 1901), mais cette variante ne se trouve dans aucun manuscrit conservé.
Romains 6,3-4 — théologie paulinienne du baptême
Grec — NA28
ἢ ἀγνοεῖτε ὅτι ὅσοι ἐβαπτίσθημεν εἰς Χριστὸν Ἰησοῦν εἰς τὸν θάνατον αὐτοῦ ἐβαπτίσθημεν; συνετάφημεν οὖν αὐτῷ διὰ τοῦ βαπτίσματος εἰς τὸν θάνατον, ἵνα ὥσπερ ἠγέρθη Χριστὸς ἐκ νεκρῶν διὰ τῆς δόξης τοῦ πατρός, οὕτως καὶ ἡμεῖς ἐν καινότητι ζωῆς περιπατήσωμεν.
Latin — Vulgate
An ignoratis quia quicumque baptizati sumus in Christo Jesu, in morte ipsius baptizati sumus? Consepulti enim sumus cum illo per baptismum in mortem, ut quomodo Christus surrexit a mortuis per gloriam Patris, ita et nos in novitate vitae ambulemus.
Allemand — Lutherbibel 2017
« Oder wisst ihr nicht, dass alle, die wir auf Christus Jesus getauft sind, die sind in seinen Tod getauft? So sind wir ja mit ihm begraben durch die Taufe in den Tod, damit, wie Christus auferweckt ist von den Toten durch die Herrlichkeit des Vaters, so auch wir in einem neuen Leben wandeln. »
Français — TOB
« Ou bien ignorez-vous que, baptisés en Jésus Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ? Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle. »
1 Corinthiens 11,23-26 — récit paulinien d'institution
Grec — NA28
ἐγὼ γὰρ παρέλαβον ἀπὸ τοῦ κυρίου, ὃ καὶ παρέδωκα ὑμῖν, ὅτι ὁ κύριος Ἰησοῦς ἐν τῇ νυκτὶ ᾗ παρεδίδετο ἔλαβεν ἄρτον καὶ εὐχαριστήσας ἔκλασεν καὶ εἶπεν· τοῦτό μού ἐστιν τὸ σῶμα τὸ ὑπὲρ ὑμῶν· τοῦτο ποιεῖτε εἰς τὴν ἐμὴν ἀνάμνησιν. ὡσαύτως καὶ τὸ ποτήριον μετὰ τὸ δειπνῆσαι λέγων· τοῦτο τὸ ποτήριον ἡ καινὴ διαθήκη ἐστὶν ἐν τῷ ἐμῷ αἵματι· τοῦτο ποιεῖτε, ὁσάκις ἐὰν πίνητε, εἰς τὴν ἐμὴν ἀνάμνησιν.
Latin — Vulgate
Ego enim accepi a Domino quod et tradidi vobis, quoniam Dominus Jesus in qua nocte tradebatur, accepit panem, et gratias agens fregit, et dixit : Accipite, et manducate : hoc est corpus meum, quod pro vobis tradetur : hoc facite in meam commemorationem. Similiter et calicem, postquam coenavit, dicens : Hic calix novum testamentum est in meo sanguine. Hoc facite quotiescumque bibetis, in meam commemorationem.
Allemand — Lutherbibel 2017
« Denn ich habe von dem Herrn empfangen, was ich euch weitergegeben habe: Der Herr Jesus, in der Nacht, da er verraten ward, nahm er das Brot, dankte und brach's und sprach: Das ist mein Leib für euch; das tut zu meinem Gedächtnis. Desgleichen nahm er auch den Kelch nach dem Mahl und sprach: Dieser Kelch ist der neue Bund in meinem Blut; das tut, sooft ihr daraus trinkt, zu meinem Gedächtnis. »
Français — TOB
« Voici en effet ce que moi j'ai reçu du Seigneur, et que je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : "Ceci est mon corps, qui est pour vous, faites ceci en mémoire de moi." Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant : "Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; toutes les fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi." »
Note exégétique : les mots touto poieite eis tēn emēn anamnēsin (« faites ceci en mémoire de moi ») sont absents de Mc et Mt mais présents chez Lc et Paul. La notion d'anamnēsis (mémorial) n'est pas un simple souvenir psychologique mais une actualisation cultuelle, comme dans la Pâque juive (Ex 12,14 ; zikkaron). Cette compréhension est aujourd'hui reçue de manière œcuménique (BEM, Lima 1982, art. 5-13).
Confession d'Augsbourg, article IX — Du baptême
Latin — édition Concordia 1580
De Baptismo docent, quod sit necessarius ad salutem, quodque per Baptismum offeratur gratia Dei, et quod pueri sint baptizandi, qui per Baptismum oblati Deo recipiantur in gratiam Dei. Damnant Anabaptistas, qui improbant baptismum puerorum, et affirmant pueros sine Baptismo salvos fieri.
Allemand — texte parallèle 1530
« Vom Taufen wird gelehrt, dass sie nötig sei und dass dadurch Gnade angeboten werde; auch dass man die Kinder taufen solle, die durch die Taufe Gott überantwortet und ihm angenehm werden. Darum werden die Wiedertäufer verworfen, die lehren, dass die Kindertaufe nicht recht sei. »
Français — traduction œcuménique
« Du baptême, on enseigne qu'il est nécessaire et qu'à travers lui la grâce est offerte ; il faut aussi baptiser les enfants, qui par le baptême sont remis à Dieu et reçus en sa grâce. C'est pourquoi sont condamnés les Anabaptistes qui rejettent le baptême des enfants et affirment que les enfants peuvent être sauvés sans baptême. »
Référence BSLK : Die Bekenntnisschriften der Evangelisch-Lutherischen Kirche, 12e éd., Göttingen, 1998, p. 63.
Confession d'Augsbourg, article X — De la Cène
Latin — édition Concordia 1580
De Cena Domini docent, quod corpus et sanguis Christi vere adsint et distribuantur vescentibus in Cena Domini; et improbant secus docentes.
Allemand — texte parallèle 1530
« Vom Abendmahl des Herrn wird gelehrt, dass wahrer Leib und Blut Christi wahrhaftig unter der Gestalt des Brotes und Weines im Abendmahl gegenwärtig sei und da ausgeteilt und genommen werde. Derhalben wird auch die Gegenlehre verworfen. »
Français — traduction œcuménique
« De la Cène du Seigneur, on enseigne que le corps et le sang du Christ sont vraiment présents et distribués à ceux qui participent à la Cène ; on condamne ceux qui enseignent autrement. »
Note : le texte allemand original de 1530 ajoute la précision « unter der Gestalt des Brotes und Weines » (sous la figure du pain et du vin), absente du latin. Cette divergence sera l'objet de débats au sein du luthéranisme et entre luthériens et réformés. La Confessio Augustana Variata de 1540, rédigée par Mélanchthon pour faciliter le dialogue avec les réformés, modifiera substantiellement cet article.
Concile de Trente, session XIII (1551) — sur la transsubstantiation
Latin — Decretum de SS. Eucharistia, cap. IV (DH 1642)
Quoniam autem Christus, Redemptor noster, corpus suum id quod sub specie panis offerebat, vere esse dixit, ideo persuasum semper in Ecclesia Dei fuit, idque nunc denuo sancta haec Synodus declarat: per consecrationem panis et vini, conversionem fieri totius substantiae panis in substantiam corporis Christi Domini nostri, et totius substantiae vini in substantiam sanguinis ejus. Quae conversio convenienter et proprie a sancta Catholica Ecclesia transsubstantiatio est appellata.
Français — édition Denzinger-Hünermann
« Or, parce que le Christ notre Rédempteur a dit que ce qu'il offrait sous l'apparence du pain était vraiment son corps, on a toujours cru dans l'Église de Dieu, et ce saint Concile le déclare maintenant à nouveau : par la consécration du pain et du vin, il s'opère une conversion de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ notre Seigneur, et de toute la substance du vin en la substance de son sang. Cette conversion a été appelée de manière convenable et propre, par la sainte Église catholique, transsubstantiation. »
Anglais — édition Schroeder (Canons and Decrees of the Council of Trent, 1978)
"And since Christ our Redeemer declared that to be truly His own body which He offered under the form of bread, it has, therefore, always been a firm belief in the Church of God, and this holy council now declares anew, that by the consecration of the bread and wine a change is brought about of the whole substance of the bread into the substance of the body of Christ our Lord, and of the whole substance of the wine into the substance of His blood. This change the holy Catholic Church properly and appropriately calls transubstantiation."
Référence : Conc. Trid., sessio XIII, c. 4 (11 octobre 1551). Denzinger-Hünermann, n° 1642.
Catéchisme de Heidelberg, question 75 — sur la Cène
Allemand — Heidelberg 1563
Frage 75. Wie wirst du im heiligen Abendmahl erinnert und versichert, dass du an dem einzigen Opfer Christi am Kreuz und an allen seinen Gütern Anteil hast?
Antwort: So, dass Christus mir und allen Gläubigen befohlen hat, zu seinem Gedächtnis von diesem gebrochenen Brot zu essen und aus diesem Kelch zu trinken. Dabei hat er die folgende Verheißung hinzugefügt: Erstens, dass sein Leib so gewiss für mich am Kreuz geopfert und gebrochen und sein Blut für mich vergossen ist, so gewiss ich mit Augen sehe, dass das Brot des Herrn mir gebrochen und der Kelch mir mitgeteilt wird. Zum andern, dass er selbst meine Seele mit seinem gekreuzigten Leib und vergossenen Blut so gewiss zum ewigen Leben speist und tränkt, so gewiss ich aus der Hand des Dieners das Brot und den Kelch des Herrn als gewisse Wahrzeichen des Leibes und Blutes Christi empfange.
Français — édition Labor et Fides
Question 75. Comment, dans la sainte Cène, te souvient-on et t'assure-t-on que tu participes à l'unique sacrifice du Christ à la croix et à tous ses biens ?
Réponse : Christ m'a ordonné, à moi et à tous les croyants, en sa mémoire, de manger de ce pain rompu et de boire de cette coupe. Il y a ajouté cette promesse : premièrement, qu'aussi certainement que je vois de mes yeux que le pain du Seigneur est rompu pour moi et que la coupe m'est partagée, aussi certainement son corps a été offert et brisé pour moi à la croix, et son sang versé pour moi. Deuxièmement, qu'aussi certainement que je reçois de la main du serviteur le pain et la coupe du Seigneur comme signes assurés du corps et du sang du Christ, aussi certainement le Christ lui-même nourrit et abreuve mon âme avec son corps crucifié et son sang versé pour la vie éternelle.
Trente, session XXII (1562) — sur le sacrifice de la messe
Latin — Doctrina de Ss. Missae sacrificio, cap. II (DH 1743)
Et quoniam in divino hoc sacrificio, quod in Missa peragitur, idem ille Christus continetur et incruente immolatur, qui in ara crucis semel se ipsum cruente obtulit: docet sancta Synodus, sacrificium istud vere propitiatorium esse.
Français
« Et puisque, dans ce divin sacrifice qui s'accomplit dans la messe, est contenu et immolé de manière non sanglante ce même Christ qui s'est offert lui-même sur l'autel de la croix une seule fois de manière sanglante, le saint Concile enseigne que ce sacrifice est véritablement propitiatoire. »
Position protestante : Calvin rejette frontalement cette doctrine dans l'Institution IV.18, affirmant qu'elle contredit Hé 7,27 (« il l'a fait une fois pour toutes »). La Confession helvétique postérieure (1566), ch. XXI, condamne explicitement la messe comme sacrifice. La Déclaration commune de 1999 ne traite pas frontalement cette divergence persistante.
BEM (Lima 1982) — extrait sur l'Eucharistie
Anglais — Baptism, Eucharist and Ministry, Lima 1982, Eucharist §5
"The eucharist is the great sacrifice of praise by which the Church speaks on behalf of the whole creation. […] The eucharist is the great thanksgiving to the Father for everything accomplished in creation, redemption and sanctification, for everything accomplished by God now in the Church and in the world in spite of the sins of human beings, for everything that God will accomplish in bringing the Kingdom to fulfilment."
Français — édition Cerf, 1983
« L'Eucharistie est le grand sacrifice de louange par lequel l'Église parle au nom de la création entière. […] L'Eucharistie est la grande action de grâces au Père pour tout ce qui a été accompli dans la création, la rédemption et la sanctification, pour tout ce que Dieu accomplit maintenant dans l'Église et dans le monde malgré les péchés des humains, et pour tout ce que Dieu accomplira lorsqu'il portera le Royaume à son accomplissement. »
Référence : Baptême, Eucharistie, Ministère — Convergence de la foi, Lima : COE, 1982. Édition française : Paris : Cerf / Centurion, 1983.
Calvin, Institution chrétienne IV.17.10 — la présence réelle spirituelle
Texte central pour la compréhension de la doctrine eucharistique calvinienne, formulée comme voie médiane entre la transsubstantiation catholique et le mémorialisme zwinglien.
Latin — Institutio christianae religionis (Genève, 1559)
Quod enim distantia loci impedire non potest quominus Christi corpus a fidelibus comprehendatur, virtute Spiritus Sancti fit, qui caelum et terram connectit. Etsi enim incomprehensibile sit modo, quo nobis carnem suam in cibum dat, sentiamus tamen ipsam in cibum vere conferri. Quod si quis quaerat, an etiam realis sit illa praesentia, respondebo realem esse, sed non corporalem; coelestem, sed non terrenam; spiritualem, sed non phantasticam.
Français — Institution de la religion chrestienne (Genève, 1560, traduction de Calvin lui-même)
« Car ce que la distance des lieux ne peut empescher que le corps de Christ ne nous soit donné, cela se fait par la vertu du Sainct Esprit, lequel conioint les choses qui sont séparées par les espaces du monde. Et combien que la maniere par laquelle il nous donne sa chair à manger soit incompréhensible, néantmoins sentons que sa chair nous est vrayement présentée en nourriture. Que si quelqu'un demande si la présence est réelle, ie respondray qu'elle est réelle, mais non point corporelle ; céleste, mais non terrestre ; spirituelle, mais non fantastique. »
Anglais — édition Battles (Library of Christian Classics, 1960)
"The distance of place does not prevent Christ's body from being given to us, since this is done by the power of the Holy Spirit, who joins together things separated by spaces of the world. Although the manner in which he gives us his flesh to eat be incomprehensible, we nevertheless perceive that it is truly given to us as food. And if someone asks whether this presence is real, I shall reply that it is real, but not corporeal; heavenly, but not earthly; spiritual, but not phantastical."
Référence : Calvin, Inst. IV.17.10 (1559). Calvini Opera (CO), vol. II, col. 1009. Pour la position calvinienne complète, voir Inst. IV.17 intégralement (Petite communion, 32 articles).
Catéchisme de Westminster (Shorter), Q. 96–97 — la Cène
Articles essentiels du Westminster Shorter Catechism (1647) sur le sacrement de la Cène, condensant la doctrine presbytérienne de la communion eucharistique.
Anglais — texte original (Westminster, 1647)
Q. 96. What is the Lord's supper?
A. The Lord's supper is a sacrament, wherein, by giving and receiving bread and wine, according to Christ's appointment, his death is shewed forth; and the worthy receivers are, not after a corporal and carnal manner, but by faith, made partakers of his body and blood, with all his benefits, to their spiritual nourishment, and growth in grace.
Q. 97. What is required to the worthy receiving of the Lord's supper?
A. It is required of them that would worthily partake of the Lord's supper, that they examine themselves of their knowledge to discern the Lord's body, of their faith to feed upon him, of their repentance, love, and new obedience; lest, coming unworthily, they eat and drink judgment to themselves.
Français — traduction de référence
Q. 96. Qu'est-ce que la Cène du Seigneur ?
R. La Cène du Seigneur est un sacrement par lequel, en donnant et en recevant du pain et du vin selon l'institution du Christ, sa mort est annoncée ; et ceux qui le reçoivent dignement deviennent participants, non d'une manière corporelle et charnelle, mais par la foi, de son corps et de son sang, avec tous ses bienfaits, pour leur nourriture spirituelle et leur croissance dans la grâce.
Q. 97. Qu'est-il requis pour recevoir dignement la Cène du Seigneur ?
R. Il est requis de ceux qui veulent participer dignement à la Cène du Seigneur, qu'ils s'examinent eux-mêmes : de leur connaissance pour discerner le corps du Seigneur, de leur foi pour s'en nourrir, de leur repentance, de leur amour, et de leur nouvelle obéissance ; de peur que, venant indignement, ils ne mangent et boivent leur propre condamnation.
Référence : The Westminster Shorter Catechism (1647), Q. 96-97. Westminster Confession of Faith and Catechisms, Free Presbyterian Publications, Glasgow, 2008. Cf. 1 Co 11,23-29 (citation explicite par Westminster).
Hippolyte de Rome, Traditio apostolica 21 — rituel baptismal primitif (vers 215)
La Tradition apostolique, attribuée à Hippolyte de Rome (vers 170–235), constitue notre plus ancien témoignage détaillé du rituel baptismal romain. Le chapitre 21 décrit le déroulement de l'initiation chrétienne (catéchuménat, baptême, chrismation, eucharistie).
Latin — version latine de Vérone (Vᵉ s.)
Cum autem ad aquam venerint, sit aqua munda, fluens. Et sic, exuti vestimentis suis, baptizentur prius infantes. Et omnes qui possunt loqui pro semet ipsis loquantur; qui autem non possunt, parentes eorum pro eis loquantur aut aliquis ex propinquitate eorum. Postea baptizentur viri, novissime mulieres, omnes solutis crinibus suis, anulis aureis depositis quos habent.
Français — édition Bernard Botte (Sources Chrétiennes 11 bis, 2e éd. 1968)
« Quand ils seront arrivés à l'eau, que l'eau soit pure et coulante. Et qu'ainsi, dépouillés de leurs vêtements, soient d'abord baptisés les enfants. Et tous ceux qui peuvent parler pour eux-mêmes, qu'ils parlent ; ceux qui ne le peuvent pas, que leurs parents parlent pour eux ou bien quelqu'un de leur famille. Puis qu'on baptise les hommes, et en dernier lieu les femmes, toutes les cheveux dénoués et les anneaux d'or qu'elles portent ayant été déposés. »
Anglais — édition Alistair Stewart (St Vladimir's Seminary Press, 2001)
"When they come to the water, the water shall be pure and flowing. And thus, having removed their clothing, the children shall be baptised first. And all who can speak for themselves shall do so; those who cannot, their parents or someone from their family shall speak for them. Then the men shall be baptised, and last the women, all of them with their hair loose, having put aside the gold rings they wear."
Référence : Traditio apostolica (anciennement attribuée à Hippolyte de Rome, attribution discutée depuis les années 1990), c. 21, 3-5. Édition critique : Bernard Botte, La Tradition apostolique de saint Hippolyte. Essai de reconstitution, Münster : Aschendorff, 1963 ; Sources Chrétiennes 11 bis, Paris : Cerf, 1968.
Note critique : ce texte présente le plus ancien témoignage explicite du baptême des enfants dans la tradition latine. Il atteste également la pratique de l'immersion (« eau coulante »), de la nudité rituelle, de la triple immersion (au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit) suivie de la chrismation et de l'eucharistie. Les baptistes contemporains contestent que ce témoignage atteste un paedobaptisme universel, soulignant qu'« infantes » pourrait désigner les jeunes enfants déjà capables de répondre, non les nouveau-nés.
Vatican II, Sacrosanctum Concilium 47 (1963) — l'Eucharistie selon Vatican II
Article emblématique de la constitution conciliaire sur la liturgie, reformulant la doctrine catholique de l'Eucharistie en intégrant les acquis du mouvement liturgique du XXᵉ siècle.
Latin — Acta Apostolicae Sedis 56 (1964), 113
Salvator noster, in Cena novissima, qua nocte tradebatur, Sacrificium Eucharisticum Corporis et Sanguinis sui instituit, quo Sacrificium Crucis in saecula, donec veniret, perpetuaret, atque adeo Ecclesiae dilectae Sponsae memoriale concrederet Mortis et Resurrectionis suae: sacramentum pietatis, signum unitatis, vinculum caritatis, convivium paschale, in quo Christus sumitur, mens impletur gratia et futurae gloriae nobis pignus datur.
Français — édition officielle (Documentation catholique, 1964)
« Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il fut livré, institua le sacrifice eucharistique de son corps et de son sang, pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles jusqu'à ce qu'il vienne, et pour confier ainsi à son Église, son épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l'amour, signe de l'unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est consommé, l'âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné. »
Anglais — Vatican translation
"At the Last Supper, on the night when He was betrayed, our Saviour instituted the eucharistic sacrifice of His Body and Blood. He did this in order to perpetuate the sacrifice of the Cross throughout the centuries until He should come again, and so to entrust to His beloved spouse, the Church, a memorial of His death and resurrection: a sacrament of love, a sign of unity, a bond of charity, a paschal banquet in which Christ is consumed, the mind is filled with grace, and a pledge of future glory is given to us."
Référence : Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium 47 (4 décembre 1963). AAS 56 (1964), p. 113. Citation classique de Thomas d'Aquin, Summa Theologiae III, q. 73, a. 4, antienne de l'office de la Fête-Dieu.
Lecture œcuménique : ce texte conserve le terme sacrificium (sacrifice) tout en l'articulant désormais avec le memoriale (mémorial) selon une perspective historico-théologique élargie. Les Églises protestantes contemporaines (notamment dans la Déclaration commune sur la justification, 1999) reconnaissent cette évolution comme un rapprochement substantiel, sans encore résoudre toutes les divergences doctrinales sur le caractère propitiatoire du sacrifice eucharistique.
📚 Glossaire
Sacrement
sacramentum — signe sacré
Rite visible institué par le Christ associant un signe externe et une promesse divine. Protestant : 2 sacrements (baptême + Cène). Catholique/orthodoxe : 7 sacrements/mystères.
Mt 28,19 ; 1 Co 11,23-26Ex opere operato
lat. : par l'effet de l'acte accompli
Position catholique : les sacrements confèrent la grâce par le seul fait de leur administration valide, indépendamment du mérite du ministre ou du recevant (pourvu que ce dernier n'y mette pas d'obstacle).
DH 1608 ; CEC 1128Transsubstantiation
transsubstantiatio
Conversion de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang du Christ à la consécration. Définie au Concile de Trente (Session XIII, 1551). Non : annihilation ou impanation, mais conversion.
DH 1636–1661In, cum et sub
lat. : dans, avec et sous
Formule luthérienne décrivant la présence du corps et du sang du Christ dans la Cène — dans, avec et sous le pain et le vin. ≠ Transsubstantiation (la substance du pain reste). Présence réelle sans conversion de substance.
FC VII/VIIICredo-baptisme
βάπτισμα + credo
Position anabaptiste et baptiste : seuls les croyants confessants peuvent être baptisés. Le baptême est un témoignage public de foi préalable, non la cause de la régénération. Contre le pédobaptisme (baptême des nourrissons).
Ac 2,38 ; Mc 16,16📚 Bibliographie complète
La bibliographie thématique de ce module (43 références SBL) a été intégrée à la bibliographie générale, section XXVII (par module). Pour les ressources transversales, voir aussi les sections I–XXVI.
✠ Protestant
Combien de sacrements le protestantisme reconnaît-il et lesquels ?
↩
✓
Deux sacrements institués par le Christ : le baptême (Mt 28,19) et la Cène du Seigneur (1 Co 11,23-26). Critère : institution explicite par le Christ + promesse de grâce.
✟ Catholique
Que signifie ex opere operato ?
↩
✓
Position catholique : les sacrements confèrent la grâce par le seul fait de leur administration valide — indépendamment du mérite du ministre. Le ministre peut être indigne sans affecter la validité. Fondée par Trente contre Wyclif.
⚡ Cène
Quelle est la différence entre la position de Luther et celle de Calvin sur la Cène ?
↩
✓
Luther : présence réelle corporelle (in, cum et sub le pain et le vin). Calvin : présence réelle spirituelle — l'Esprit élève les cœurs au Christ glorifié (sursum corda). Les deux contre Zwingli (simple mémorial).
✟ Transsubstantiation
Qu'est-ce que la transsubstantiation ?
↩
✓
Conversion de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang du Christ à la consécration. Les accidents (apparences) restent. Définie à Trente (Session XIII, 1551). DH 1636–1661.
🕊 Anabaptiste
Qu'est-ce que le credo-baptisme ?
↩
✓
Position anabaptiste et baptiste : seuls les croyants confessants peuvent être baptisés. Le baptême témoigne d'une foi préalable — il n'en est pas la cause. Contre le pédobaptisme (baptême des nourrissons).
🌍 Œcuménisme
Qu'est-ce que le BEM (1982) ?
↩
✓
Document de convergence œcuménique du COE (Genève, 1982) sur le Baptême, l'Eucharistie et le Ministère. Premier texte à rassembler catholiques, orthodoxes et protestants sur une théologie sacramentaire commune. Non contraignant.
🏛 Zwingli
Quelle est la position de Zwingli sur la Cène ?
↩
✓
Le pain et le vin sont des signes mémoriaux — ils rappellent et proclament la mort du Christ, mais ne la rendent pas présente. Est = significat. 1 Co 11,26 : vous annoncez la mort du Seigneur.
🤝 Leuenberg
Que dit l'Accord de Leuenberg (1973) sur la Cène ?
↩
✓
Accord entre Églises luthériennes et réformées européennes établissant une pleine communion malgré les divergences sacramentaires héritées de Marbourg (1529). Fondé sur une compréhension commune de l'Évangile — non sur une doctrine sacramentaire identique.
Quatre positions structurent le débat depuis le Colloque de Marbourg (1529).
Transsubstantiation catholique (Trente, 1551) : conversion de la substance du pain et du vin en corps et sang du Christ. Les accidents (apparences) restent. La messe est un sacrifice propitiatoire renouvelant celui du Calvaire.
Présence réelle corporelle luthérienne (in, cum et sub) : le corps et le sang sont réellement présents dans et avec le pain et le vin — sans conversion de substance. Fondée sur Lc 22,19 pris littéralement.
Présence spirituelle calvinienne : le Christ est réellement présent, mais spirituellement — l'Esprit Saint élève les cœurs au Christ glorifié. Position dite 'virtualiste' ou 'dynamique'.
Mémorialisme zwingliien : la Cène est un mémorial et une proclamation — elle ne rend pas le Christ présent, elle rappelle et annonce sa mort (1 Co 11,26). Est = significat.
Réf. : Gerrish, Brian. Grace and Gratitude (T&T Clark, 1993) ; Grosse, Christian. Les rituels de la Cène (Droz, 2008) [UNIGE].
Les défenseurs du pédobaptisme (luthériens, réformés) avancent : (1) l'analogie avec la circoncision (Col 2,11-12 — le baptême est la circoncision chrétienne) ; (2) les baptêmes de maisons dans les Actes (Ac 16,15.33) incluent probablement des enfants ; (3) la parole de Jésus : 'laissez les enfants venir à moi' (Mt 19,14) ; (4) le caractère de don unilatéral de la grâce — l'enfant ne peut pas 'mériter' le baptême, et c'est là sa signification théologique.
Les défenseurs du credo-baptisme (baptistes, anabaptistes) avancent : (1) tout texte biblique sur le baptême présuppose une foi préalable (Mc 16,16 ; Ac 2,38) ; (2) la Nouvelle Alliance est une alliance de régénérés, non de nés dans une famille ; (3) le baptême des nourrissons confond l'Église visible et la famille naturelle.
Réf. : Beasley-Murray, G.R. Baptism in the New Testament (Eerdmans, 1962) ; Jewett, Paul K. Infant Baptism and the Covenant of Grace (Eerdmans, 1978).
Sacrements
6 questions
Q1/6
Combien de sacrements le protestantisme classique reconnaît-il ?
💡
Le protestantisme classique reconnaît deux sacrements institués par le Christ : le baptême (Mt 28,19) et la Cène (1 Co 11,23-26). Critère : institution explicite par le Christ + promesse de grâce attachée.Q2/6
Que signifie in, cum et sub dans la théologie luthérienne de la Cène ?
💡
La formule luthérienne in, cum et sub décrit la présence réelle corporelle du Christ dans la Cène — dans, avec et sous le pain et le vin. Distincte de la transsubstantiation (la substance du pain reste) mais affirmant une présence réelle mystérieuse.Q3/6
Quelle est la position de Calvin sur la présence du Christ dans la Cène ?
💡
Calvin défend une présence réelle spirituelle — le Christ est réellement présent à la Cène, mais spirituellement et célestement. L'Esprit Saint est l'organe de cette présence : il élève les cœurs (sursum corda) au Christ glorifié à la droite du Père. Distincte de Luther (corporelle) et de Zwingli (mémoriale).Q4/6
La transsubstantiation a été définie dogmatiquement à quel concile ?
💡
Le terme transsubstantiation est adopté par Latran IV (1215) mais la définition dogmatique complète est donnée au Concile de Trente, Session XIII (1551). DH 1636–1661.Q5/6
Qu'est-ce que le BEM (1982) ?
💡
BEM = Baptême, Eucharistie et Ministère. Document de convergence œcuménique publié par le COE à Genève (1982). Premier texte rassemblant catholiques, orthodoxes et protestants sur une théologie sacramentaire commune. Non contraignant mais fondateur.Q6/6
Le credo-baptisme affirme que :
💡
Le credo-baptisme (anabaptistes, baptistes) affirme que seuls les croyants confessants peuvent être baptisés. Le baptême est un témoignage public de foi préalable — non la cause de la régénération. Ac 2,38 : repentez-vous ET soyez baptisés.Score
🎓 Studio interactif — Sacrements
40 cartes sur le baptême, la Cène, les quatre positions eucharistiques, le colloque de Marbourg et l'œcuménisme sacramentel. Navigation clavier (← → A R).
Sacrement
signum visibile invisibilis gratiae
Cliquer pour révéler« signe visible de la grâce invisible »
Définition classique d'Augustin reçue par toutes les grandes traditions (catholique, orthodoxe, protestante). Trois éléments constitutifs : un signe matériel (eau, pain, vin), une parole (l'institution), une grâce promise. Le sacrement n'est pas seulement signe : il réalise ce qu'il signifie pour ceux qui le reçoivent par la foi.
Augustin, Tract. in Ioh. LXXX,3
Septénaire scolastique
7 sacrements catholiques
Cliquer pour révélerbaptême, confirmation, eucharistie, pénitence, mariage, ordre, onction
Fixé par Pierre Lombard (Sentences IV, vers 1150), définitivement par Trente (session VII, 1547, can. 1). Les orthodoxes parlent plutôt de « 7 saints mystères » avec la même liste mais sans clôture stricte. La théologie scolastique ajoute le concept d'ex opere operato.
Lombard, Sent. IV ; Trente VII (1547)
Binôme protestant
2 sacrements
Cliquer pour révélerbaptême et Cène, seuls institués par le Christ
Critères protestants : 1) institution explicite par le Christ, 2) signe visible matériel, 3) promesse de grâce attachée. Augustana XIII. Les 5 autres (confirmation, pénitence, ordre, mariage, onction) sont reconnus comme rites mais non sacrements. Le luthéranisme garde parfois la confession privée comme rite, sans statut sacramentel.
Augustana XIII ; CHP XIX
Ex opere operato
vs opere operantis
Cliquer pour révélerla grâce sacramentelle ne dépend pas de la sainteté du ministre
Doctrine scolastique catholique : le sacrement produit sa grâce par le fait même qu'il est valablement administré (ex opere operato), non par le mérite du ministre ni par la dévotion du receveur (opere operantis). Les protestants reçoivent partiellement (validité indépendante du ministre) mais insistent sur la nécessité de la foi du receveur.
Trente VII, can. 8 ; Augustana XIII
Verbum addit elemento
« la parole s'ajoute à l'élément »
Cliquer pour révélerla parole d'institution fait du signe un sacrement
Augustin : « Accedit verbum ad elementum et fit sacramentum » (Tract. in Ioh. LXXX,3) : « la parole s'ajoute à l'élément et il devient sacrement ». Sans la parole d'institution (paroles consécratoires), l'eau, le pain et le vin restent des éléments ordinaires. Luther insiste sur ce principe.
Augustin, Tract. in Ioh. LXXX,3
Pédobaptisme
baptême des enfants
Cliquer pour révélerle baptême des enfants de croyants
Position de la grande majorité des traditions chrétiennes (catholiques, orthodoxes, luthériens, réformés, anglicans, méthodistes). Arguments : alliance abrahamique élargie (Col 2,11-12), baptêmes de maisonnées dans Actes (16,15.33 ; 1 Co 1,16), pratique attestée dès le IIe s. (Justin, Irénée, Origène, Tertullien).
Ac 16,15.33 ; Col 2,11-12
Crédobaptisme
baptême des croyants
Cliquer pour révélerle baptême réservé aux confessants adultes
Position des anabaptistes (Schleitheim 1527), baptistes (Londres 1689), évangéliques. Arguments : foi requise dans Ac 2,38 et Ac 8,37 ; pas de baptême d'enfants explicite dans le NT ; rupture nécessaire avec l'« Église territoriale ». Baptême par immersion souvent privilégié pour signifier l'ensevelissement avec Christ (Rm 6,3-4).
Schleitheim 1527 ; Londres 1689
Modes baptismaux
immersion / aspersion / infusion
Cliquer pour révélertrois pratiques licites, valeur égale
Immersion : pratique des baptistes, des pentecôtistes, ressentie aussi par les orthodoxes (triple immersion). Aspersion : eau projetée. Infusion : eau versée sur le front (usage le plus répandu en Occident). Tous trois reçus dans la Didachè (vers 100) selon la possibilité matérielle. La validité du baptême ne dépend pas du mode mais des paroles trinitaires.
Didachè 7,1-3 (vers 100)
Anamnèse
ἀνάμνησις
Cliquer pour révéler« faites ceci en mémoire de moi »
Lc 22,19 ; 1 Co 11,24-25. ἀνάμνησις n'est pas un simple « souvenir psychologique » (Zwingli accusé à tort) mais une « actualisation mémoriale » biblique (cf. Pâque juive). Concept central du BEM (Lima 1982) : il permet de réconcilier les traditions au-delà du débat présence/mémorial.
Lc 22,19 ; 1 Co 11,24-25 ; BEM 1982
Épiclèse
ἐπίκλησις
Cliquer pour révélerl'invocation de l'Esprit sur les éléments et l'assemblée
Élément central des liturgies orientales : prière demandant à l'Esprit de venir sur les éléments et les fidèles. Discret en Occident jusqu'à Vatican II, qui le restaure (Sacrosanctum Concilium 47). Reçue dans plusieurs liturgies protestantes contemporaines (Église de Suède, Réformés français, Église réformée vaudoise).
Liturgies orientales ; SC 47 (1963)
Sacrifice eucharistique
divergence majeure
Cliquer pour révélerpoint de divergence catholique-protestant
Catholiques : l'eucharistie est un sacrifice réel mais non sanglant du Christ, actualisant l'unique sacrifice de la croix (Trente XXII, 1562). Protestants : la croix est l'unique sacrifice (He 7,27 ; 9,28 ; 10,12) ; la Cène est mémorial et action de grâces. BEM (1982) : convergence sur le « sacrifice de louange et de remerciement » (sacrifice eucharistique au sens étymologique).
Trente XXII (1562) ; He 10,12 ; BEM 1982
Communion sous les deux espèces
pain et vin pour les laïcs
Cliquer pour révélerrestitution protestante de la Cène complète
Le concile de Constance (1415) avait restreint la communion des laïcs au pain seul. La Réforme restitue le calice à tous (Hus l'avait revendiqué dès 1414). Trente XXI (1562) maintient l'usage latin. Vatican II et les réformes liturgiques post-conciliaires (1963-1969) restaurent en principe la communion sous les deux espèces dans le rite catholique latin.
Constance 1415 ; Vatican II 1963
Transsubstantiation
catholique romaine
Cliquer pour révélerla substance du pain et du vin devient le corps et le sang du Christ
Doctrine fixée à Latran IV (1215), définie à Trente XIII (1551). Cadre aristotélicien (Thomas d'Aquin) : la substance change, les accidents (apparence, goût, dimensions) demeurent. La conversion est instantanée à la prière consécratoire. Le pain n'est plus pain, le vin n'est plus vin, mais le Christ « vraiment, réellement, substantiellement ».
Latran IV 1215 ; Trente XIII (1551)
Union sacramentelle
luthérienne
Cliquer pour révélerle Christ est présent « in, cum, et sub » le pain et le vin
Présence réelle corporelle du Christ « in, cum, et sub pane et vino » (dans, avec et sous le pain et le vin), sans transsubstantiation. Le pain reste pain ; le vin reste vin. Souvent appelée « consubstantiation », terme que Luther rejetait. Fondement christologique : ubiquité du corps glorifié.
Formule de Concorde VII (1577)
Présence réelle spirituelle
réformée (calvinienne)
Cliquer pour révélerprésence réelle par l'Esprit, sans présence corporelle locale
Calvin (Institutio IV,17,10) : la Cène opère une communion réelle au corps et au sang du Christ, mais par l'Esprit qui élève le croyant vers le Christ glorifié au ciel (sursum corda). Le Christ n'est pas « descendu » dans les éléments, mais nous sommes « élevés » vers lui. Voie médiane entre Luther et Zwingli.
Institutio IV,17,10 (1559)
Mémorial
zwinglien (souvent caricaturé)
Cliquer pour révélerla Cène comme commémoration et confession publique
Zwingli (Commentarius de vera et falsa religione, 1525). Souvent caricaturé en « simple souvenir » ; en réalité Zwingli affirme une présence spirituelle du Christ et une communion ecclésiale. La Cène est aussi mémorial et confession publique. Reçue par certains baptistes, congrégationalistes, anabaptistes.
Zwingli, Commentarius (1525)
Réceptionnisme
anglican classique
Cliquer pour révélerle Christ est reçu réellement par la foi
Cranmer, 39 Articles XXVIII-XXIX. Position proche du calvinisme : présence réelle du Christ, reçue uniquement par les fidèles (per fidem). Les indignes reçoivent les éléments matériels mais non le Christ. Via media anglicane. Refus explicite de la transsubstantiation comme « répugnant aux paroles claires de l'Écriture » (Art. XXVIII).
39 Articles XXVIII (1571)
Extra calvinisticum
le « hors-de-Calvin »
Cliquer pour révélerle Christ ressuscité n'est pas enfermé dans son humanité
Doctrine christologique de la tradition réformée : le Logos divin, même incarné, ne s'est pas épuisé dans la chair humaine du Christ. Le terme « extra calvinisticum » a été créé par les théologiens luthériens pour critiquer la position calvinienne. Conséquence eucharistique : le corps glorifié du Christ reste localisé au ciel (finitum non capax infiniti).
Calvin, Institutio II,13,4 ; IV,17,30
Finitum non capax infiniti
axiome réformé
Cliquer pour révéler« le fini ne peut contenir l'infini »
Axiome christologique réformé : la chair humaine du Christ (créée, finie) ne peut « contenir » la divinité (incréée, infinie). Conséquence pour l'eucharistie : le pain et le vin (finis) ne peuvent contenir localement le corps glorifié du Christ. Position luthérienne opposée : finitum capax infiniti, conduisant à l'ubiquité du corps du Christ.
Calvin ; tradition réformée
Tradition anglicane
via media eucharistique
Cliquer pour révélerune voie entre Rome et Genève
Position anglicane élisabéthaine : présence réelle reçue par la foi (réceptionnisme), célébration eucharistique fréquente, retient l'épiclèse, refuse la transsubstantiation et le sacrifice propitiatoire. Le BCP (1662) parle de « real, true, but spiritual presence ». L'Église catholique anglicane (Anglo-catholiques, XIXe s.) accentue le pôle catholique sans aller jusqu'à Rome.
39 Articles XXVIII-XXIX ; BCP 1662
Matthieu 28,19
la grande commission baptismale
Cliquer pour révéler« baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »
« βαπτίζοντες αὐτοὺς εἰς τὸ ὄνομα τοῦ Πατρὸς καὶ τοῦ Υἱοῦ καὶ τοῦ Ἁγίου Πνεύματος ». Formule trinitaire (au singulier : « le nom », un seul Nom pour trois Personnes). Référence canonique commune à toutes les traditions chrétiennes pour la validité du baptême.
Mt 28,19 ; Didachè 7,1
Romains 6,3-4
théologie paulinienne du baptême
Cliquer pour révélerbaptême comme participation à la mort et résurrection du Christ
« Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. » Fondement néotestamentaire majeur de la théologie baptismale (mort-résurrection avec Christ). Argument crucial pour l'immersion.
Rm 6,3-4 ; Col 2,12
1 Corinthiens 11,23-26
le récit paulinien d'institution
Cliquer pour révélerle récit liturgique le plus ancien de la Cène
« τοῦτό μού ἐστιν τὸ σῶμα » (« ceci est mon corps »). Ce texte (vers 53-54), antérieur aux évangiles, transmet la tradition reçue par Paul. Présenté comme parádosis (transmission) liturgique. Fondement de toutes les anaphores eucharistiques. Mots-clés débattus : ἐστιν (« est »), ἀνάμνησις (« mémoire »).
1 Co 11,23-26
Augustana IX-X
baptême et Cène, 1530
Cliquer pour révélerles locus classici luthériens
IX (Du baptême) : « Du baptême, nous enseignons qu'il est nécessaire, que la grâce y est offerte, et qu'il faut baptiser les enfants. » X (De la Cène) : « Le vrai corps et le vrai sang du Christ sont réellement présents sous l'espèce du pain et du vin et y sont distribués et reçus dans la Sainte Cène. » Position luthérienne fondatrice.
CA IX-X (1530)
Heidelberg Q75
sur la Cène
Cliquer pour révélercomment la Cène témoigne de la communion au Christ
« Comment t'est-il rappelé et confirmé dans la Sainte Cène que tu participes à l'unique sacrifice du Christ accompli à la croix, et à tous ses bienfaits ? » Réponse : « En ce que le Christ m'a commandé de manger ce pain rompu et de boire de cette coupe en mémoire de lui… » Texte de référence de la sacramentaire calvinienne.
Catéchisme de Heidelberg Q75 (1563)
Institutio IV,17,10
la présence réelle spirituelle
Cliquer pour révélerla formulation calvinienne classique
« Quand donc nous voyons les signes ordonnés par le Seigneur, il faut conclure que la vérité y est avec eux conjointe… j'avoue que ce mystère surpasse la mesure de mon esprit ; mais plutôt je l'expérimente que je ne le comprends. » Calvin assume le mystère. Texte fondateur de la théologie sacramentelle réformée.
Institutio IV,17,10 (1559)
Westminster Shorter Q96-97
sur la Cène
Cliquer pour révélerla formulation presbytérienne pédagogique
Q96 : « Qu'est-ce que la Cène ? — Un sacrement où, par l'usage du pain et du vin selon l'ordonnance du Christ, sa mort est annoncée ; les fidèles, dignement, ne sont pas alimentés corporellement et charnellement, mais par la foi, du corps et du sang du Christ, pour leur nourriture spirituelle et leur croissance en grâce. »
Westminster Shorter Catechism Q96-97
Trente, session XIII
la transsubstantiation, 1551
Cliquer pour révélerla définition dogmatique catholique
« Per consecrationem panis et vini conversionem fieri totius substantiae panis in substantiam corporis Christi… quae conversio convenienter et proprie a sancta catholica Ecclesia transsubstantiatio est appellata » (DH 1642). Canon 1 : anathème contre ceux qui nient la présence vraie, réelle et substantielle.
Trente XIII, cap. IV ; DH 1642
Hippolyte, Traditio apostolica
vers 215
Cliquer pour révélerle plus ancien rituel sacramentel chrétien complet
Attribuée à Hippolyte de Rome. Décrit le rituel baptismal (immersion, triple confession, onction, signature) et eucharistique de Rome au IIIe s. La prière eucharistique d'Hippolyte (chap. 4) a directement inspiré la prière eucharistique II de Paul VI (1969) — pont œcuménique majeur.
Traditio apostolica (vers 215)
Augustin d'Hippone
354–430
Cliquer pour révélerle théoricien classique du signe sacramentel
Évêque d'Hippone. Définition reçue par tout l'Occident : « accedit verbum ad elementum et fit sacramentum » (Tract. in Ioh. LXXX,3). Distingue signum (signe) et res (réalité). Polémique avec les donatistes : la validité du sacrement dépend de la valable institution, non de la sainteté du ministre. Fondement de la sacramentaire occidentale.
Tract. in Ioh. LXXX,3 ; De doctrina christiana
Thomas d'Aquin
1225–1274
Cliquer pour révélerle théologien classique de la transsubstantiation
Dominicain, docteur de l'Église. Somme théologique III, qq. 73-83. Élabore la doctrine eucharistique dans le cadre aristotélicien : conversion substantielle des éléments, accidents demeurant. Hymne Pange lingua et Tantum ergo. Référence absolue pour la théologie eucharistique catholique romaine.
ST III, qq. 73-83 ; Pange lingua
Ulrich Zwingli
1484–1531 · Zurich
Cliquer pour révélerle réformateur de la Cène commémorative
Pasteur du Grossmünster de Zurich. Commentarius de vera et falsa religione (1525), De convivio dominico (1525). Lecture symbolique d'ἐστιν (« est » = « signifie »). Adversaire de Luther à Marbourg (1529). Mort à la bataille de Kappel (11 octobre 1531). Plus nuancé que la caricature de « simple mémorial ».
Zwingli, De convivio dominico (1525)
Martin Bucer
1491–1551 · Strasbourg
Cliquer pour révélerl'artisan de la Concorde de Wittenberg (1536)
Réformateur dominicain converti, à Strasbourg. Tente de réconcilier Luther et Zwingli. Auteur de la Concorde de Wittenberg (1536) signée par Luther, Mélanchthon et les villes sud-allemandes. Modèle d'esprit conciliant. Influence durable sur Calvin et sur l'anglicanisme (lié à Cranmer à Cambridge dès 1549). Référence pour l'œcuménisme.
Concorde de Wittenberg (1536)
Thomas Cranmer
1489–1556
Cliquer pour révélerarchitecte de la sacramentaire anglicane
Archevêque de Cantorbéry sous Henri VIII et Édouard VI. Auteur du Book of Common Prayer (1549, révisé 1552). Defence of the True and Catholic Doctrine of the Sacrament (1550). Position eucharistique évoluant du luthéranisme vers le réceptionnisme proche du calvinisme. Martyr sous Marie Tudor (1556). Style liturgique : prose anglaise classique.
BCP 1549/1552 ; Defence (1550)
Conrad Grebel
1498–1526 · Zurich
Cliquer pour révélerle père de l'anabaptisme suisse
Disciple de Zwingli qui rompt avec lui sur le baptême des enfants. Premier rebaptême adulte (21 janvier 1525, Zollikon ZH). Avec Felix Manz et Georg Blaurock, fonde les « frères suisses ». Modèle du crédobaptisme par confession personnelle. Manz est exécuté en 1527 (noyé dans la Limmat). Origine historique des mennonites et baptistes.
Frères suisses (1525) ; Schleitheim 1527
Max Thurian
1921–1996
Cliquer pour révélerle théologien œcuménique de Taizé devenu catholique
Réformé suisse, sous-prieur de la Communauté de Taizé. L'Eucharistie (1959). Architecte principal du BEM (Lima 1982) côté Foi et Constitution. Ordonné prêtre catholique en 1987 (cas inédit dans la réception œcuménique). Référence majeure de la convergence sacramentaire du XXe siècle.
Thurian, L'Eucharistie (1959) ; BEM 1982
1-4 octobre 1529
colloque de Marbourg
Cliquer pour révélerl'échec de l'union luthériens-zwingliens
Convoqué par Philippe de Hesse pour unir les Protestants face à l'Empereur. Luther et Zwingli s'opposent sur la Cène : Luther écrit à la craie sur la table « Hoc est corpus meum » et refuse de céder. 14 articles d'accord sur 15 ; le 15e (la Cène) reste irréductible. Schisme luthériens-réformés durable jusqu'à Leuenberg (1973).
Marbourg (1-4 octobre 1529)
1549
Consensus Tigurinus
Cliquer pour révélerCalvin-Bullinger : la concorde réformée sur la Cène
« Consensus de Zurich ». Accord entre Calvin (Genève) et Bullinger (Zurich) qui réconcilie les héritages calvinien et zwinglien. Acte fondateur de l'unité du protestantisme réformé. Reconnaissance réciproque des positions sur la présence réelle spirituelle. Permet l'expansion européenne du réformé unifié au XVIe s.
Consensus Tigurinus (1549)
1973
Concorde de Leuenberg
Cliquer pour révélercommunion eucharistique luthériens-réformés européens
Adoptée près de Bâle. Surmonte les condamnations mutuelles luthériens-réformés du XVIe s. sur la Cène. Fondement de la Communion des Églises protestantes en Europe (CEPE/GEKE). 94 Églises en pleine communion (luthériennes, réformées, unies, vaudoises, méthodistes européens). Étape œcuménique majeure.
Leuenberger Konkordie (1973)
15 janvier 1982
BEM, Lima
Cliquer pour révélerBaptême, Eucharistie, Ministère — convergence mondiale
Adopté par la Commission Foi et Constitution du COE à Lima (Pérou). Convergence remarquable entre catholiques (membres consultatifs), orthodoxes, anglicans, protestants sur les trois questions cardinales. Sur l'eucharistie : usage de l'anamnèse comme catégorie réconciliatrice. Reste la référence du dialogue œcuménique mondial.
BEM (Lima, 15 janvier 1982)
📖 Quiz 1 — Notions sacramentelles et baptême
10 questions sur la définition, le nombre des sacrements, le baptême.
Question 1 / 10
Quelle est la définition augustinienne classique du sacrement ?
Question 2 / 10
Combien de sacrements le concile de Trente (1547) fixe-t-il définitivement pour l'Église catholique ?
Question 3 / 10
Quels critères les Réformateurs retiennent-ils pour identifier un sacrement ?
Question 4 / 10
Que signifie ex opere operato ?
Question 5 / 10
Comment Augustin formule-t-il le rapport parole-élément dans le sacrement ?
Question 6 / 10
Quel verset constitue la « grande commission baptismale » ?
Question 7 / 10
Quels sont les trois modes baptismaux licites ?
Question 8 / 10
Quels arguments les pédobaptistes invoquent-ils pour le baptême des enfants ?
Question 9 / 10
Quel verset paulinien fonde la théologie baptismale de la mort-résurrection ?
Question 10 / 10
Qui est le père de l'anabaptisme suisse ?
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10 / 10
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⚙ Quiz 2 — Les positions eucharistiques
8 questions sur le grand schisme sacramentaire et ses 4 positions.
Question 1 / 8
Qu'enseigne la transsubstantiation catholique romaine ?
Question 2 / 8
Comment Luther formule-t-il la présence eucharistique ?
Question 3 / 8
Quelle est la position calvinienne classique sur la Cène ?
Question 4 / 8
Comment caractériser la position zwinglienne sur la Cène ?
Question 5 / 8
Que désigne l'extra calvinisticum ?
Question 6 / 8
Que se passe-t-il au colloque de Marbourg (1-4 octobre 1529) ?
Question 7 / 8
Sur quel point majeur catholiques et protestants divergent-ils encore aujourd'hui sur la Cène ?
Question 8 / 8
Que constate la Concorde de Leuenberg (1973) sur la Cène ?
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8 / 8
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📜 Quiz 3 — Œcuménisme sacramentel
8 questions sur le BEM, les textes confessionnels, l'anamnèse et l'épiclèse.
Question 1 / 8
Que signifie le terme grec ἀνάμνησις en théologie sacramentelle ?
Question 2 / 8
Qu'est-ce que l'épiclèse eucharistique ?
Question 3 / 8
Quel document œcuménique majeur a été adopté à Lima le 15 janvier 1982 ?
Question 4 / 8
Que dit l'article X de la Confession d'Augsbourg (1530) ?
Question 5 / 8
Que dit la Question 75 du Catéchisme de Heidelberg ?
Question 6 / 8
Quel théologien œcuménique réformé est devenu prêtre catholique en 1987 ?
Question 7 / 8
Quel document de 1549 réconcilie Calvin et Bullinger sur la Cène ?
Question 8 / 8
Quel rituel sacramentel chrétien complet le plus ancien est attribué à Hippolyte de Rome ?
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