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Théologies contextuelles — Module 2

Féminisme théologique

Du silence de Tertullien aux cathèdres de Schüssler Fiorenza, la théologie féministe a reformulé les questions fondamentales sur Dieu, le Christ, l'Écriture et l'Église. Un siècle de reconstruction théologique radicale depuis le lieu des femmes.

1960Saiving — article fondateur
1983Schüssler Fiorenza
Mt 28Marie-Madeleine
50%de l'humanité
Ruether
« Le nœud du problème est que les religions patriarcales ont projeté Dieu comme mâle dominant et ont utilisé ce Dieu pour justifier la domination masculine. »
« Mais le Dieu des prophètes est précisément Celui qui renverse les puissants de leurs trônes. »
📚
Schüssler Fiorenza

Définitions et enjeux

La théologie féministe est une discipline académique qui examine les traditions religieuses à partir de la critique des structures de domination de genre, et qui reconstruit la théologie de façon à rendre justice aux expériences, à la voix et à la pleine humanité des femmes. Elle est plurielle — on parle désormais de théologies féministes au pluriel, selon les traditions confessionnelles, les contextes culturels et les intersectionnalités de classe, race, sexualité. Elle n'est pas réductible à une revendication d'égalité sociale : elle engage des questions fondamentales sur Dieu, le Christ, l'Esprit, l'Écriture, l'autorité et l'Église.

1. Précurseurs et premières voix (XIXe — début XXe siècle)

Elizabeth Cady Stanton (1815-1902) publie The Woman's Bible (1895-1898), première tentative systématique de lecture féministe de l'Écriture. Elle identifie les textes utilisés pour légitimer la subordination des femmes et propose des interprétations alternatives. Ignorée par la théologie académique de son temps, elle anticipe les méthodes de Schüssler Fiorenza un siècle plus tard. Mathilde Franziska Anneke et d'autres militantes de la suffragette américaine développent une lecture parallèle.

En Europe, Antoinette Brown Blackwell (1825-1921), première femme ordonnée aux États-Unis (Congrégationaliste, 1853), réfute les arguments pauliniens contre les femmes dans Exegesis of 1 Corinthians XIV and 1 Timothy II (1849). Oberlin College et le mouvement abolitionniste créent les conditions d'une première intégration théologique des femmes.

2. La théologie féministe académique (années 1960-1980)

Valerie Saiving Goldstein (1921-1992) publie en 1960 l'article fondateur « The Human Situation: A Feminine View » (Journal of Religion, 40/2) : elle démontre que la définition du péché comme orgueil et affirmation de soi (Reinhold Niebuhr, Paul Tillich) est construite à partir de l'expérience masculine. Pour les femmes, dont la socialisation produit plutôt la dissolution du soi, l'humilité n'est pas une vertu mais un vice potentiel. Cet article inaugure la critique féministe de la théologie systématique.

Mary Daly (1928-2010), philosophe catholique de Boston College, publie The Church and the Second Sex (1968) — critique interne catholique de la misogynie institutionnelle. Elle radicalise sa position dans Beyond God the Father (1973) : le Dieu patriarcal doit être abandonné ; le féminin comme catégorie ontologique anticipe la déesse. Son Gyn/Ecology (1978) développe une théologie post-chrétienne. Daly représente la limite radicale du spectre féministe.

Rosemary Radford Ruether (née 1936) est la figure centrale du féminisme théologique catholique progressiste. Son Sexism and God-Talk: Toward a Feminist Theology (Boston: Beacon, 1983) est le premier manuel systématique complet. Ruether identifie le « principe prophétique-libérateur » comme norme herméneutique : dans les Évangiles, dans les prophètes, dans la tradition critique de l'Église, une voix se lève toujours pour les marginaux. Sa méthode : récupération sélective de la tradition (le « canon dans le canon »). Sexism and God-Talk traite tour à tour Dieu, le Christ, la création, la christologie, le pneumatologie, l'ecclésiologie et l'eschatologie depuis cette perspective.

Elisabeth Schüssler Fiorenza (née 1938), théologienne catholique d'origine allemande, est la principale exégète féministe du Nouveau Testament. Son In Memory of Her: A Feminist Theological Reconstruction of Christian Origins (New York: Crossroad, 1983) révolutionne l'étude des origines chrétiennes : les femmes (Marie de Magdala, Priscille, Lydie, Phoebé) étaient des leaders, des théologiennes et des fondatrices de communautés dans le mouvement primitif, invisibilisées par la rédaction patriarcale ultérieure. Sa méthode : l'herméneutique du soupçon (tous les textes canoniques sont suspects de biais androcentrique), suivie de l'herméneutique de la remémoration (retrouver les femmes effacées), de l'herméneutique de la proclamation (quels textes peuvent être proclamés aux femmes ?), et de l'herméneutique de la réintégration créative.

Les débats centraux

3. L'ordination des femmes

TraditionPositionArgumentsTextes clés
Réformée / PresbytérienneOrdination accordée (Écosse 1966 ; France 1966 ; États-Unis 1956)Galates 3,28 (plus ni homme ni femme) ; charismes de l'Esprit accordés à tous ; Marie de Magdala comme première apôtreGal 3,28 ; Rm 16,1-7 (Phoebé diaconesse ; Junia apôtre) ; Ac 2,17-18
LuthérienneOrdination accordée (Suède 1960 ; Allemagne 1976 ; USA 1970 — ELCA)Mêmes arguments que les Réformés ; interprétation des textes pauliniens comme contextuels1 Tm 2,11-15 (interprété comme circonstanciel) ; Gal 3,28
AnglicaneDivision : ordination accordée en 1992 (CofE) ; refus d'une partie des évêquesVia media ; plein-emploi des charismes ; argument d'icône du Christ contestéRapport Lambeth 1988 ; Motion synodale 1992
CatholiqueRefus définitif : Inter insigniores (1976) ; Ordinatio sacerdotalis (1994)Tradition du Christ ne choisissant que des hommes ; le prêtre est icône du Christ masculin (in persona Christi) ; Magistère infaillible selon François (?)CIC can. 1024 ; OS (1994, « de façon définitive ») ; Responsum CDF 1995
OrthodoxeRefus de la prêtrise ; débat sur le diaconat fémininTradition immémoriale ; masculinité eucharistique du Christ ; mais : plusieurs synodes orthodoxes discutent le diaconat féminin (Constantinople 2017)Kallistos Ware ; Synaxe des primats 2018 ; Synaxis of Constantinople 2017

4. Le langage sur Dieu — le problème du genre du divin

Mary Daly formule le problème de façon lapidaire : « Si Dieu est mâle, le mâle est Dieu. » Le langage exclusivement masculin sur Dieu — Père, Fils, Seigneur, Roi, Juge — a des effets sociaux réels : il légitime la domination masculine comme ordonnée divinement. Sallie McFague (1933-2019) développe dans Models of God: Theology for an Ecological, Nuclear Age (Philadelphia: Fortress, 1987) une théologie des modèles alternatifs : Dieu comme Mère, Amante, Amie. Ces modèles ne prétendent pas être exhaustifs mais révèlent la distorsion du langage traditionnel. Elizabeth Johnson (née 1941), théologienne catholique, publie She Who Is: The Mystery of God in Feminist Theological Discourse (New York: Crossroad, 1992) — une relecturation systématique de la doctrine de Dieu utilisant le féminin (SHE WHO IS) sans abandonner la tradition apophatique : aucun langage humain n'est adéquat pour Dieu.

La critique conservatrice (Roger Nicole, Wayne Grudem, Thomas Weinandy) : le Père n'est pas un symbole culturel mais une révélation positive de Dieu ; le Christ s'est lui-même adressé à Dieu comme « Père » ; changer ce langage est une infidélité à la révélation. La réponse féministe : Dieu transcende tout genre ; l'Écriture elle-même utilise des images féminines (Dieu comme accoucheuse, Dt 32,18 ; aigle femelle, Dt 32,11 ; mère consolant son enfant, Is 66,13).

5. Christologie féministe

La question centrale : peut un sauveur masculin sauver les femmes ? La réponse dépend de ce qu'on entend par « masculinité ». Carter Heyward (née 1945) développe une christologie relationnelle : Jésus incarne le principe de mutualité et de relation libératrice — cette mutualité est accessible aux femmes. Eleanor McLaughlin identifie des ressources féminines dans la christologie médiévale (Julienne de Norwich : Jésus comme Mère). Virginia Ramey Mollenkott recense les images féminines de Dieu dans la Bible (The Divine Feminine, 1983). Phyllis Trible (née 1932), exégète féministe de l'AT, identifie dans God and the Rhetoric of Sexuality (Philadelphia: Fortress, 1978) les métaphores féminines de Dieu dans l'Ancien Testament : Dieu comme mère (Is 49,15), comme sage-femme (Ps 22,9-10), comme femme cherchant sa pièce de monnaie (Lc 15).

Letty Russell (1929-2007), théologienne réformée, développe dans Human Liberation in a Feminist Perspective: A Theology (Philadelphia: Westminster, 1974) et Church in the Round (Louisville: Westminster/John Knox, 1993) une ecclésiologie féministe de la « table ronde » : contre les structures hiérarchiques, une Église inclusive organisée autour de la table de communion partagée.

La théologie womaniste — voir la section théologie de la libération

La théologie womaniste (Williams, Grant, Cannon, Townes) est traitée dans le module Théologie de la libération. Elle constitue le croisement entre féminisme et théologie africaine-américaine.

La théologie féministe mujerista

Ada María Isasi-Díaz (1943-2012) fonde la théologie mujerista comme théologie des femmes latinas aux États-Unis. Son En la Lucha / In the Struggle (Minneapolis: Fortress, 1993) et Mujerista Theology (1996) articulent lo cotidiano (le quotidien des femmes latinas) comme lieu théologique. L'expérience des femmes d'origine hispanique — souvent doublement marginalisées (femmes ET immigrantes) — constitue le point de départ irréductible.

La théologie féministe asiatique

Kwok Pui-lan (née 1952), théologienne hongkongaise, développe dans Postcolonial Imagination and Feminist Theology (Louisville: Westminster/John Knox, 2005) et Discovering the Bible in the Non-Biblical World (Maryknoll: Orbis, 1995) une herméneutique post-coloniale féministe : comment les femmes asiatiques lisent-elles la Bible dans un contexte non-occidental ? Les textes bibliques ont été utilisés par le colonialisme — les femmes asiatiques doivent les lire contre leur grain colonial.

Théologie féministe et tradition protestante réformée

Serene Jones (née 1959), présidente de l'Union Theological Seminary de New York, articule dans Feminist Theory and Christian Theology (Minneapolis: Fortress, 2000) une théologie féministe réformée : en dialogue avec les théories féministes contemporaines (Butler, Foucault), mais enracinée dans la tradition réformée. Elle reprend les catégories calvinistes de justification et sanctification pour une anthropologie féministe. Beverly Roberts Gaventa (née 1948), exégète du Nouveau Testament, développe une lecture paulinienne féministe centrée sur la maternité divine dans Paul (Gal 4,19 ; 1 Th 2,7). Ellen Charry développe une théologie du bien-être humain (By the Renewing of Your Minds, 1997) qui intègre les critiques féministes de l'idéologie.

Les réponses théologiques traditionnelles

La théologie féministe a suscité des réponses substantielles au sein des traditions. Thomas Weinandy (OFM Cap) défend la paternité divine comme révélation positive non métaphorique. Hans Urs von Balthasar (1905-1988) développe une théologie de la différence sexuelle fondée sur la dualité Pierre (principe ecclésial-juridique) / Marie (principe marial-charisme) : le féminin n'est pas inférieur mais différent. John Paul II dans la Lettre apostolique Mulieris dignitatem (1988) et la Lettre aux femmes (1995) développe une « théologie du corps » qui affirme la complémentarité et la dignité des femmes dans leur différence. Wayne Grudem et John Piper défendent le complémentarisme évangélique contre l'égalitarisme : hiérarchie et complémentarité sont des dons de la création, non des effets de la chute.

Julienne de Norwich (1342-ca. 1416) — Jésus comme Mère

« Ainsi Jésus Christ, qui fait le bien en retour du mal, est notre vraie mère. Nous avons notre être de lui, là où le fondement de la maternité commence ; avec tout le doux garde d'amour qui suit sans fin. Aussi vériablement que Dieu est notre père, aussi vériablement Dieu est notre mère. » (Révélations de l'amour divin, chap. 59, trad. M.A. de Waresquiel, Paris: Seuil, 1992.) La mystique médiévale fournit ainsi des ressources pre-féministes pour la christologie féministe.

📚 Bibliographie complète

La bibliographie thématique de ce module (61 références SBL) a été intégrée à la bibliographie générale, section XXVII (par module). Pour les ressources transversales, voir aussi les sections I–XXVI.

Méthode

Quel est l'argument central de Valerie Saiving Goldstein (1960) contre la théologie du péché comme orgueil ?

Saiving démontre que la définition du péché comme orgueil, affirmation de soi et volonté de puissance (Niebuhr, Tillich) est construite à partir de l'expérience masculine. Pour les femmes, dont la socialisation produit la dissolution du soi (négation de ses propres besoins au profit des autres), l'humilité n'est pas une vertu mais peut devenir un vice. L'anthropologie théologique dominante est androcentrique et inadaptée à l'expérience des femmes.

Exégèse

Quelle est la méthode herméneutique de Schüssler Fiorenza ?

Quadruple herméneutique : (1) Soupçon — tous les textes canoniques doivent être suspectés de biais androcentriques ; (2) Remémoration — retrouver les femmes effacées de l'histoire (Marie-Madeleine, Priscille, Phoebé) ; (3) Proclamation — quels textes peuvent être proclamés de façon libératrice ? ; (4) Réintégration créative — reconstruire imaginativement le contexte originel des premières femmes chrétiennes.

Langage

Que signifie le principe de Mary Daly 'Si Dieu est mâle, le mâle est Dieu' ?

Le langage exclusivement masculin sur Dieu (Père, Roi, Seigneur) a des effets sociaux réels : il sacralise la domination masculine comme voulue divinement. Si Dieu est représenté comme mâle dominant, toute structure de domination masculine apparaît comme ordonnée. La solution de Daly (phase post-chrétienne) : abandonner le Dieu patriarcal. La solution de Johnson : recourir aux métaphores féminines de l'Écriture et à l'apophatisme.

Ordination

Quelle est la position catholique sur l'ordination des femmes et sur quoi se fonde-t-elle ?

Inter insigniores (CDF, 1976) : la Tradition constante de l'Église est de n'ordonner que des hommes ; le prêtre agit in persona Christi — en icône du Christ masculin. Ordinatio sacerdotalis (Jean-Paul II, 1994) : cette position est déclarée « de façon définitive » non ouverte au débat. Le Responsum CDF (1995) précise que cette déclaration appartient au Magistère ordinaire universel. Critique féministe : le Christ s'est incarné en Juif du premier siècle — son masculinité n'est pas plus théologiquement déterminante que son ethnicité.

Mujerista

Qu'est-ce que la théologie mujerista d'Isasi-Díaz ?

Théologie des femmes latinas aux États-Unis (de mujer, femme). Fondée par Ada María Isasi-Díaz (1943-2012). Méthode : lo cotidiano comme lieu théologique — le quotidien des femmes hispaniques, leurs luttes, leur spiritualité populaire (Vierge de Guadalupe). Critique de la double marginalisation (femme + immigrante/Latina). Refuse d'être subsumée sous le féminisme blanc ou la théologie de la libération latino-américaine — l'expérience des Latinas est irréductible.

Asie

Comment Kwok Pui-lan articule-t-elle féminisme et post-colonialisme théologique ?

Kwok (Postcolonial Imagination and Feminist Theology, 2005) : les femmes asiatiques lisent la Bible dans un contexte où celle-ci a d'abord été outil de domination coloniale. Herméneutique post-coloniale féministe : (1) identifier les usages coloniaux des textes bibliques (missionnaires européens) ; (2) relire depuis la perspective des femmes asiatiques (confucianisme, bouddhisme, hindouisme) ; (3) refuser l'hégémonie de l'interprétation occidentale.

Complémentarisme

Quelle est la position de Hans Urs von Balthasar sur la femme dans l'Église ?

Von Balthasar développe la dualité principe pétrinien (institution, gouvernement, apostolicité) / principe marial (charisme, accueil, consentement). Le féminin n'est pas inférieur mais différent et complémentaire. Marie est le modèle de l'Église dans sa réceptivité. Le prêtre représente le Christ (principe pétrinien) ; la femme représente l'Église (principe marial). Critique féministe : cette construction légitime l'exclusion des femmes du ministère ordonné en la présentant comme un honneur.

Évangélique

Qu'est-ce que le complémentarisme évangélique et comment se distingue-t-il de l'égalitarisme ?

Complémentarisme (Grudem, Piper, Recovering Biblical Manhood and Womanhood, 1991) : Dieu a créé l'homme et la femme différents et complémentaires, avec des rôles distincts. Le leadership masculin dans la famille et l'Église est un don de la création, non un effet de la chute. Les femmes ne peuvent pas exercer d'autorité d'enseignement sur les hommes (1 Tm 2,12). Égalitarisme (Groothuis, Clouse) : Gal 3,28 transcende toute hiérarchie de genre ; 1 Tm 2,12 est contextuellement conditionné.

Q1Analysez le débat sur l'ordination des femmes dans les traditions protestante et catholique. Quelles sont les bases scripturaires et les enjeux théologiques centraux ?

Le débat sur l'ordination des femmes est à la fois exégétique, théologique et ecclésial. Textes prohibitifs : 1 Cor 14,34-35 (« que les femmes se taisent dans les assemblées »), 1 Tm 2,11-15 (« je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de dominer l'homme »), 1 Tm 3 et Tt 1 (qualifications des évêques au masculin). Textes libérateurs : Gal 3,28 (« il n'y a ni homme ni femme... tous sont un en Christ »), Rm 16,1-7 (Phoebé diaconesse, Junia apôtre), Jn 20,11-18 (Marie de Magdala comme première envoyée en témoignage de la résurrection).

La position égalitariste interprète les textes prohibitifs comme circonstanciels (liés à des désordres spécifiques dans les communautés de Corinthe et Éphèse) et Gal 3,28 comme une norme eschatologique normative. La position complémentariste (Grudem, Piper) : les textes de 1 Tm et 1 Cor reflètent l'ordre de création, non une accommodation culturelle.

Dimension catholique : Inter insigniores (1976) ne s'appuie pas sur 1 Tm 2 mais sur la pratique constante du Christ (qui n'a choisi que des hommes parmi les Douze) et sur le in persona Christi du prêtre. Critique féministe : Jésus n'a choisi que des Juifs, des adultes, des Palestiniens — ces critères ne sont pas retenus. Ordinatio sacerdotalis (1994) : décision déclarée « de façon définitive » — déclenche débat sur la portée magistérielle. Certaines théologiennes catholiques (Johnson, Schneiders) : la question reste ouverte.

Schüssler Fiorenza, E. In Memory of Her. 1983. — CDF. Inter insigniores (1976) ; Ordinatio sacerdotalis (1994). — Grudem, W. et Piper, J. Recovering Biblical Manhood and Womanhood. 1991.

Q2Analysez la critique féministe du langage sur Dieu. Quelles sont les solutions théologiques proposées et leurs limites respectives ?

Mary Daly (Beyond God the Father, 1973) formule le problème : le langage exclusivement masculin sur Dieu sacralise les hiérarchies de genre. Sa solution radicale : abandon du Dieu patriarcal, retour au féminin sacré pré-chrétien. Limite : rupture totale avec la tradition chrétienne.

Sallie McFague (Models of God, 1987) : le langage sur Dieu est toujours métaphorique — aucun langage n'est littéral. Les modèles de Père et de Roi sont des métaphores utiles mais non exclusives. Alternatives : Dieu comme Mère, Amante, Amie. Limite : risque de projection culturelle.

Elizabeth Johnson (She Who Is, 1992) : l'apophatisme classique affirme que Dieu transcende tout genre. L'Écriture elle-même utilise des images féminines (Is 49,15 ; 66,13 ; Ps 22,9-10 ; Lc 15,8-10). Utiliser le féminin n'est pas une innovation mais un retour à la richesse scripturaire et patristique (Ambroise de Milan compare l'Esprit Saint à une mère). Limite selon les critiques conservateurs : le Fils s'est lui-même adressé à Dieu comme Père — ce n'est pas une métaphore optionnelle mais une révélation positive.

Catherine Mowry LaCugna (God for Us, 1991) : la doctrine trinitaire, bien comprise, rompt avec tout monarchisme patriarcal — le Dieu trinitaire est communion de personnes distinctes, dont aucune n'est subordonnée.

Daly, M. Beyond God the Father. 1973. — McFague, S. Models of God. 1987. — Johnson, E. She Who Is. 1992. — LaCugna, C.M. God for Us. 1991.

Q3Évaluez les contributions de la théologie féministe à la théologie chrétienne contemporaine. Quelles questions fondamentales a-t-elle soulevées et quelles limites doit-elle affronter ?

Contributions fondamentales : (1) Épistémologique : mise en lumière du biais androcentrique de la théologie académique classique — toute théologie a un lieu social ; (2) Exégétique : retrouver les femmes effacées du texte biblique (Schüssler Fiorenza, Trible) — apport majeur pour l'histoire du christianisme primitif ; (3) Systématique : critique du langage sur Dieu, christologie, ecclésiologie, anthropologie théologique ; (4) Ecclésiale : ordination des femmes, leadership féminin, ecclésiologie inclusive. Ces contributions ont forcé la théologie académique à s'interroger sur ses propres présupposés.

Limites et critiques internes : (1) Risque d'ethnocentrisme : la théologie féministe dominante est souvent blanche et Nord-américaine — critique womaniste et mujerista. (2) Risque de déconstruire sans reconstruire — la phase post-chrétienne de Daly. (3) Tension entre loyauté aux traditions et critique — comment critiquer la tradition sans la quitter ? (4) Question de l'universalité : l'expérience des femmes est-elle suffisamment universelle pour fonder une norme théologique ? Critique conservatrice : substitution de l'expérience à la révélation ; abandon de la norma normans scripturaire.

Ruether, R.R. Sexism and God-Talk. 1983. — Jones, S. Feminist Theory and Christian Theology. 2000. — Saiving, V. 'The Human Situation'. 1960.

🎯

Quiz — Féminisme théologique

8 questions

1/8

Q1/8

L'article de Valerie Saiving Goldstein (1960) critique la définition du péché comme orgueil parce que :

ACette définition est incompatible avec la doctrine de la grâce sola gratia luthérienne
BCette définition est construite à partir de l'expérience masculine et inadéquate pour les femmes dont la tentation est plutôt la dissolution du soi
CCette définition ignore l'aspect collectif du péché social développé par la théologie de la libération
DCette définition est trop influencée par Augustin et insuffisamment fondée sur l'Écriture

💡

Saiving Goldstein (1960) : Niebuhr et Tillich définissent le péché comme orgueil, auto-affirmation, volonté de domination — l'expérience masculine typique. Pour les femmes, socialisées à la dissolution du soi, à l'effacement de leurs besoins, à la dépendance, l'humilité n'est pas une vertu mais un péché potentiel. La théologie systématique dominante est androcentriste.

Q2/8

L'herméneutique du soupçon de Schüssler Fiorenza signifie que :

AIl faut rejeter l'Écriture comme source d'autorité pour les femmes
BTout texte canonique doit être lu avec méfiance quant à ses biais androcentristes potentiels avant toute proclamation
CLes évangiles apocryphes sont plus fiables que les évangiles canoniques pour l'histoire des femmes
DLa tradition ecclésiale doit primer sur l'Écriture pour interpréter les textes difficiles

💡

Schüssler Fiorenza : tous les textes bibliques ont été rédigés, sélectionnés, copiés et transmis dans un contexte patriarcal. L'herméneutique du soupçon reconnaît ce conditionnement et lit les textes en cherchant à identifier les traces effacées des femmes, les silences révélateurs, les présupposés androcentristes. Ce n'est pas un rejet de l'Écriture mais une lecture critique informée.

Q3/8

L'argumentation du document Ordinatio sacerdotalis (Jean-Paul II, 1994) repose principalement sur :

A1 Timothée 2,12 comme prohibition absolue d'enseigner pour les femmes
BLa pratique constante du Christ ne choisissant que des hommes parmi les Douze, et la tradition immémoriale de l'Église
CLa théologie du corps de Jean-Paul II affirmant la complémentarité des sexes
DLe canon 1024 du Code de droit canonique définissant l'ordination réservée aux hommes baptisés

💡

Inter insigniores (1976) et Ordinatio sacerdotalis (1994) : l'argument principal n'est pas 1 Tm 2,12 mais la pratique de Jésus (choix exclusivement masculin des Douze) et la tradition immémoriale de l'Église. L'argument du in persona Christi (le prêtre représente iconiquement le Christ masculin) est secondaire. La décision est déclarée 'de façon définitive' — non au sens d'infaillible ex cathedra mais du Magistère ordinaire universel.

Q4/8

Selon Elisabeth Johnson (She Who Is, 1992), l'usage de métaphores féminines pour Dieu est :

AUne innovation révolutionnaire sans précédent dans la tradition chrétienne
BUn retour à la richesse de l'Écriture et de la patristique, qui utilisent déjà des images féminines pour Dieu
CUne concession aux revendications sociales féministes sans fondement théologique
DUne position incompatible avec le monothéisme chrétien qui affirme l'au-delà de tout genre

💡

Johnson (She Who Is, 1992) : l'apophatisme classique (Dieu transcende tout langage humain, a fortiori tout genre) et l'Écriture elle-même fournissent les ressources. Is 49,15 (Dieu comme mère) ; Is 66,13 (Dieu comme mère qui console) ; Ps 22,9-10 (Dieu comme sage-femme) ; Lc 15,8-10 (Dieu comme femme cherchant sa pièce). Ces métaphores ne sont pas nouvelles — elles ont été occultées par la sélection androcentriste de la tradition.

Q5/8

La théologie mujerista d'Isasi-Díaz se distingue de la théologie féministe blanche principalement parce que :

AElle rejette l'Écriture comme texte colonisateur et préfère la tradition religieuse maya
BElle part de l'expérience quotidienne (lo cotidiano) des femmes latinas aux États-Unis comme lieu théologique irréductible
CElle adopte la méthode de la theologia crucis luthérienne pour analyser la souffrance des femmes hispaniques
DElle identifie la Vierge de Guadalupe au Saint-Esprit en une synthèse inculturée

💡

Isasi-Díaz : la théologie féministe blanche tend à universaliser l'expérience des femmes blanches, Nord-américaines, éduquées, classe moyenne. Les femmes latinas subissent une double ou triple marginalisation (genre + ethnie + classe). Lo cotidiano (les réalités quotidiennes : la maison, la famille, la spiritualité populaire, la lucha de l'immigration) est le lieu théologique propre de la mujerista theology.

Q6/8

La distinction complémentariste / égalitariste dans la théologie évangélique porte principalement sur :

ALa question de la salvation par la foi seule ou par la foi et les œuvres
BLa question de savoir si les différences de genre créées par Dieu impliquent des rôles distincts et une hiérarchie masculine
CLa question de la préexistence de Christ et de sa relation à la création
DLa question du mode du baptême (aspersion ou immersion)

💡

Le débat complémentarisme/égalitarisme est spécifiquement évangélique et porte sur : les femmes peuvent-elles exercer un ministère d'enseignement et d'autorité sur les hommes dans l'Église et la famille ? Complémentarisme (Grudem, Piper) : non — le leadership masculin est un ordre de création (1 Tm 2,12-13 ; 1 Cor 11,3). Égalitarisme (Groothuis, Gilbert Bilezikian) : oui — Gal 3,28 transcende toute hiérarchie de genre.

Q7/8

Phyllis Trible dans God and the Rhetoric of Sexuality (1978) démontre que :

ALes métaphores féminines de Dieu dans l'Ancien Testament ont été systématiquement effacées par les traducteurs masculins
BL'Ancien Testament utilise des métaphores féminines pour Dieu et que ces métaphores doivent être théologiquement récupérées
CLe récit de la Création en Genèse 1-2 implique l'égalité absolue des sexes sans aucune différenciation
DLes Psaumes contiennent une spiritualité féminine authentique antérieure au yahvisme patriarcal

💡

Trible (God and the Rhetoric of Sexuality, 1978) : exégèse rhétorique des textes de l'AT utilisant le féminin pour Dieu. Dt 32,18 (Dieu comme rocher qui enfante) ; Is 49,15 (mère oubliant-elle son nourrisson ?) ; Is 66,13 (je vous consolerai comme une mère) ; Ps 22,9-10 (tu m'as fait confiance dès le sein maternel). Ces métaphores ne sont pas marginales mais participent à l'identité même du Dieu d'Israël.

Q8/8

La christologie féministe de Carter Heyward se fonde sur quel concept central ?

ALa maternité divine — Dieu comme mère universelle de l'humanité souffrante
BLa mutualité — Jésus incarne le principe libérateur de relation mutuelle accessible à tous, quelle que soit leur identité de genre
CLa kénose — le Christ abandonne ses privilèges masculins pour s'identifier aux femmes opprimées
DLa résurrection — Marie de Magdala, première témoin, comme fondatrice du christianisme contre le patriarcat apostolique

💡

Heyward (The Redemption of God, 1982) : la christologie relationnelle. Jésus n'est pas le sauveur en raison de son genre masculin mais de sa pratique de la mutualité libératrice — des relations d'égalité, de réciprocité, de soin. Cette mutualité est accessible aux femmes, aux personnes LGBTQ+, à tout être qui vit des relations d'interdépendance juste. La masculinité de Jésus est théologiquement non déterminante.
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40 cartes sur Cady Stanton, Daly, Ruether, Schüssler Fiorenza, et les théologies womaniste, mujerista, asiatique.

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1Définition

Théologie féministe

depuis les années 1960

Révéler

la critique théologique du patriarcat

Discipline théologique née aux États-Unis dans les années 1960-1970. Critique du patriarcat dans les textes bibliques, la tradition, la liturgie, l'ecclésiologie. Triple programme : déconstruire (critique du patriarcat), reconstruire (relire les sources), construire (théologies positives). Branches : libérale, radicale, womaniste, mujerista, asiatique, écoféministe.

Daly ; Ruether ; Schüssler Fiorenza

2Méthode

Herméneutique du soupçon féministe

Schüssler Fiorenza

Révéler

soupçonner les lectures patriarcales

Elisabeth Schüssler Fiorenza, In Memory of Her (1983). Adaptation féministe de l'herméneutique du soupçon de Ricœur. Quatre étapes : 1) soupçon (du texte et de la tradition) ; 2) commémoration (récupération des voix féminines effacées) ; 3) proclamation ; 4) imagination créatrice. Méthodologie devenue classique en exégèse féministe.

Schüssler Fiorenza (1983)

3Méthode

Ekklesia gynaikon

ἐκκλησία γυναικῶν

Révéler

l'« Église des femmes » de Schüssler Fiorenza

Concept ecclésiologique : reconstruction des communautés primitives où les femmes étaient actives (Junia, Phébé, Prisca). Lecture historico-critique : le NT contient à la fois des traces du discipulat des égaux (Mc 15,40-41 ; Rm 16) et leur silenciation progressive (1 Co 14,34 ; 1 Tm 2,12 typiquement post-pauliniens). Programme : restaurer la mémoire historique.

Schüssler Fiorenza ; Rm 16

4Langage

Langage sur Dieu

le problème du masculin générique

Révéler

au-delà du « Père »

Mary Daly, Beyond God the Father (1973) : « Si Dieu est masculin, alors le masculin est Dieu. » Programme : trouver des images divines féminines (Sophia, Ruah, Shekinah, Maternité divine). Sallie McFague, Models of God (1987) : Dieu comme Mère, Amie, Amant. Position catholique officielle : Dieu transcende le genre mais le langage « Père » est révélé (Inter Insigniores, 1976).

Daly 1973 ; McFague 1987

5Christologie

Christologie féministe

« Can a male saviour save women ? »

Révéler

le problème du Christ masculin

Question posée par Rosemary Radford Ruether (Sexism and God-Talk, 1983). Réponses : 1) le sexe biologique de Jésus est accidentel, son humanité partagée essentielle ; 2) Christa (Christ féminin) en théologie post-chrétienne (Edwina Sandys, 1974) ; 3) Wisdom-christology (Christ comme Sophia, Schüssler Fiorenza). Débat majeur du XXe siècle.

Ruether 1983

6Christologie

Sophia / Wisdom

la divine sagesse

Révéler

l'image divine féminine de la Sagesse biblique

Personnification féminine biblique : Pr 8 ; Sg 7-9 ; Si 24. Σοφία en grec, féminin. Tradition juive intertestamentaire (Pseudo-Salomon). NT : 1 Co 1,24-30 (le Christ comme « sagesse de Dieu »). Repris par Elizabeth Johnson, She Who Is (1992), pour articuler une théologie trinitaire non-patriarcale. Référence majeure de la théologie féministe contemporaine.

Johnson 1992 ; Pr 8

7Ordination

Ordination des femmes

les jalons protestants

Révéler

les pionnières

1853 : Antoinette Brown Blackwell (congrégationaliste, USA), première femme pasteure ordonnée. 1928 : Église évangélique réformée vaudoise (Suisse). 1934 : Église protestante de Genève. 1948 : luthériennes de Tchécoslovaquie. 1958 : luthériennes de Suède. 1974 : « Philadelphia Eleven » (anglicanes USA, schisme jusqu'à 1976). 1992 : Church of England. 2026 : Sarah Mullally devient 106e Cantorbéry.

Pionnières ordination

8Ordination

Position catholique

Inter Insigniores / Ordinatio Sacerdotalis

Révéler

l'ordination sacerdotale réservée aux hommes

Inter Insigniores (CDF, 15 octobre 1976, sous Paul VI) : argumentation théologique. Ordinatio Sacerdotalis (Jean-Paul II, 22 mai 1994) : « définitivement détenu », interprété par la CDF (28 octobre 1995) comme appartenant au dépôt de la foi. Réouverture partielle du débat sous François (commission sur le diaconat féminin, 2016 et 2020 — sans conclusion).

Ordinatio Sacerdotalis (1994)

9Théologie

Réforme féministe vs post-chrétienne

Ruether vs Daly

Révéler

deux options structurantes

Théologie féministe réformiste (Ruether, Schüssler Fiorenza, Russell) : transformer la tradition chrétienne de l'intérieur. Théologie féministe post-chrétienne (Mary Daly à partir de 1975, Carol P. Christ) : rupture avec le christianisme comme irrécupérablement patriarcal. Débat structurant des théologies féministes anglo-saxonnes.

Daly 1975 ; Ruether

10Théologie

Écoféminisme

Ruether, Gebara

Révéler

articulation domination des femmes et de la nature

Concept introduit par Françoise d'Eaubonne (Le Féminisme ou la mort, 1974). Adopté en théologie par Rosemary Radford Ruether (Gaia and God, 1992) et Ivone Gebara (Brésil, Longing for Running Water, 1999). Articule patriarcat et destruction écologique comme deux faces d'une même logique de domination. Convergence avec l'écologie intégrale catholique.

Ruether 1992 ; Gebara 1999

11Critique

Critique évangélique conservatrice

complémentarisme

Révéler

le complémentarisme conservateur

Position évangélique conservatrice : Wayne Grudem, John Piper, Recovering Biblical Manhood and Womanhood (1991). Articule l'égalité ontologique des sexes et la différenciation fonctionnelle (femmes exclues du sacerdoce, soumission dans le mariage). Versets-clés invoqués : 1 Co 11,3 ; 1 Tm 2,11-15 ; Ép 5,22-24. Pendant évangélique du Ordinatio Sacerdotalis catholique. Position majoritaire dans la Southern Baptist Convention (USA).

Grudem-Piper 1991

12Critique

Égalitarisme évangélique

Christians for Biblical Equality

Révéler

la branche égalitariste évangélique

Mouvement évangélique défendant l'ordination des femmes et l'égalité dans le mariage à partir de la Bible elle-même. Organisation : Christians for Biblical Equality (CBE International, fondée en 1988 par Catherine Clark Kroeger). Versets-clés invoqués : Ga 3,28 ; Ac 2,17 ; Rm 16. Théologiens : Gordon Fee, Roger Nicole. Position des Assemblées de Dieu (USA), méthodistes, Vineyard et de nombreux baptistes du Nord.

CBE 1988 ; Ga 3,28

13Théologie

Queer theology

depuis 1990

Révéler

théologie des marges sexuelles

Théologie articulant la théologie chrétienne et les théories queer (depuis 1990, Judith Butler). Marcella Althaus-Reid (Argentine-Édimbourg, Indecent Theology, 2000), Patrick Cheng (Radical Love, 2011). Vise à déconstruire les présupposés hétéronormatifs de la théologie. Reçue dans certaines facultés protestantes anglo-saxonnes. Très contestée en contexte catholique et évangélique conservateur.

Althaus-Reid 2000

14Branche

Théologie womaniste

femmes afro-américaines

Révéler

la critique simultanée du sexisme et du racisme

Terme « womanist » d'Alice Walker (In Search of Our Mothers' Gardens, 1983). Critique simultanée du féminisme (blanc) et de la théologie noire (masculine). Théologiennes : Delores Williams (Sisters in the Wilderness, 1993), Katie Geneva Cannon, Jacquelyn Grant, Kelly Brown Douglas. Paradigme d'Agar plutôt que de l'exode.

Walker 1983 ; Williams 1993

15Branche

Théologie mujerista

Latina américaine

Révéler

la voix des femmes latinas américaines

Théologie articulant féminisme et culture latina américaine, distincte du féminisme blanc anglo-saxon. Ada María Isasi-Díaz (1943-2012, Cuba-USA), En la Lucha / In the Struggle (1993), Mujerista Theology (1996). Concept central : lo cotidiano (le quotidien). Articulation foi populaire latine, libération, féminisme. Distincte de la théologie chicana et latina contemporaine.

Isasi-Díaz 1993 ; 1996

16Branche

Théologie féministe asiatique

Kwok, Chung, Park

Révéler

articulation féminisme et cultures asiatiques

Théologies de femmes asiatiques chrétiennes articulant féminisme et cultures locales. Chung Hyun Kyung (Corée du Sud, Struggle to Be the Sun Again, 1990 ; conférencière à l'Assemblée du COE de Canberra 1991). Kwok Pui-lan (Hong Kong-USA, Postcolonial Imagination, 2005). Aruna Gnanadason (Inde, COE). Dialogue avec les religions asiatiques (bouddhisme, confucianisme, shintoïsme).

Chung 1990 ; Kwok 2005

17Branche

Féminisme réformé francophone

Parmentier, Causse, Vincent

Révéler

une voix francophone protestante

Élisabeth Parmentier (IPT Paris, exégèse paulinienne et théologie pratique). Jean-Daniel Causse (Montpellier, dialogue théologie-psychanalyse, mort 2018). Catherine Vincent (Lyon, histoire médiévale). Lytta Basset (Suisse, théologie pratique, UNIL). Côté catholique : Anne Soupa, Christine Pedotti (Comité de la jupe). Pendant francophone des théologies féministes anglo-saxonnes.

Parmentier ; Soupa

18Branche

Féminisme catholique réformiste

Johnson, Hunt, Schüssler Fiorenza

Révéler

la voie catholique réformiste

Théologiennes catholiques restant dans l'Église pour la transformer. Elizabeth Johnson (She Who Is, 1992 ; Quest for the Living God, 2007). Mary E. Hunt (Women's Alliance for Theology, Ethics and Ritual, WATER, 1983). Schüssler Fiorenza (Harvard Divinity School). Lisa Sowle Cahill (Boston College). Liens avec le Comité de la jupe (France) et Donne per la Chiesa (Italie).

Johnson 1992 ; Hunt

19Institution

EATWOT

Ecumenical Association of Third World Theologians

Révéler

le réseau mondial des théologies contextuelles

Association œcuménique fondée à Dar es-Salaam en 1976. Réseau articulant théologie de la libération, théologies asiatiques, africaines, womaniste, mujerista, féministe. Conférences régulières. Femmes théologiennes : Mercy Amba Oduyoye (Ghana, fondatrice du Circle of Concerned African Women Theologians, 1989). Référence mondiale du dialogue interculturel théologique.

EATWOT 1976

20Institution

Circle of Concerned African Women Theologians

Ghana, 1989

Révéler

le réseau théologique des femmes africaines

Fondé par Mercy Amba Oduyoye (Ghana, méthodiste) en 1989. Articule théologie féministe africaine et héritages culturels locaux. Réseau panafricain. Conférences régulières. Articulent libération, inculturation, lutte contre le SIDA, contre la violence faite aux femmes, contre les mutilations génitales. Influence sur le Conseil œcuménique des Églises (COE) et son programme « femmes en solidarité ».

Oduyoye 1989

21Institution

Décennie œcuménique des femmes

COE, 1988-1998

Révéler

la mobilisation œcuménique mondiale

« Decade of Churches in Solidarity with Women » lancée par le Conseil œcuménique des Églises (COE) en 1988 à Bossey. 10 ans d'engagement spécifique des Églises pour l'égalité hommes-femmes : liturgie, théologie, formation. Suivi par le programme « Just Community of Women and Men ». Influence majeure dans les Églises protestantes et orthodoxes du COE.

Décennie COE (1988-1998)

22Texte

Cady Stanton, The Woman's Bible

1895-1898

Révéler

l'ancêtre américaine du féminisme biblique

Elizabeth Cady Stanton (1815-1902), figure du mouvement suffragiste américain (Seneca Falls, 1848). The Woman's Bible, 2 vol. (1895, 1898). Premier commentaire biblique féministe systématique. Critique des passages sexistes (Gn 2-3 ; 1 Co 14 ; 1 Tm 2). Scandale dans le mouvement suffragiste lui-même (qui la désavoue en 1896). Devient ouvrage canonique de la théologie féministe au XXe siècle.

Cady Stanton (1895-1898)

23Œuvre

Daly, Beyond God the Father

1973

Révéler

le manifeste post-chrétien

Mary Daly (1928-2010), philosophe et théologienne américaine. Beyond God the Father: Toward a Philosophy of Women's Liberation (Beacon Press, 1973). Formule fameuse : « Si Dieu est masculin, alors le masculin est Dieu. » Tournant radical post-chrétien après The Church and the Second Sex (1968). Continue avec Gyn/Ecology (1978), Pure Lust (1984). Renvoyée du Boston College en 1999. Mort en 2010.

Daly (1973)

24Œuvre

Ruether, Sexism and God-Talk

1983

Révéler

la synthèse féministe réformiste

Rosemary Radford Ruether (1936-2022), Sexism and God-Talk: Toward a Feminist Theology (Beacon Press, 1983). Première synthèse systématique de théologie féministe : anthropologie, Dieu, christologie, mariologie, ecclésiologie, eschatologie. Position réformiste : transformer la tradition chrétienne de l'intérieur. Référence majeure de la théologie féministe académique.

Ruether (1983)

25Œuvre

Schüssler Fiorenza, In Memory of Her

1983

Révéler

l'herméneutique féministe de la libération

Elisabeth Schüssler Fiorenza, In Memory of Her: A Feminist Theological Reconstruction of Christian Origins (Crossroad, 1983). Reconstruction historique des communautés primitives chrétiennes où les femmes étaient actives. Concept central : ekklesia gynaikon (Église des femmes). Méthodologie : herméneutique du soupçon en 4 étapes. Référence fondatrice.

Schüssler Fiorenza (1983)

26Œuvre

Johnson, She Who Is

1992

Révéler

la synthèse trinitaire féministe

Elizabeth Johnson (théologienne catholique américaine, Fordham), She Who Is: The Mystery of God in Feminist Theological Discourse (Crossroad, 1992). Synthèse trinitaire articulant féminisme et orthodoxie catholique. Utilise la figure biblique de Sophia (Sagesse) pour articuler une théologie trinitaire non-patriarcale. Reçue avec admiration et critiques. Notification de la US Conference of Catholic Bishops contre Quest for the Living God en 2011.

Johnson (1992)

27Texte

Inter Insigniores

CDF, 15 octobre 1976

Révéler

la position doctrinale catholique sur l'ordination

Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), 15 octobre 1976, sous Paul VI. Trois arguments : 1) constante tradition ; 2) attitude du Christ qui n'a choisi que des hommes pour apôtres ; 3) iconicité (le prêtre représente le Christ in persona Christi). Réaction au mouvement croissant pour l'ordination des femmes (Philadelphia Eleven 1974). Confirmée par Jean-Paul II dans Ordinatio Sacerdotalis (22 mai 1994).

Inter Insigniores (1976)

28Texte

Ga 3,28

la charte égalitariste

Révéler

« Il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme »

« οὐκ ἔνι Ἰουδαῖος οὐδὲ Ἕλλην, οὐκ ἔνι δοῦλος οὐδὲ ἐλεύθερος, οὐκ ἔνι ἄρσεν καὶ θῆλυ· πάντες γὰρ ὑμεῖς εἷς ἐστε ἐν Χριστῷ Ἰησοῦ. » Verset central de la théologie féministe : abolition des hiérarchies en Christ. Considéré comme formule baptismale pré-paulinienne. Pierre angulaire de l'égalitarisme évangélique. Tension exégétique avec 1 Co 14,34 et 1 Tm 2,12 (souvent considérés comme post-pauliniens).

Ga 3,28

29USA

Mary Daly

1928–2010

Révéler

la radicale post-chrétienne

Théologienne américaine, professeure au Boston College (1966-1999). The Church and the Second Sex (1968, dans la lignée catholique réformiste), puis Beyond God the Father (1973, rupture post-chrétienne). Gyn/Ecology (1978), Pure Lust (1984). Renvoyée du Boston College en 1999 pour avoir refusé d'admettre les étudiants masculins dans ses cours sur le féminisme. Figure majeure et controversée.

Daly

30USA

Rosemary Radford Ruether

1936–2022

Révéler

la synthétiseuse féministe réformiste

Théologienne catholique américaine, professeure à Garrett-Evangelical Theological Seminary (1976-2002). Liberation Theology (1972), Sexism and God-Talk (1983), Gaia and God (1992). Synthèse féministe réformiste : transformer la tradition chrétienne. Engagement sur l'écologie, l'antiracisme, l'antisémitisme chrétien (Faith and Fratricide, 1974). Référence majeure.

Ruether (1983 ; 1992)

31USA

Elisabeth Schüssler Fiorenza

née 1938

Révéler

la grande exégète féministe

Théologienne catholique d'origine allemande, Harvard Divinity School depuis 1988 (Krister Stendahl Professor). In Memory of Her (1983), But She Said (1992), Discipleship of Equals (1993), The Power of the Word (2007). Cofondatrice du Journal of Feminist Studies in Religion (1985). Concept central : ekklesia gynaikon. Référence absolue de l'exégèse féministe.

Schüssler Fiorenza

32USA

Elizabeth Johnson

née 1941

Révéler

la grande théologienne trinitaire féministe

Théologienne catholique américaine, sœur de Saint-Joseph, professeure à Fordham (NY). She Who Is (1992), Truly Our Sister (2003), Quest for the Living God (2007 ; notification USCCB en 2011), Ask the Beasts (2014). Synthèse trinitaire féministe utilisant la Sophia biblique. Reçue avec admiration. Présidente de la Catholic Theological Society of America (1996-1997).

Johnson (1992 ; 2007)

33USA

Phyllis Trible

née 1932

Révéler

l'exégète vétérotestamentaire féministe

Théologienne et exégète américaine, Wake Forest University. God and the Rhetoric of Sexuality (1978), Texts of Terror (1984), Rhetorical Criticism (1994). Pionnière de la lecture rhétorico-critique du Pentateuque (Gn 2-3). Relecture de l'« ezer kenegdo » (« aide assortie », Gn 2,18) comme partenariat plutôt que subordination. Référence majeure en exégèse vétérotestamentaire féministe.

Trible (1978 ; 1984)

34Cuba-USA

Ada María Isasi-Díaz

1943–2012

Révéler

la fondatrice de la théologie mujerista

Théologienne cubano-américaine, Drew University. Ancienne religieuse Ursuline. Hispanic Women: Prophetic Voice in the Church (1988), En la Lucha / In the Struggle (1993), Mujerista Theology (1996). Concept central : lo cotidiano (le quotidien) comme lieu théologique. Articulation foi populaire latine, libération, féminisme. Distincte du féminisme blanc et de la théologie womaniste afro-américaine.

Isasi-Díaz (1993)

35Corée

Chung Hyun Kyung

née 1956

Révéler

la voix asiatique controversée

Théologienne coréenne, Union Theological Seminary (NY). Struggle to Be the Sun Again: Introducing Asian Women's Theology (1990). Conférencière à l'Assemblée du COE de Canberra (1991) : invocation des esprits ancestraux coréens — scandale œcuménique, débat sur le syncrétisme. Articulation théologie chrétienne et shamanisme coréen. Référence des théologies féministes asiatiques.

Chung (1990 ; Canberra 1991)

36Ghana

Mercy Amba Oduyoye

née 1934

Révéler

la mère de la théologie féministe africaine

Théologienne ghanéenne méthodiste, Trinity Theological Seminary (Accra). Daughters of Anowa: African Women and Patriarchy (1995), Introducing African Women's Theology (2001). Fondatrice du Circle of Concerned African Women Theologians (1989). Secrétaire générale adjointe du COE (1987-1994). Référence majeure en théologie féministe africaine et œcuménique mondiale.

Oduyoye 1989 ; 1995

37Jalon

15 septembre 1853

Antoinette Brown Blackwell

Révéler

première ordination féminine dans une dénomination chrétienne

Antoinette Brown Blackwell (1825-1921), congrégationaliste américaine, ordonnée à South Butler, New York, le 15 septembre 1853. Première femme officiellement ordonnée comme pasteure dans une dénomination chrétienne. Devient ensuite unitarienne. Engagement abolitionniste et suffragiste (avec Susan B. Anthony). Précédent fondateur de l'ordination féminine.

Brown Blackwell (15 septembre 1853)

38Jalon

29 juillet 1974

Philadelphia Eleven

Révéler

les 11 premières femmes-prêtres anglicanes

Le 29 juillet 1974, 11 femmes diaconesses sont ordonnées prêtres à l'église de l'Avocat (Philadelphia, USA) par 3 évêques retraités, contre les canons de l'Église épiscopale (anglicane USA). Ordinations « irrégulières » d'abord refusées. Régularisées à la convention générale de 1976. Marque le tournant anglican mondial. Précédent : Florence Li Tim-Oi (Hong Kong, 1944, en raison de la guerre, sans suite).

Philadelphia Eleven (29 juillet 1974)

39Jalon

22 mai 1994

Ordinatio Sacerdotalis

Révéler

la fermeture catholique du débat

Lettre apostolique de Jean-Paul II, 22 mai 1994. « L'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes » — affirmation « définitivement détenue ». Réponse à l'ordination des femmes prêtres dans la Church of England (1992). Interprétée par la CDF (28 octobre 1995) comme appartenant au dépôt de la foi. Sous François : commission sur le diaconat féminin (2016 ; 2020) sans conclusion.

Ordinatio Sacerdotalis (22 mai 1994)

40Jalon

28 janvier 2026

Sarah Mullally Cantorbéry

Révéler

première femme primat de la Communion anglicane mondiale

Sarah Mullally annoncée le 28 janvier 2026 comme 106e Archevêque de Cantorbéry, intronisée le 25 mars 2026 (Annonciation). Première femme primat de la Communion anglicane mondiale (42 provinces, 85 millions de fidèles). Ancienne Chief Nursing Officer du NHS, évêque de Londres depuis 2018. Succède à Justin Welby (démissionnaire le 6 janvier 2025 après le rapport Smyth). Jalon historique majeur.

Mullally (28 janvier 2026)

📖 Quiz 1 — Notions et méthodes féministes

10 questions sur les concepts centraux du féminisme théologique.

Question 1 sur 10

Question 1 / 10

Quel est le programme général de la théologie féministe ?

Discipline née aux États-Unis dans les années 1960-1970. Critique du patriarcat dans les textes bibliques, la tradition, la liturgie. Branches : libérale, radicale, womaniste, mujerista, asiatique, écoféministe.

Question 2 / 10

Que désigne « l'herméneutique du soupçon féministe » ?

Schüssler Fiorenza, In Memory of Her (1983). 4 étapes : soupçon, commémoration, proclamation, imagination créatrice. Adaptation féministe de l'herméneutique de Ricœur.

Question 3 / 10

Que désigne le concept d'« ekklesia gynaikon » ?

Concept ecclésiologique de reconstruction des communautés primitives où les femmes étaient actives (Junia, Phébé, Prisca). Mc 15,40-41 ; Rm 16. Programme : restaurer la mémoire historique.

Question 4 / 10

Quel verset est central pour l'égalitarisme évangélique ?

Considéré comme formule baptismale pré-paulinienne. Abolition des hiérarchies en Christ. Pierre angulaire de l'égalitarisme évangélique. Tension exégétique avec 1 Co 14,34 et 1 Tm 2,12 (post-pauliniens).

Question 5 / 10

Qu'a déclaré Mary Daly dans Beyond God the Father (1973) ?

Formule fameuse exposant le problème du masculin générique. Tournant radical post-chrétien après The Church and the Second Sex (1968). Théologie post-chrétienne ensuite : Gyn/Ecology (1978).

Question 6 / 10

Que défend la christologie féministe face à « Can a male saviour save women ? »

Question posée par Rosemary Radford Ruether (Sexism and God-Talk, 1983). Débat majeur du XXe siècle théologique.

Question 7 / 10

Que désigne « Sophia » dans la théologie féministe ?

Pr 8 ; Sg 7-9 ; Si 24. Σοφία en grec, féminin. NT : 1 Co 1,24-30 (le Christ comme « sagesse de Dieu »). Repris par Elizabeth Johnson, She Who Is (1992) pour articuler une théologie trinitaire non-patriarcale.

Question 8 / 10

Quelle est la distinction Ruether-Daly ?

Ruether (réformiste) : transformer la tradition chrétienne de l'intérieur. Daly à partir de 1975 (post-chrétienne) : rupture avec le christianisme comme irrécupérablement patriarcal. Débat structurant.

Question 9 / 10

Qu'est-ce que l'écoféminisme théologique ?

Concept introduit par Françoise d'Eaubonne (Le Féminisme ou la mort, 1974). Adopté en théologie par Ruether (Gaia and God, 1992) et Ivone Gebara (Brésil, 1999). Convergence avec l'écologie intégrale catholique.

Question 10 / 10

Quelle est la position évangélique défendant l'ordination des femmes ?

Mouvement évangélique défendant l'ordination des femmes à partir de la Bible elle-même. Catherine Clark Kroeger (CBE 1988). Versets-clés : Ga 3,28, Ac 2,17, Rm 16. Position des Assemblées de Dieu (USA), méthodistes, Vineyard.

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Magna cum laude !

⚙ Quiz 2 — Théologiennes majeures

8 questions sur Daly, Ruether, Schüssler Fiorenza, Johnson, Trible.

Question 1 sur 8

Question 1 / 8

Qui a écrit la première œuvre féministe biblique systématique ?

Figure suffragiste américaine (Seneca Falls, 1848). Premier commentaire biblique féministe systématique. Scandale dans le mouvement suffragiste lui-même (qui la désavoue en 1896). Devient ouvrage canonique.

Question 2 / 8

Qui a écrit Sexism and God-Talk (1983) ?

Théologienne catholique américaine. Première synthèse systématique de théologie féministe : anthropologie, Dieu, christologie, mariologie, ecclésiologie, eschatologie. Position réformiste. Référence majeure.

Question 3 / 8

Qui a écrit In Memory of Her (1983) ?

Théologienne catholique d'origine allemande, Harvard Divinity School depuis 1988 (Krister Stendahl Professor). Reconstruction historique des communautés primitives chrétiennes. Référence absolue de l'exégèse féministe.

Question 4 / 8

Qui a écrit She Who Is (1992) ?

Théologienne catholique américaine, sœur de Saint-Joseph, Fordham (NY). Synthèse trinitaire féministe utilisant la Sophia biblique. Notification USCCB contre Quest for the Living God en 2011.

Question 5 / 8

Qui a écrit Texts of Terror (1984) ?

Théologienne et exégète américaine, Wake Forest University. Lecture rhétorico-critique des récits bibliques de violence faite aux femmes (Agar, Tamar, la concubine du lévite, fille de Jephté). Référence majeure en exégèse VT féministe.

Question 6 / 8

Qui a fondé la théologie mujerista ?

Théologienne cubano-américaine, Drew University. En la Lucha / In the Struggle (1993), Mujerista Theology (1996). Concept central : lo cotidiano (le quotidien). Distincte du féminisme blanc et de la théologie womaniste.

Question 7 / 8

Qui a fondé le Circle of Concerned African Women Theologians (1989) ?

Théologienne ghanéenne méthodiste, Trinity Theological Seminary (Accra). Daughters of Anowa (1995). Secrétaire générale adjointe du COE (1987-1994). Référence majeure en théologie féministe africaine.

Question 8 / 8

Que désigne le scandale de Chung Hyun Kyung à Canberra 1991 ?

Conférence inaugurale à l'Assemblée du COE de Canberra (février 1991) sur le thème « Viens, Esprit-Saint — renouvelle la création entière ». Articulation théologie chrétienne et shamanisme coréen. Débat œcuménique majeur sur le syncrétisme.

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Magna cum laude !

📜 Quiz 3 — Ordination des femmes : jalons

8 questions sur les pionnières et les positions confessionnelles.

Question 1 sur 8

Question 1 / 8

Qui fut la première femme ordonnée pasteure ?

Congrégationaliste américaine ordonnée à South Butler, New York. Première femme officiellement ordonnée. Devient ensuite unitarienne. Engagement abolitionniste et suffragiste. Précédent fondateur.

Question 2 / 8

Quand l'Église évangélique réformée vaudoise (EERV) a-t-elle ordonné des femmes ?

L'EERV vaudoise ouvre l'ordination des femmes pasteures en 1928. Genève suit en 1934. Pendant suisse précoce des évolutions internationales.

Question 3 / 8

Que désigne « Philadelphia Eleven » ?

11 femmes diaconesses ordonnées prêtres à l'église de l'Avocat (Philadelphia, USA) par 3 évêques retraités, contre les canons. Ordinations « irrégulières » d'abord refusées. Régularisées à la convention générale de 1976.

Question 4 / 8

Quand la Church of England a-t-elle ordonné des femmes prêtres ?

Synode général de l'Église d'Angleterre (11 novembre 1992) vote l'ordination des femmes. Premières ordinations en mars 1994. Évêques femmes autorisées en 2014. Précède le tournant anglican mondial.

Question 5 / 8

Que défend Inter Insigniores (1976) ?

Déclaration de la CDF, 15 octobre 1976, sous Paul VI. 3 arguments : constante tradition, attitude du Christ, iconicité (in persona Christi). Confirmée par Jean-Paul II dans Ordinatio Sacerdotalis (1994).

Question 6 / 8

Que défend Ordinatio Sacerdotalis (Jean-Paul II, 1994) ?

22 mai 1994. Réponse à l'ordination des femmes prêtres dans la Church of England (1992). Interprétée par la CDF (1995) comme appartenant au dépôt de la foi. Sous François : commission sur le diaconat féminin (2016, 2020) sans conclusion.

Question 7 / 8

Qui est devenu 106e Archevêque de Cantorbéry le 28 janvier 2026 ?

Ancienne Chief Nursing Officer du NHS, évêque de Londres depuis 2018. Intronisée le 25 mars 2026 (Annonciation). Première femme primat de la Communion anglicane mondiale (42 provinces, 85 millions). Succède à Welby (démissionnaire 6 janvier 2025 après le rapport Smyth).

Question 8 / 8

Que défend le complémentarisme évangélique ?

Position évangélique conservatrice. Recovering Biblical Manhood and Womanhood (1991). Femmes exclues du sacerdoce, soumission dans le mariage. Versets : 1 Co 11,3, 1 Tm 2,11-15, Ép 5,22-24. Position de la Southern Baptist Convention.

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