Histoire
Missions et expansion du christianisme
L'expansion mondiale du christianisme — des premières missions aux enjeux contemporains de l'inculturation.
Le christianisme est né en Palestine et compte aujourd'hui 2,4 milliards de fidèles sur tous les continents — soit environ 33% de la population mondiale. Cette expansion est le résultat de deux millénaires de mission, souvent liée à l'expansion coloniale européenne, ce qui pose des questions cruciales d'inculturation et de théologie de la mission.
Les vagues d'expansion historique
Théologie de la mission — Missio Dei
La Missio Dei (mission de Dieu) est un concept théologique développé à la Conférence de Willingen (IMC, 1952) : c'est Dieu lui-même qui est missionnaire — la mission n'est pas d'abord l'activité de l'Église mais la participation de l'Église à la mission trinitaire de Dieu dans le monde. Ce cadre remplace le vieux modèle colonial « l'Église envoie des missionnaires» par « Dieu envoie l'Église dans le monde».
Les six grandes vagues de l'expansion chrétienne
L'histoire missionnaire chrétienne se déploie en six vagues principales, chacune liée à un contexte géopolitique, théologique et culturel distinct. De l'expansion apostolique du Ier siècle jusqu'au christianisme du Sud global au XXIe, la mission a profondément modifié à la fois l'extension territoriale du christianisme et son centre de gravité culturel.
| Vague | Période | Zone | Acteurs majeurs | Théologie missionnaire dominante |
|---|---|---|---|---|
| I. Apostolique | 30–313 | Bassin méditerranéen, Mésopotamie, Inde (Thomas) | Paul, Pierre, Thomas, communautés migrantes | Universalisme paulinien (Rm 1,16 ; Mt 28,19) |
| II. Constantinienne | 313–800 | Empire romain christianisé, missions en Irlande (Patrick), Northumbrie (Aidan), Bénédictins en Europe | Patrick (~432), Augustin de Cantorbéry (597), Boniface (Allemagne, 718) | Conversion des peuples par leurs rois, baptême tribal |
| III. Médiévale | 800–1500 | Europe orientale (Cyrille-Méthode), Asie centrale nestorienne, Russie | Cyrille-Méthode (chez les Slaves, 863), Anschar (Scandinavie 850), Raymond Lulle (Islam, 1276) | Mission par les ordres mendiants (franciscains, dominicains) |
| IV. Coloniale catholique | 1500–1800 | Amériques, Asie, Afrique | Jésuites (Xavier Asie 1542, Ricci Chine 1583, Nobili Inde 1606), Réductions paraguayennes | Padroado portugais, Patronato espagnol ; Propaganda Fide (1622) ; controverse des rites chinois |
| V. Missionnaire protestante | 1792–1945 | Inde (Carey 1793), Pacifique, Afrique, Chine, Madagascar | William Carey, David Livingstone, Hudson Taylor, Bâle Mission, Société de Paris, Société de Bâle | Doctrine de la « mission étrangère » ; conférence Édimbourg 1910 |
| VI. Mondiale et Sud global | 1945–aujourd'hui | Décentrement vers le Sud (Afrique, Asie, Amérique latine) | Églises locales autochtones ; mouvements pentecôtistes ; missionnaires Sud→Sud (Brésil, Corée, Nigeria) | « Mission de tous, vers tous, partout » (Lausanne 1974, Le Cap 2010) |
L'expansion apostolique (30–313)
Le mandat missionnaire — Matthieu 28,18-20
Grec — NA28
Ἐδόθη μοι πᾶσα ἐξουσία ἐν οὐρανῷ καὶ ἐπὶ γῆς. πορευθέντες οὖν μαθητεύσατε πάντα τὰ ἔθνη, βαπτίζοντες αὐτοὺς εἰς τὸ ὄνομα τοῦ Πατρὸς καὶ τοῦ Υἱοῦ καὶ τοῦ Ἁγίου Πνεύματος, διδάσκοντες αὐτοὺς τηρεῖν πάντα ὅσα ἐνετειλάμην ὑμῖν.
Latin — Vulgate
Data est mihi omnis potestas in caelo et in terra. Euntes ergo docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti: docentes eos servare omnia quaecumque mandavi vobis.
Français — TOB
« Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. »
Note exégétique : le verbe central mathēteusate (« faites des disciples ») est à l'aoriste impératif. Les trois participes (poreuthentes, « étant allés » — baptizontes, « baptisant » — didaskontes, « enseignant ») expriment les modalités. La structure grammaticale identifie le faire-disciples comme commande principale, et les autres actions comme moyens. Texte fondateur de la mission chrétienne, repris par toutes les déclarations missionnaires modernes.
Géographie de l'expansion primitive
Au début du IVe siècle, juste avant l'édit de tolérance de Milan (313), le christianisme couvre déjà un vaste réseau :
- Mésopotamie — Église syriaque, école d'Édesse, Église assyrienne d'Orient (Ctésiphon) ;
- Asie Mineure — Anatolie densément christianisée (Pline le Jeune, lettre X.96, 112) ;
- Syrie-Palestine, Égypte — Alexandrie comme grand centre théologique ;
- Afrique du Nord — Carthage, Hippone ; tradition latine (Tertullien, Cyprien) ;
- Italie, Gaule, Espagne — implantations urbaines ;
- Arménie — première nation chrétienne (~301, conversion du roi Tiridate) ;
- Inde du Sud — tradition des chrétiens de saint Thomas (Kerala), attestée historiquement dès le IIIe siècle ;
- Éthiopie — conversion du roi Ezana vers 330 ; Frumence ordonné évêque par Athanase d'Alexandrie.
L'effort missionnaire jésuite (1540–1773)
Xavier en Asie (1542–1552)
François Xavier (1506–1552), navarrais, cofondateur de la Compagnie de Jésus avec Ignace de Loyola, est envoyé en Asie par le roi du Portugal en 1542. En dix années :
- 1542–1544 — Goa et côte de Pêcherie en Inde ;
- 1545–1548 — Malacca, Moluques, Bornéo ;
- 1549–1551 — Japon (premier missionnaire chrétien). Premières communautés autochtones de Kagoshima, Yamaguchi, Kyoto ;
- 1552 — Tente d'entrer en Chine ; meurt sur l'île de Sancian le 3 décembre.
Ricci en Chine (1583–1610)
Matteo Ricci (1552–1610), jésuite italien, formé en mathématiques et astronomie, met au point une méthode d'inculturation radicalement nouvelle :
- Étudie le chinois (mandarin et classique) — premier Européen à le maîtriser à un niveau lettré ;
- Adopte la tenue des lettrés confucéens (au début bonze, puis lettré confucéen) ;
- Présente le christianisme dans le vocabulaire et les catégories du confucianisme classique (Tian Shang Ti = « Seigneur du Ciel »), arguant que ces concepts préchrétiens convergent avec la révélation biblique ;
- Publie le Tianzhu Shiyi (« La vraie doctrine du Seigneur du Ciel », 1603) en chinois classique ;
- Présente cartes du monde, horloges, sciences européennes comme « porte d'entrée » au christianisme.
La controverse des rites chinois (1631–1742)
Les méthodes des jésuites suscitent une violente opposition des autres ordres missionnaires (dominicains et franciscains) qui dénoncent à Rome :
- L'usage du terme Tian (« Ciel ») et Shang-Ti (« Souverain d'en-haut ») pour Dieu — accusation de paganisme ;
- La tolérance des rites des ancêtres (sacrifices, prosternations) considérée par les jésuites comme civils, par les dominicains comme idolâtres ;
- La participation aux rites confucéens jugée acceptable par les jésuites.
Après plusieurs décrets contradictoires, la bulle Ex Quo Singulari de Benoît XIV (11 juillet 1742) tranche en faveur de la position rigoureuse : les rites chinois sont interdits. Cette décision provoque la persécution des chrétiens en Chine et l'arrêt de l'expansion missionnaire jésuite. Les positions n'ont été révisées par Rome qu'en 1939 (Plane Compertum de Pie XII), trop tard pour récupérer la situation.
Les missions protestantes (1792–1945)
William Carey et l'éveil missionnaire (1792)
Le pasteur baptiste anglais William Carey (1761–1834), cordonnier devenu théologien autodidacte, publie en 1792 son traité An Enquiry into the Obligations of Christians to Use Means for the Conversion of the Heathens. Il y développe la thèse que la Grande Commission de Mt 28 reste contraignante pour les chrétiens contemporains, contre la position dominante (calviniste hyper-souveraineté + arminienne « providence ») selon laquelle Dieu sauvera ses élus sans intervention humaine systématique.
Le 31 mai 1792, devant l'Association baptiste du Northamptonshire à Nottingham, Carey prêche son célèbre sermon : « Expect great things from God ; attempt great things for God ». Il fonde la Baptist Missionary Society en octobre 1792 et part lui-même en Inde le 13 juin 1793. Il s'installe à Serampore (Bengale) et traduit la Bible (ou des parties) en bengali, ourdou, marathe, sanskrit, hindi, et plus de 30 langues indiennes.
Les sociétés missionnaires du XIXe siècle
| Société | Fondation | Origine | Champ d'action principal |
|---|---|---|---|
| Baptist Missionary Society | 1792 | Royaume-Uni | Inde, Caraïbes, Afrique |
| London Missionary Society | 1795 | Congrégationaliste, GB | Pacifique, Madagascar, Afrique du Sud, Chine |
| Church Missionary Society | 1799 | Anglicane évangélique | Sierra Leone, Nigeria, Inde, Nouvelle-Zélande |
| Mission Romande (Lausanne) | 1875 | Suisse romande (réformée) | Afrique australe (Mozambique, Afrique du Sud) |
| Mission de Bâle | 1815 | Suisse alémanique-Allemagne (piétiste) | Ghana, Inde, Cameroun |
| Société des Missions évangéliques de Paris | 1822 | Réformés français | Lesotho, Madagascar, Sénégal, Polynésie |
| American Board of Commissioners for Foreign Missions | 1810 | Congrégationaliste US | Inde, Hawaï, Empire ottoman |
| China Inland Mission | 1865 | James Hudson Taylor, GB | Intérieur de la Chine |
| Société des Missions africaines | 1856 | Catholique française | Afrique occidentale |
Les missions suisses — focus spécifique
La Suisse, terre natale du calvinisme et du piétisme, a développé un mouvement missionnaire d'une intensité remarquable au regard de sa taille. Deux centres dominent : la Suisse romande (réformée francophone) avec la Mission Romande de Lausanne, et la Suisse alémanique (germanophone) avec la Mission de Bâle.
1. La Mission Romande (Lausanne, fondée en 1875)
La Mission Romande — appelée plus précisément Mission Suisse dans l'Afrique du Sud, puis Mission Suisse, et aujourd'hui partie de DM-Échange et Mission (Lausanne) — est fondée en 1875 à Lausanne par Ernest Creux (1845–1929) et Paul Berthoud (1847–1930), deux pasteurs vaudois récemment diplômés de la Faculté de théologie de l'Église Libre du Canton de Vaud.
Le champ d'action principal est l'Afrique australe, plus précisément le pays des Tsonga (aujourd'hui sud du Mozambique et nord-est de l'Afrique du Sud, Province du Limpopo). Les missionnaires établissent les premières stations à Valdezia (1875), Elim (1877), Ricatla et Antioka (1881–1887), puis Lourenço Marques / Maputo (1887). Ils traduisent la Bible en tsonga (langue xitsonga, achevée en 1907 par Henri-Alexandre Junod et collaborateurs locaux).
Figures majeures de la Mission Romande :
- Henri-Alexandre Junod (1863–1934) — pasteur neuchâtelois, anthropologue pionnier, auteur de The Life of a South African Tribe (1912, 2 vol.) ; étude ethnographique majeure des Tsonga, citée par Malinowski et Mauss ;
- Élisée Reclus de Watteville — explorateur et missionnaire vaudois ;
- Henri Berthoud (1856–1904), Paul Berthoud et toute la dynastie missionnaire vaudoise ;
- Pierre Loze, Albert et Adèle Grandjean, Marcelle Burnier — missionnaires médicaux et éducateurs.
La Mission Romande a notamment formé l'élite ecclésiale et politique tsonga, contribué à la traduction biblique en langues bantoues, et participé à la lutte contre le système colonial portugais et l'apartheid sud-africain. Elle a fusionné avec d'autres œuvres romandes en 1963 pour former le Département Missionnaire des Églises Romandes (DMR), devenu en 2007 DM-Échange et Mission (siège à Lausanne), partenaire de l'Église évangélique réformée de Suisse (EERS).
2. La Mission de Bâle (fondée en 1815)
La Mission de Bâle (Basler Mission, aujourd'hui Mission 21) est fondée en 1815 par des piétistes wurtembergeois et bâlois. Elle naît du contexte du Réveil de Bâle, à la confluence du luthéranisme piétiste allemand et du réformisme suisse alémanique. Son séminaire missionnaire (Missionshaus) ouvre en 1816 et forme jusqu'en 1914 plus de 2 000 missionnaires.
Champs d'action principaux :
- Ghana / Côte de l'Or (depuis 1828) — fondation de l'Église presbytérienne du Ghana, traduction biblique en twi, ga, ewe ; développement du cacao comme culture commerciale ;
- Inde du Sud / Karnataka (depuis 1834) — fondation de l'Église protestante du Karnataka, action éducative et hospitalière ;
- Cameroun (à partir de 1886) — Église presbytérienne du Cameroun ;
- Chine (1846–1949) — Hong-Kong et province du Guangdong ;
- Bornéo / Kalimantan et plusieurs autres champs en Asie et en Afrique.
Figures majeures : Christian Friedrich Spittler (1782–1867), administrateur fondateur ; Friedrich Ramseyer (1840–1914), missionnaire au Ghana et prisonnier des Achanti ; Andreas Riis, Johann Gottlieb Christaller (linguiste du twi).
La Mission de Bâle a fusionné en 2001 avec l'Œuvre missionnaire évangélique des Églises suisses (KEM) pour devenir Mission 21, dont le siège est toujours à Bâle. Partenaire de l'Église évangélique réformée de Suisse (EERS).
3. Autres œuvres suisses
- Société des Missions évangéliques de Bâle (1815, supra) — la principale et la plus ancienne ;
- Société des Missions du Sud-Africa — éphémère mission neuchâteloise (1840–1850) ;
- Mission Croix-Bleue (Bâle, 1877) — lutte contre l'alcoolisme avec dimension missionnaire ;
- Hilfe für Brüder — œuvre piétiste alémanique pour les Églises minoritaires ;
- Mission tzigane / SAM Global — missions parmi les minorités ethniques.
Albert Schweitzer — théologien, médecin, missionnaire
Bien qu'il ne soit pas le produit d'une société missionnaire classique, Albert Schweitzer (1875–1965) est l'une des figures missionnaires les plus emblématiques du XXe siècle, et l'unique missionnaire protestant à avoir reçu le prix Nobel de la paix (1952).
Né à Kaysersberg (Haute-Alsace), Schweitzer est à la fois :
- Théologien — auteur d'ouvrages majeurs sur le Nouveau Testament : Das Messianitäts- und Leidensgeheimnis (1901), Von Reimarus zu Wrede (1906, traduit en anglais sous le titre The Quest of the Historical Jesus, 1910) — ouvrage fondateur de la « première quête » du Jésus historique, défense de l'eschatologie conséquente ; Die Mystik des Apostels Paulus (1930) ;
- Musicien et organiste — auteur d'une biographie de référence de J.-S. Bach. Le musicien-poète (1905) ; concertiste international ; éditeur des œuvres pour orgue de Bach (avec Charles-Marie Widor) ;
- Philosophe — concepteur de l'éthique du « Respect de la Vie » (Ehrfurcht vor dem Leben), exposée dans Kultur und Ethik (1923) et Die Weltanschauung der indischen Denker (1935) ; éthique universelle de la solidarité avec tout être vivant ;
- Médecin et missionnaire — études de médecine entamées à 30 ans après une carrière théologique déjà accomplie ; fondation et direction de l'hôpital de Lambaréné (Gabon, Afrique équatoriale française) en 1913, où il exerce jusqu'à sa mort en 1965 ; développement d'un modèle missionnaire holistique alliant soin médical, formation des soignants africains, prédication non confessionnelle, défense des langues locales.
Schweitzer est missionnaire indépendant, formellement membre de la Société des Missions évangéliques de Paris (Société de Paris) à partir de 1912, après ordination pastorale dans l'Église luthérienne d'Alsace-Lorraine (1898). Sa théologie missionnaire repose sur trois principes : (1) refus du prosélytisme agressif et respect des traditions religieuses africaines ; (2) priorité absolue à l'incarnation de l'Évangile par le service médical et humanitaire ; (3) « Mon devoir n'est pas de juger, mais d'aider ».
Distinctions et héritage : Prix Goethe (Francfort 1928), Prix Nobel de la paix 1952, doctorats honoris causa de Chicago, Edinburgh, Oxford, Tübingen. L'hôpital de Lambaréné fonctionne toujours comme la Fondation Internationale Hôpital Albert Schweitzer. Le mouvement Schweitzer compte aujourd'hui des associations dans 22 pays.
Influence durable de Schweitzer sur la théologie missionnaire : sa critique de la « théorie des deux temps de la mission » (premier évangéliser, puis civiliser), sa pratique d'une mission incarnationnelle, et son éthique du Respect de la Vie ont anticipé les théologies de la libération, l'écothéologie, et le tournant post-colonial des missiologies contemporaines.
Édimbourg 1910 — naissance de l'œcuménisme
La World Missionary Conference d'Édimbourg (14-23 juin 1910), réunissant 1 215 délégués de 159 sociétés missionnaires protestantes (catholiques et orthodoxes absents), marque la naissance du mouvement œcuménique moderne. Trois constats centraux :
- La division confessionnelle des Églises est un obstacle scandaleux à la mission (« Comment les païens croiraient-ils si les chrétiens sont divisés ? ») ;
- La nécessité de la coopération entre sociétés missionnaires sur les terrains ;
- L'émergence des Églises autochtones qui doivent prendre leur place dans l'évangélisation.
Trois mouvements en sont issus directement :
- International Missionary Council (1921, intégré au COE en 1961) ;
- Faith and Order (Foi et Constitution, fondé à Lausanne 1927) ;
- Life and Work (Vie et Action, fondé à Stockholm 1925).
Ces trois mouvements fusionneront à Amsterdam le 23 août 1948 pour former le Conseil œcuménique des Églises (COE / WCC).
Le christianisme du Sud global (1945–aujourd'hui)
Le déplacement du centre de gravité
L'historien Philip Jenkins (The Next Christendom, 2002, rév. 2011) a documenté un déplacement géographique massif :
| Année | Europe + Amérique du Nord | Sud global (Afrique, Asie, Amérique latine) |
|---|---|---|
| 1900 | ~83 % | ~17 % |
| 2000 | ~37 % | ~63 % |
| 2050 (projection) | ~22 % | ~78 % |
En 2050, selon les projections de Jenkins et de la World Christian Database, on aura :
- ~470 millions de chrétiens en Afrique subsaharienne ;
- ~590 millions en Amérique latine (cumul catholique + protestant) ;
- ~440 millions en Asie ;
- ~140 millions en Europe ;
- ~270 millions en Amérique du Nord.
Caractéristiques du christianisme du Sud global
Selon Jenkins et la Center for the Study of Global Christianity :
- Plus traditionaliste sur les questions doctrinales et éthiques (autorité de l'Écriture, mariage, sexualité) ;
- Plus charismatique-pentecôtiste (~40 % du protestantisme global y est charismatique) ;
- Plus engagé politiquement (théologie de la libération en Amérique latine, théologies de la reconstruction en Afrique post-coloniale) ;
- Plus mission Sud→Sud — les missionnaires viennent du Brésil, du Nigeria, de la Corée du Sud, des Philippines, plus que d'Europe.
Les nouvelles théologies missionnaires (Le Cap 2010, Édimbourg 2010)
Deux conférences majeures ont eu lieu pour célébrer le centenaire d'Édimbourg :
- Édimbourg 2010 (2-6 juin 2010) — œcuménique au sens large, sur le thème « Witnessing to Christ Today » ;
- Le Cap 2010 (16-25 octobre 2010) — 3e Congrès du Mouvement de Lausanne, après Lausanne 1974 et Manille 1989. Engagement du Cap en deux parties : confession de foi + appel à l'action.
Trois axes émergent comme structurants pour la mission au XXIe siècle :
- Mission intégrale (mission integral) — théologisée par René Padilla et le Fraternidad Teológica Latinoamericana : évangélisation et action sociale sont indissociables.
- Inculturation contextuelle — chaque culture exprime l'Évangile dans ses propres catégories sans hiérarchie occidentale présupposée.
- Dialogue interreligieux — non plus comme préliminaire à la mission, mais comme dimension constitutive du témoignage chrétien (cf. Vers une vision commune, Conseil œcuménique 2013).
Synthèse pédagogique
L'expansion chrétienne, parcourue en 6 vagues sur 2 000 ans, a profondément modifié son centre de gravité géographique. D'une expansion centripète eurocentrée (vagues II–V), on passe au XXIe siècle à un christianisme polycentrique majoritairement situé dans le Sud global. La théologie missionnaire contemporaine articule trois principes : mission intégrale, inculturation contextuelle, dialogue interreligieux.
Pour le contexte historique des origines chrétiennes, voir Origines du christianisme. Pour les divisions consécutives à l'expansion missionnaire (rites chinois, etc.), voir Schismes et divisions. Pour les théologies du Sud global, voir Théologie de la libération et Théologies féministes.
📚 Bibliographie complète
La bibliographie thématique de ce module (14 références SBL) a été intégrée à la bibliographie générale, section XXVII (par module). Pour les ressources transversales, voir aussi les sections I–XXVI.
📊 Statistiques
Combien de chrétiens dans le monde ?
↩
✓
Environ 2,4 milliards — environ 33% de la population mondiale. Catholiques : 1,4 Md. Protestants : ~800 M. Orthodoxes : ~300 M.
🌍 Théologie
Qu'est-ce que la Missio Dei ?
↩
✓
Concept théologique (Conférence de Willingen, IMC, 1952) : c'est Dieu lui-même qui est missionnaire. La mission est la participation de l'Église à la mission trinitaire de Dieu dans le monde — non une activité ecclésiastique autonome.
🎨 Inculturation
Qu'est-ce que l'inculturation ?
↩
✓
Processus par lequel l'Évangile est traduit et enraciné dans une culture donnée sans perdre son noyau normatif. Distinction entre l'Évangile (universel) et ses expressions culturelles (variables). Vatican II, Gaudium et Spes.
Avant 1952, le modèle dominant de la mission était ecclésiocentrique : l'Église envoie des missionnaires pour convertir les peuples non-chrétiens — souvent associé à la civilisation occidentale.
La Missio Dei (Willingen, 1952) inverse ce cadre : c'est Dieu le Père qui envoie le Fils, qui envoie l'Esprit, qui envoie l'Église dans le monde. La mission appartient d'abord à Dieu, non à l'Église. L'Église ne se possède pas elle-même — elle participe à une mission qui la précède et la dépasse.
Conséquences : critiques du colonialisme missionnaire ; priorité à l'inculturation ; respect des cultures et religions non chrétiennes ; mission comme présence et service, non seulement comme prédication.
Réf. : Bosch, David. Transforming Mission (Orbis, 1991).
Missions et expansion du christianisme
2 questions
Q1/2
Qu'est-ce que le concept de Missio Dei affirme ?
💡
La Missio Dei (Willingen, 1952) : c'est Dieu lui-même qui est missionnaire — la mission appartient à la Trinité. L'Église ne fait que participer à cette mission qui la précède et la dépasse.Q2/2
Combien de chrétiens dans le monde actuellement ?
💡
Environ 2,4 milliards de chrétiens dans le monde — soit environ 33% de la population mondiale. Catholiques : 1,4 Md. Protestants : ~800 M. Orthodoxes : ~300 M.Score
🎓 Studio interactif — Missions et expansion
40 cartes sur les six vagues missionnaires de Paul au christianisme du Sud global. Navigation clavier (← → A R).
Paul de Tarse
vers 5 – vers 64/67
Cliquer pour révélerl'apôtre des nations, premier grand missionnaire
Trois voyages missionnaires en Méditerranée orientale (Galates, Corinthe, Éphèse…). Stratégie urbaine, prédication dans les synagogues puis aux païens. Sa théologie missionnaire (Rm 15,18-21) reste fondatrice : « porter l'Évangile là où le nom du Christ n'a pas été prononcé ».
Ac 13–28 ; Rm 15,18-21
Patrick d'Irlande
vers 385 – vers 461
Cliquer pour révélerl'apôtre de l'Irlande
Romano-britannique enlevé jeune et esclavagé en Irlande. Y retourne ensuite comme évangélisateur (Ve s.). Sa Confessio autobiographique est un précieux témoignage. Origine du monachisme celte, plus tard missionnaire vers l'Europe continentale.
Confessio (Ve s.)
Cyrille et Méthode
IXe s.
Cliquer pour révélerles apôtres des Slaves
Frères grecs de Thessalonique, missionnaires en Moravie. Créent l'alphabet glagolitique (ancêtre du cyrillique) et traduisent la liturgie et la Bible en vieux-slave. Modèle d'inculturation. Patrons de l'Europe avec Benoît (Jean-Paul II, 1980).
Mission de Grande-Moravie (863)
François Xavier
1506–1552
Cliquer pour révélerl'apôtre de l'Asie, cofondateur des jésuites
Jésuite, compagnon d'Ignace de Loyola. Missions en Inde (Goa, 1542), aux Moluques, au Japon (1549). Meurt en vue de la Chine en 1552. Premier jésuite à pratiquer une mission d'adaptation aux cultures asiatiques.
Goa 1542 ; Japon 1549
Matteo Ricci
1552–1610
Cliquer pour révélerle jésuite à la cour de Chine
Jésuite italien. Adopte la tenue et les manières des lettrés confucéens (mandarin). À Pékin (1601), savant respecté à la cour Ming. Pionnier de l'inculturation : présente le christianisme dans la langue de la philosophie chinoise. Ouvre la controverse des rites chinois.
Pékin 1601 ; controverse des rites
William Carey
1761–1834
Cliquer pour révélerle « père des missions protestantes modernes »
Cordonnier baptiste britannique. Publie en 1792 son Enquiry qui réveille l'élan missionnaire protestant. Part en Inde (Serampore, 1793) comme linguiste et traducteur. Devise : « Expect great things from God ; attempt great things for God. »
Enquiry (1792) ; Serampore
David Livingstone
1813–1873
Cliquer pour révélermédecin missionnaire et explorateur en Afrique australe
Écossais, envoyé par la London Missionary Society. Parcourt l'Afrique australe, lutte contre la traite des esclaves. Sa devise : « Christianisme, commerce et civilisation ». Meurt en prière, en Zambie (1873).
Missionary Travels (1857)
Hudson Taylor
1832–1905
Cliquer pour révélerfondateur de la China Inland Mission
Britannique évangélique. Fonde la China Inland Mission (1865) pour évangéliser l'intérieur de la Chine. Innovation : adopter la tenue et le mode de vie chinois. Modèle d'organisation interdénominationnelle.
China Inland Mission (1865)
Albert Schweitzer
1875–1965
Cliquer pour révélerthéologien, organiste, médecin missionnaire
Alsacien luthérien. Théologien (La quête du Jésus historique, 1906), organiste-interprète de Bach. Fonde l'hôpital de Lambaréné (Gabon, 1913). Prix Nobel de la paix 1952. Éthique du respect de la vie (Ehrfurcht vor dem Leben).
Lambaréné (1913) ; Nobel 1952
Bartolomé de Las Casas
1484–1566
Cliquer pour révélerle défenseur des Indiens d'Amérique
Dominicain espagnol. Brevísima relación de la destrucción de las Indias (1552). Plaide pour les Indiens à la controverse de Valladolid (1550-1551) contre Sepúlveda. Figure pionnière des droits humains et critique missionnaire de la conquête.
Valladolid (1550-1551)
Adoniram Judson
1788–1850
Cliquer pour révélerpremier grand missionnaire baptiste américain en Birmanie
Congrégationaliste devenu baptiste pendant la traversée. Mission en Birmanie dès 1813. Traduit la Bible en birman (1834). Modèle des missions protestantes nord-américaines du XIXe siècle.
Birmanie (1813) ; Bible birmane 1834
Lesslie Newbigin
1909–1998
Cliquer pour révélerthéologien de la mission au XXe s.
Britannique. Évêque de l'Église de l'Inde du Sud (CSI). Retour en Occident → théoricien d'une mission à l'Occident sécularisé. The Gospel in a Pluralist Society (1989). Figure majeure du COE et de la missio Dei.
CSI ; The Gospel in a Pluralist Society
vers 30
le mandat missionnaire
Cliquer pour révélerMt 28,18-20 — le « Grand Commandement »
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » Fondement scripturaire universel de l'envoi missionnaire.
Mt 28,18-20 ; Mc 16,15 ; Lc 24,47
30–313
1re vague — expansion apostolique
Cliquer pour révélerde Jérusalem à tout l'Empire romain
Expansion dans le bassin méditerranéen malgré les persécutions. Stratégie urbaine paulinienne. À la veille du tournant constantinien (313), le christianisme compte environ 10 % de la population de l'Empire.
Ac ; Édit de Milan 313
600–1100
2e vague — évangélisation de l'Europe
Cliquer pour révélerchristianisation des peuples germaniques et slaves
Missions monastiques : Augustin de Cantorbéry en Angleterre (597), Boniface chez les Germains (VIIIe s.), Cyrille et Méthode chez les Slaves (IXe s.), christianisation de la Rus' de Kiev (988). L'Europe devient chrétienne.
Augustin 597 ; Cyrille-Méthode 863
1492–1773
3e vague — expansion ibérique & jésuite
Cliquer pour révélerla mission catholique des « grandes découvertes »
Évangélisation des Amériques (XVIe s.), de l'Asie (Xavier, Ricci, Nobili), de l'Afrique. Largement portée par les jésuites jusqu'à la suppression de la Compagnie de Jésus (1773, par Clément XIV). Patronage royal espagnol et portugais.
Compagnie de Jésus 1540 ; supp. 1773
1792–1945
4e vague — éveil missionnaire protestant
Cliquer pour révélerles sociétés missionnaires protestantes
Réveil à partir de l'Enquiry de Carey (1792). Multiplication des sociétés missionnaires (BMS 1792, LMS 1795, CMS 1799, Bâle 1815, Paris 1822, Lausanne 1875). Coïncide avec l'expansion coloniale, qu'elle accompagne mais parfois conteste.
Carey 1792 ; sociétés du XIXe s.
1631–1742
controverse des rites chinois
Cliquer pour révélerdébat sur l'inculturation jésuite en Chine
Les jésuites (suite à Ricci) acceptaient certains rites confucéens et le culte des ancêtres comme civils. Dominicains et franciscains les jugeaient idolâtres. Rome tranche contre les jésuites (Benoît XIV, Ex quo singulari, 1742). Décision révisée par Pie XII en 1939.
Ex quo singulari (1742)
1910
Conférence d'Édimbourg
Cliquer pour révélernaissance du mouvement œcuménique moderne
Conférence missionnaire mondiale (1 200 délégués, Écosse). Constate que les divisions des Églises entravent la mission. Impulse les mouvements Faith and Order, Life and Work, qui aboutiront à la fondation du COE à Amsterdam (1948).
Édimbourg 1910 ; COE 1948
1945 → aujourd'hui
5e–6e vagues — Sud global & pentecôtisme
Cliquer pour révélerle déplacement du centre de gravité chrétien
En 1900 : 80 % des chrétiens dans le Nord. En 2025 : 65 % dans le Sud global (Afrique, Amérique latine, Asie). Explosion du pentecôtisme, des Églises africaines indépendantes, du protestantisme évangélique latino-américain et asiatique. Émergence de théologies contextuelles.
Pew Research ; Philip Jenkins
2010
Le Cap & Édimbourg 2010
Cliquer pour révélercentenaire d'Édimbourg : deux grandes conférences
Le Cape Town Commitment (Mouvement de Lausanne, courant évangélique) et la conférence d'Édimbourg 2010 (COE et partenaires œcuméniques) marquent le centenaire d'Édimbourg 1910 avec un nouveau visage : centre de gravité au Sud, mission « de partout vers partout ».
Le Cap 2010 ; Édimbourg 2010
1622
fondation de la Propaganda Fide
Cliquer pour révélerla congrégation romaine pour les missions
Grégoire XV crée la Congregatio de Propaganda Fide. Centralise les missions catholiques mondiales, en émancipant progressivement les missions du padroado (patronage) ibérique. Aujourd'hui : Dicastère pour l'évangélisation.
Propaganda Fide (1622)
Missio Dei
« mission de Dieu »
Cliquer pour révélerla mission est d'abord celle de Dieu, non de l'Église
Concept-clé de la théologie de la mission au XXe s. (Karl Barth, Karl Hartenstein, conférence de Willingen 1952). La mission n'est pas une activité de l'Église, mais l'Église est envoyée par le Dieu missionnaire (Père envoie le Fils, le Fils l'Esprit, l'Esprit l'Église).
Willingen 1952 ; Barth ; Newbigin
Inculturation
racines / réception
Cliquer pour révélerl'Évangile s'incarne dans une culture sans la détruire
Présenter et recevoir l'Évangile à l'intérieur d'une culture particulière (langue, formes de pensée, formes liturgiques). Précédents : Paul à Athènes (Ac 17), Cyrille et Méthode, Ricci. Concept formalisé surtout après Vatican II.
Ac 17 ; Vatican II
Prosélytisme
à distinguer de la mission
Cliquer pour révélerrecrutement abusif par pressions ou avantages
Le mouvement œcuménique distingue la mission légitime (témoignage offert au libre choix) du prosélytisme (pressions matérielles, sociales, psychologiques). Document COE-Vatican sur le sujet (1995, 2011). Question vive entre orthodoxes et missions occidentales.
Document COE-Vatican (2011)
Trois autonomies
Venn / Anderson
Cliquer pour révélerÉglise autochtone : auto-soutien, auto-gouvernement, auto-propagation
Doctrine missiologique du XIXe s. (Henry Venn, CMS ; Rufus Anderson, ABCFM) : la mission vise à fonder des Églises locales qui se financent, se gouvernent et évangélisent elles-mêmes. Préfigure la décolonisation des Églises.
« Three-self movement » ; Venn 1851
De partout vers partout
mission post-coloniale
Cliquer pour révélerla mission n'est plus Nord → Sud
Aujourd'hui, des missionnaires africains, asiatiques, latino-américains évangélisent en Europe et en Amérique du Nord (sécularisées). « Reverse mission ». L'Église nigériane (anglicane), brésilienne (pentecôtiste) ou coréenne (presbytérienne) envoie de nombreux missionnaires.
Le Cap 2010 ; Édimbourg 2010
Société missionnaire
structure du XIXe s.
Cliquer pour révélerassociation volontaire pour soutenir une mission
Innovation protestante : à la place d'ordres missionnaires (cath.), des sociétés associatives portées par des laïcs et soutenues par des collectes (« missionary societies »). Modèle : BMS 1792 (baptistes), LMS 1795, CMS 1799, Bâle 1815, SMEP Paris 1822, MSL Lausanne 1875.
BMS 1792 ; LMS 1795 ; CMS 1799
Christianisme du Sud global
Philip Jenkins
Cliquer pour révélerle visage majoritaire du christianisme du XXIe s.
Conceptualisé par Philip Jenkins (The Next Christendom, 2002). Caractéristiques : foi plus surnaturaliste et expérientielle, jeunesse, charismatisme et pentecôtisme, lectures littéralistes, fort engagement social. Réoriente les équilibres mondiaux des Églises.
Jenkins, The Next Christendom (2002)
Mt 28,18-20
la Grande Mission
Cliquer pour révélerle « Grand Commandement » missionnaire
« Tout pouvoir m'a été donné… Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »
Mt 28,18-20 ; Mc 16,15 ; Ac 1,8
Carey, Enquiry
1792
Cliquer pour révélerAn Enquiry into the Obligations of Christians…
Court traité du cordonnier baptiste William Carey démontrant l'obligation missionnaire des chrétiens. Acte de naissance du mouvement missionnaire protestant moderne. La même année, fondation de la Baptist Missionary Society (BMS).
Enquiry (1792) ; BMS
Édimbourg 1910
World Missionary Conference
Cliquer pour révélerla conférence missionnaire qui enfanta l'œcuménisme
Sous la présidence de John Mott. 1 215 délégués. Slogan : « L'évangélisation du monde en cette génération ». Constate que les divisions des Églises sont un scandale missionnaire. Origine des mouvements Faith and Order, Life and Work, IMC, COE.
John Mott ; Édimbourg 1910
Ad Gentes
Vatican II, 1965
Cliquer pour révélerle décret conciliaire sur l'activité missionnaire
Décret de Vatican II refondant la théologie catholique de la mission. La mission appartient à la nature même de l'Église (chap. I) ; ouverture à l'inculturation et au dialogue interreligieux. Complété par Evangelii Nuntiandi de Paul VI (1975) et Redemptoris Missio de Jean-Paul II (1990).
Ad Gentes (1965)
Cape Town Commitment
2010
Cliquer pour révélerdocument de référence évangélique mondial
3e congrès du Mouvement de Lausanne (Cape Town, 2010), après Lausanne 1974 (avec John Stott et Billy Graham) et Manille 1989. Structure : confession de foi + appel à l'action. Référence du protestantisme évangélique mondial.
Cape Town Commitment (2010)
Mission Romande
Lausanne, 1875
Cliquer pour révélerla grande œuvre missionnaire des Églises libres romandes
Fondée à Lausanne (1875). Active surtout en Afrique australe (Mozambique, Afrique du Sud). Œuvre d'évangélisation, de scolarisation, de santé. À l'origine de l'évangélisation protestante du Mozambique. Devenue ultérieurement Département missionnaire (DM-échange et mission).
Mission Romande (1875)
Mission de Bâle
Basler Mission, 1815
Cliquer pour révélerl'une des plus anciennes sociétés missionnaires d'Europe continentale
Fondée à Bâle (1815) sur des bases piétistes et œcuméniques (réformés et luthériens). Active en Inde, au Ghana (Côte de l'Or), au Cameroun, à Bornéo, en Chine. Modèle d'œuvre missionnaire de langue allemande. Aujourd'hui Mission 21.
Basler Mission (1815)
Lambaréné
Gabon
Cliquer pour révélerl'hôpital fondé par Albert Schweitzer
Hôpital fondé en 1913 par Albert Schweitzer et son épouse Hélène Bresslau au cœur de la forêt équatoriale. Symbole de la mission médicale et de l'engagement humanitaire chrétien. Encore en activité, soutenu par l'Association internationale Albert Schweitzer.
Lambaréné (depuis 1913)
SMEP Paris
Société des missions évangéliques de Paris, 1822
Cliquer pour révélerl'œuvre missionnaire francophone par excellence
Fondée à Paris (1822), portée par les Églises réformées et luthériennes francophones. Missions au Lesotho, à Tahiti, au Gabon, au Cameroun, à Madagascar, en Nouvelle-Calédonie, au Sénégal. Aujourd'hui partie du DEFAP — Service protestant de mission.
SMEP (1822) ; DEFAP
CMS
Church Mission Society, 1799
Cliquer pour révélerla grande société missionnaire anglicane évangélique
Fondée à Londres (1799) par des évangéliques anglicans (dont William Wilberforce, abolitionniste). Active en Afrique, Inde, Nouvelle-Zélande, Moyen-Orient. Henry Venn (secrétaire 1841-1872) formule la doctrine des « trois autonomies ».
CMS (1799)
Serampore
Bengale (Inde)
Cliquer pour révélerbase missionnaire de Carey, foyer de traductions bibliques
Comptoir danois en Inde où William Carey, refoulé par la Compagnie britannique, s'établit (1800). Avec Marshman et Ward (« Trio de Serampore »), produit des traductions bibliques en de nombreuses langues indiennes. Fondateur du Serampore College (1818).
Serampore Trio ; Serampore College 1818
📖 Quiz 1 — Missionnaires et figures
10 questions sur les grandes figures missionnaires.
Question 1 / 10
Qui est le « père des missions protestantes modernes » ?
Question 2 / 10
Quel jésuite a pratiqué une mission d'inculturation à la cour de Chine ?
Question 3 / 10
Qui sont les apôtres des Slaves au IXe siècle ?
Question 4 / 10
Qui a fondé l'hôpital de Lambaréné en 1913 ?
Question 5 / 10
Quel dominicain a défendu les Indiens d'Amérique à la controverse de Valladolid ?
Question 6 / 10
Quel missionnaire écossais a parcouru l'Afrique australe et lutté contre la traite ?
Question 7 / 10
Qui a fondé la China Inland Mission (1865) ?
Question 8 / 10
Qui est le cofondateur jésuite et apôtre de l'Asie au XVIe s. ?
Question 9 / 10
Quel théologien anglican a développé la notion de mission à l'Occident sécularisé ?
Question 10 / 10
Qui est l'apôtre de l'Irlande au Ve siècle ?
🏆
10 / 10
100%
⚙ Quiz 2 — Vagues et dates clés
8 questions sur la chronologie de l'expansion chrétienne.
Question 1 / 8
Quel verset biblique est le mandat missionnaire par excellence ?
Question 2 / 8
Quel événement de 1492–1773 marque la 3e vague missionnaire ?
Question 3 / 8
Que se passe-t-il en 1792 dans l'histoire des missions ?
Question 4 / 8
Sur quoi a porté la controverse des rites chinois (1631–1742) ?
Question 5 / 8
Quelle conférence missionnaire de 1910 enfante le mouvement œcuménique moderne ?
Question 6 / 8
Où se situe aujourd'hui le centre de gravité du christianisme mondial ?
Question 7 / 8
Quelle congrégation romaine est fondée en 1622 pour centraliser les missions catholiques ?
Question 8 / 8
Que marquent ensemble Le Cap 2010 et Édimbourg 2010 ?
🏆
8 / 8
100%
📜 Quiz 3 — Concepts, sociétés et missions suisses
8 questions sur la théologie de la mission et les œuvres suisses.
Question 1 / 8
Que signifie missio Dei ?
Question 2 / 8
Qu'est-ce que l'inculturation ?
Question 3 / 8
Qu'enseigne la doctrine des « trois autonomies » (Venn, Anderson) ?
Question 4 / 8
Quand a été fondée la Mission Romande de Lausanne ?
Question 5 / 8
Quelle est l'une des plus anciennes sociétés missionnaires d'Europe continentale ?
Question 6 / 8
Qu'est-ce qu'une « société missionnaire » au sens du XIXe s. ?
Question 7 / 8
Que désigne l'expression « de partout vers partout » ?
Question 8 / 8
Comment l'œcuménisme distingue-t-il mission et prosélytisme ?
🏆
8 / 8
100%
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