Réclamé dès 1518, ouvert en 1545, clos en 1563 : le concile de Trente a mis vingt-sept ans à se réunir et dix-huit à s’achever, en trois périodes séparées par des interruptions de quatre et de dix ans. Ce calendrier n’est pas une anecdote administrative — il explique pourquoi le concile n’a pas empêché la division qu’il devait guérir, et il détermine ce qu’il a pu décider.
Pourquoi si tard ?
Trois obstacles ont bloqué la convocation pendant une génération.
La peur du conciliarisme. Depuis Constance et Bâle, la curie tient qu’un concile général est une menace pour la primauté. Le souvenir de Haec sancta et de la déposition de trois papes rendait l’instrument redoutable, et Pie II l’avait précisément interdit d’appel en 1460. Le résultat est paradoxal : la papauté a différé pendant un siècle l’instrument de sa propre réforme par crainte de ce qu’il pourrait décider.
La rivalité franco-impériale. Charles Quint veut un concile en Allemagne, traitant d’abord la réforme des mœurs pour permettre un compromis avec les protestants de ses États. François Ier ne veut aucun concile qui renforcerait son adversaire. Le lieu retenu — Trente, ville d’Empire mais de langue et de culture italiennes — est le compromis obtenu.
Le désaccord sur l’objet. Rome veut trancher la doctrine, l’Empereur veut réformer la discipline. Le concile résout la question par une procédure : chaque session promulgue simultanément un décret doctrinal et un décret de réforme. La solution est élégante et elle a un coût, puisqu’elle interdit de traiter la doctrine comme négociable.
Trois périodes
| Période | Pape | Sessions | Objets principaux |
|---|
| 1545-1547 | Paul III | I-VIII (puis IX-X à Bologne) | Écriture et traditions, canon, Vulgate, péché originel, justification, sacrements en général, baptême, confirmation |
| 1551-1552 | Jules III | XI-XVI | Eucharistie, pénitence, extrême-onction ; des délégués protestants de Saxe et de Wurtemberg sont présents et demandent la révision des décrets antérieurs ; la guerre interrompt tout |
| 1562-1563 | Pie IV | XVII-XXV | Communion sous une espèce, sacrifice de la messe, ordre et séminaires, mariage, purgatoire, saints, images, indulgences |
La présence de délégués protestants en 1552 mérite d’être soulignée, parce qu’elle est presque toujours omise. Ils réclament un sauf-conduit conforme au précédent de Constance, la suspension des décrets déjà votés, et le droit de vote pour les théologiens non évêques. Aucune de ces conditions n’est accordée, et l’interruption du concile règle la question. C’est le dernier moment où une discussion était formellement possible.
Les décrets décisifs
| Session | Date | Décret | Portée |
|---|
| IV | 8 avril 1546 | Écriture et traditions ; canon ; Vulgate | Canon incluant les deutérocanoniques ; la Vulgate déclarée «authentique» pour l’usage public — ce qui vise l’usage juridique, non l’excellence philologique |
| V | 17 juin 1546 | Péché originel | Réalité du péché originel ; la concupiscence qui demeure après le baptême n’est pas péché au sens propre |
| VI | 13 janvier 1547 | Justification | Seize chapitres et trente-trois canons — le plus élaboré du concile. Justification comme sanctification réelle par la charité infuse ; coopération du libre arbitre ; possibilité de mériter l’augmentation de la grâce ; rejet de la certitude du salut |
| VII | 3 mars 1547 | Sacrements | Sept sacrements institués par le Christ ; efficacité ex opere operato ; caractère indélébile pour trois d’entre eux |
| XIII | 11 octobre 1551 | Eucharistie | Présence réelle, substantielle et permanente ; le terme de transsubstantiation déclaré «très approprié» ; culte eucharistique en dehors de la messe |
| XXII | 17 septembre 1562 | Sacrifice de la messe | La messe est un sacrifice propitiatoire, non une réitération mais une représentation non sanglante de celui de la croix ; messes pour les défunts maintenues |
| XXIII | 15 juillet 1563 | Ordre et séminaires | Le canon 18 impose à chaque diocèse un séminaire — la mesure la plus conséquente du concile pour les quatre siècles suivants |
| XXIV | 11 novembre 1563 | Mariage — décret Tametsi | Le mariage n’est valide que célébré devant le curé et deux témoins : fin des mariages clandestins, et création d’un état civil religieux |
| XXV | 3-4 décembre 1563 | Purgatoire, saints, reliques, images, indulgences | Doctrines maintenues, abus condamnés ; interdiction de tout gain financier attaché aux indulgences |
Ce que Trente n’a pas décidé
Un concile se définit aussi par ce qu’il laisse ouvert, et les silences de Trente ont structuré quatre siècles de théologie catholique.
Le rapport de la grâce et du libre arbitre. Le décret sur la justification affirme les deux sans articuler leur concours. La question rebondira dès 1582 dans la controverse De auxiliis entre dominicains et jésuites, que Paul V clôt en 1607 sans trancher, en interdisant aux deux camps de qualifier l’autre d’hérétique. Le silence est délibéré et il tient encore.
L’autorité du pape sur le concile. Le conciliarisme n’est pas condamné ; il est contourné. Trente ne définit ni la primauté ni l’infaillibilité, questions qui attendront 1870.
La résidence épiscopale de droit divin. Cette question, apparemment technique, a failli faire éclater le concile en 1562-1563. Si l’obligation de résidence vient directement du Christ, l’évêque tient sa charge de Dieu et non par délégation pontificale, et toute la structure de la dispense romaine est atteinte. Le concile impose la résidence sans dire d’où elle vient.
L’appareil romain post-tridentin
Le concile n’aurait rien changé sans les instruments créés pour l’appliquer, et ceux-ci constituent la véritable nouveauté.
| Année | Instrument | Effet |
|---|
| 1542 | Congrégation du Saint-Office | Inquisition romaine centralisée |
| 1559 puis 1564 | Index librorum prohibitorum | Celui de Paul IV, d’une sévérité extrême, est corrigé par l’Index tridentin |
| 1564 | Congrégation du Concile | Interprétation authentique des décrets — organe d’application permanent |
| 1566 | Catéchisme romain | Destiné aux curés, non aux fidèles : instrument de formation du clergé |
| 1568 et 1570 | Bréviaire et Missel romains | Uniformisation liturgique de l’Occident latin pour quatre siècles |
| 1582 | Calendrier grégorien | Adopté immédiatement par les pays catholiques, refusé par les protestants jusqu’au XVIIIe siècle et par les orthodoxes pour le comput pascal |
| 1592 | Vulgate sixto-clémentine | Édition officielle, après le retrait de l’édition sixtine de 1590, truffée d’erreurs |
Le séminaire et le registre paroissial sont, sur la longue durée, les deux mesures les plus efficaces. Le premier crée un clergé formé, discipliné et socialement distinct ; le second produit une documentation sérielle sans laquelle la démographie historique n’existerait pas — les historiens travaillent aujourd’hui sur des sources créées par le concile de Trente pour contrôler les mariages.
Entre 1550 et 1650, les trois confessions occidentales accomplissent la même opération, avec les mêmes instruments et selon la même chronologie : fixer une doctrine, la faire enseigner, la faire contrôler, et faire coïncider l’appartenance religieuse avec l’appartenance politique. Ce parallélisme est l’objet du paradigme de la confessionnalisation, qui est l’apport le plus important de l’historiographie allemande à l’intelligence de la période.
Le paradigme
Ernst Walter Zeeden avait proposé dès 1958 la notion de Konfessionsbildung, formation confessionnelle, en constatant que les trois confessions se constituent par des procédés identiques. Wolfgang Reinhard et Heinz Schilling ont transformé le constat en paradigme dans les années 1980 en y ajoutant la dimension étatique : la confessionnalisation est un processus de construction de l’État moderne autant qu’un processus religieux.
Reinhard a dégagé sept opérations, réalisées partout dans le même ordre : établir une doctrine claire et la distinguer de celle du voisin ; diffuser et imposer des normes ; contrôler la propagande et la censure ; former les cadres — séminaires, universités confessionnelles ; discipliner les membres ; ritualiser la participation ; contrôler la langue.
| Instrument | Catholique | Luthérien | Réformé |
|---|
| Norme doctrinale | Décrets de Trente ; Profession de foi tridentine (1564) | Livre de Concorde (1580) | Confessions nationales ; canons de Dordrecht (1619) |
| Catéchisme | Catéchisme romain (1566) ; Canisius, Bellarmin | Petit et Grand Catéchismes (1529) | Heidelberg (1563) ; Westminster (1647) |
| Formation du clergé | Séminaires diocésains | Facultés de théologie territoriales | Académies : Genève 1559, Leyde 1575, Saumur, Herborn |
| Contrôle des fidèles | Confession annuelle, billets pascaux, visite pastorale | Visitations, examen avant la Cène | Consistoire, jetons de communion, discipline |
| Enregistrement | Registres de baptême et de mariage (Trente, session XXIV) | Registres paroissiaux | Registres et rôles de communiants |
| Censure | Index ; imprimatur | Censure territoriale | Contrôle des imprimeurs par le consistoire |
Critiques du paradigme Trois objections sérieuses ont été formulées. La première tient à son étatisme : le modèle explique bien les territoires allemands et mal la France, l’Angleterre ou la Pologne, où confession et souveraineté ne coïncident pas. La deuxième porte sur l’efficacité supposée : les visitations montrent des résultats très inégaux, et l’historiographie de la religion populaire — Jean Delumeau, Carlo Ginzburg — a établi la persistance de pratiques qui échappent à toute norme confessionnelle. La troisième reproche au modèle de traiter les fidèles comme des objets, alors que les travaux récents montrent des appropriations, des résistances et des usages locaux des normes. Le paradigme reste utilisé, avec ces réserves.
Les jésuites
Approuvée le 27 septembre 1540, la Compagnie de Jésus est l’instrument le plus efficace de la réforme catholique, et son originalité est structurelle : pas de chœur commun, pas d’habit propre, un quatrième vœu d’obéissance au pape pour les missions, une hiérarchie centralisée, et surtout une vocation d’enseignement que les fondateurs n’avaient pas prévue.
Le Ratio studiorum, mis au point de 1586 à 1599, fixe un programme complet — humanités, philosophie, théologie —, une pédagogie de l’émulation et une organisation par classes graduées. À la mort d’Ignace en 1556, la Compagnie compte une trentaine de collèges ; en 1615, plus de trois cents ; au moment de la suppression en 1773, environ huit cents établissements formant les élites catholiques d’Europe et d’Amérique. Descartes, Corneille, Molière et Voltaire en sortent.
Les missions et la question de l’accommodation
L’expansion européenne pose une question neuve : l’Évangile peut-il être annoncé dans des formes culturelles non européennes ? Les réponses ont divisé l’Église catholique pendant deux siècles.
Alessandro Valignano, visiteur des missions d’Orient à partir de 1573, impose une politique d’adaptation : les missionnaires apprennent la langue, adoptent les usages locaux, forment un clergé indigène. Matteo Ricci arrive en Chine en 1583, s’habille d’abord en bonze puis en lettré confucéen, apprend le chinois classique, publie des ouvrages de mathématiques et de cartographie, et présente le christianisme comme l’accomplissement de la tradition confucéenne. Roberto de Nobili, à Madurai à partir de 1606, adopte le mode de vie d’un sannyāsin et distingue ce qui, dans les usages indiens, relève de la religion et ce qui relève de la caste et de la société.
La querelle des rites tranche contre eux. La question est de savoir si les honneurs rendus à Confucius et aux ancêtres sont un culte religieux ou une cérémonie civile. Après des décennies de conflit entre jésuites d’une part, dominicains et Missions étrangères d’autre part, Clément XI condamne les rites en 1704 puis par Ex illa die en 1715, et Benoît XIV ferme le dossier en 1742 par Ex quo singulari, en exigeant des missionnaires un serment. L’empereur Kangxi, qui avait soutenu les jésuites, interdit en retour la prédication chrétienne. La mission de Chine s’effondre. Rome reviendra sur la condamnation en 1939, après deux cent vingt-quatre ans.
La controverse de Valladolid (1550-1551) porte sur un objet différent et non moins grave : la légitimité de la conquête et le statut des Indiens. Bartolomé de Las Casas soutient contre Juan Ginés de Sepúlveda que les Indiens sont pleinement hommes, rationnels et libres, et que la guerre menée contre eux est injuste. La bulle Sublimis Deus de Paul III (1537) avait déjà déclaré qu’ils ne devaient être ni privés de liberté ni de leurs biens. La junte ne rend pas de verdict explicite, et la pratique coloniale continue ; mais l’École de Salamanque — Francisco de Vitoria, Domingo de Soto, Suárez — élabore à cette occasion les fondements du droit international moderne.
Les réductions du Paraguay (1609-1767) constituent l’expérience la plus singulière : des villages jésuites de plusieurs milliers de Guaranis, soustraits à l’encomienda, organisés en économie communautaire, avec musique, imprimerie et langue guarani comme langue d’enseignement. Elles ont été célébrées comme une utopie et dénoncées comme un paternalisme d’État ; le dossier documentaire est considérable et il est loin d’être épuisé.
De 1546 à 1648, l’Europe occidentale connaît un siècle de guerres où la confession est un motif déclaré. Il faut résister à deux réductions symétriques : celle qui y voit des guerres purement religieuses, et celle qui n’y voit que des conflits dynastiques habillés de religion. Les deux dimensions sont présentes, et leur articulation varie d’un théâtre à l’autre.
L’Empire : d’Augsbourg à Westphalie
La guerre de Smalkalde (1546-1547) voit Charles Quint vaincre la ligue protestante à Mühlberg sans pouvoir imposer de solution religieuse durable : l’Intérim d’Augsbourg (1548) est rejeté de toutes parts. La paix d’Augsbourg (25 septembre 1555) fixe un régime qui tiendra soixante-trois ans.
| Disposition | Contenu | Faiblesse |
|---|
| Ius reformandi | Chaque prince détermine la confession de son territoire — formule résumée plus tard par cuius regio, eius religio, expression forgée en 1612 par le juriste Joachim Stephani | Aucun droit individuel ; seule la confession du prince compte |
| Ius emigrandi | Les sujets de confession différente peuvent vendre leurs biens et partir | Solution par l’exil, non par la coexistence |
| Reservatum ecclesiasticum | Un prince-évêque qui se convertit perd sa principauté | Contesté par les protestants dès l’origine ; source directe de conflits |
| Declaratio Ferdinandea | Protection des sujets protestants des territoires ecclésiastiques | Tenue secrète, contestée, inappliquée |
| Confessions reconnues | Catholiques et adhérents de la Confession d’Augsbourg | Les réformés ne sont pas reconnus — ce qui rend le Palatinat calviniste juridiquement hors la paix |
La guerre de Trente Ans (1618-1648) commence par la défenestration de Prague et s’étend par phases — bohémienne, danoise, suédoise, française — jusqu’à devenir un conflit continental où la France catholique finance les armées protestantes contre les Habsbourg catholiques. À partir de 1635 environ, la dimension confessionnelle est devenue secondaire par rapport à l’équilibre des puissances, ce qui est en soi un fait d’histoire religieuse.
Les traités de Westphalie (24 octobre 1648, signés à Osnabrück et à Münster) reprennent le dispositif d’Augsbourg en le corrigeant sur trois points : le calvinisme est reconnu ; une «année normale», 1624, fixe la répartition confessionnelle des biens et des territoires, ce qui gèle la carte religieuse ; et les sujets de confession minoritaire obtiennent un droit de culte privé. Innocent X proteste par le bref Zelo domus Dei (novembre 1648), qui déclare les clauses religieuses nulles et de nul effet. Personne n’en tient compte — et c’est peut-être l’événement le plus significatif de tout le dossier : le droit public européen se constitue en ignorant l’objection pontificale.
La France : huit guerres et deux édits
Le royaume connaît de 1562 à 1598 huit guerres civiles entrecoupées d’édits de pacification successivement violés. Le colloque de Poissy (1561), organisé par Catherine de Médicis et Michel de L’Hospital pour tenter une conciliation entre Bèze et les évêques français, échoue sur la Cène.
Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), déclenché à Paris après l’échec de l’attentat contre Coligny, fait deux à trois mille morts dans la capitale et s’étend à une douzaine de villes de province pendant plusieurs semaines. Il produit deux effets doctrinaux majeurs : l’émigration massive des élites protestantes, et la formulation d’une théorie du droit de résistance.
Les monarchomaques — Théodore de Bèze, Du droit des magistrats (1574) ; François Hotman, Francogallia (1573) ; les Vindiciae contra tyrannos (1579) — soutiennent que le pouvoir royal procède d’un double contrat, avec Dieu et avec le peuple, et que les magistrats inférieurs peuvent résister au tyran. La Ligue catholique produira des théories analogues après 1584, quand la succession menacera de passer à un protestant. La théorie de la résistance est ainsi formulée deux fois, par chaque camp lorsqu’il est en position de faiblesse — observation qui invite à la prudence sur sa portée proprement doctrinale.
L’édit de Nantes (13 avril 1598) n’instaure pas la liberté de conscience moderne mais un régime d’exception : liberté de conscience générale, culte autorisé dans des lieux déterminés, accès aux charges, chambres mi-parties dans les parlements, et places de sûreté militaires. Ce dernier point en fait un traité autant qu’un édit. La révocation par l’édit de Fontainebleau (octobre 1685) provoque le départ d’environ deux cent mille personnes vers les Provinces-Unies, l’Angleterre, la Suisse et le Brandebourg, et Genève voit sa population augmenter d’un quart.
Le coût et ses effets
Les estimations démographiques de la guerre de Trente Ans ont été révisées à la baisse par rapport aux chiffres anciens d’un tiers de la population : les travaux actuels retiennent une perte de quinze à vingt pour cent pour l’ensemble de l’Empire, avec des écarts considérables — certaines régions de Poméranie, de Wurtemberg et du Palatinat perdant la moitié ou davantage, tandis que le Nord-Ouest et les villes hanséatiques sont peu touchés. L’essentiel des morts est dû aux épidémies et à la famine, non aux combats.
Trois conséquences intellectuelles doivent être retenues.
Les politiques. Un courant se forme en France autour de L’Hospital puis de Jean Bodin, qui soutient dans les Six Livres de la République (1576) que l’unité religieuse n’est pas la condition de l’unité politique, et que la souveraineté peut s’exercer sur des sujets de confessions différentes. La position est pragmatique et non tolérante au sens moderne : elle subordonne la religion à l’ordre.
Le droit des gens. Hugo Grotius publie en 1625 le Droit de la guerre et de la paix, où il fonde le droit international sur un droit naturel valable «même si l’on accordait qu’il n’y a pas de Dieu» — formule dont il mesure la hardiesse et qu’il assortit aussitôt d’une réserve. La construction permet de régler des conflits entre États de confessions différentes sans arbitre religieux commun.
La tolérance comme produit d’épuisement. Les régimes de coexistence — Augsbourg, Nantes, Westphalie — ne procèdent pas d’une conviction théologique mais de l’impossibilité de vaincre. Ils sont conçus comme provisoires par ceux qui les signent. C’est la matière de la troisième dispute de ce module.