Deux listes, deux lignées, une confession : la structure des deux généalogies, les femmes de Matthieu, les variantes textuelles, les sources vétérotestamentaires, les harmonisations depuis Jules l’Africain, le dossier historique, les lectures théologiques et liturgiques, une dispute confessionnelle et la critique juive. Le commentaire général de l’évangile se trouve au sous-module Matthieu.
Deux évangiles donnent une généalogie de Jésus, et les deux listes ne concordent pas. Matthieu descend d’Abraham à Jésus par Salomon ; Luc remonte de Jésus à Adam et à Dieu par Nathan. Entre David et Joseph, les deux lignées n’ont en commun que deux noms, et elles attribuent à Joseph deux pères différents. Ces textes, que le lecteur est tenté de sauter, ont occupé les exégètes depuis le IIe siècle, nourri la liturgie et l’iconographie, et fourni à la polémique juive l’une de ses objections les plus constantes. Ce module en présente les données, les solutions proposées et les lectures théologiques. Les généalogies de l’Ancien Testament, dont ces listes dépendent, sont traitées pour elles-mêmes sur le site Judaica Comparata.
1. Deux textes, deux places
Matthieu ouvre son évangile par la généalogie. C’est la première page du Nouveau Testament dans l’ordre canonique. Le texte précède le récit de la naissance et en prépare la question centrale : comment Jésus peut-il être « fils de David » si Joseph n’est pas son père ?
Luc place la généalogie après le baptême de Jésus et avant la tentation (Lc 3,23-38). La voix céleste vient de dire « Tu es mon Fils » (3,22) ; la liste s’achève par « fils d’Adam, fils de Dieu » (3,38) ; le diable commence la tentation par « Si tu es Fils de Dieu » (4,3). La généalogie est ainsi prise dans une séquence sur la filiation divine, et elle ouvre le ministère public, que Luc date du même verset : Jésus avait « environ trente ans ».
Deux directions. Matthieu suit l’ordre des généalogies bibliques : « Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob ». Luc suit l’ordre inverse, celui des généalogies gréco-romaines et de certaines listes bibliques d’ascendance, comme celle d’Esdras (Esd 7,1-5) : « fils d’Héli, fils de Matthat ». Irénée et Augustin ont donné à cette différence de direction une portée théologique (voir la section 8).
2. Matthieu (1,1-17)
Le titre
« Livre de la genèse de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1,1). L’expression grecque βίβλος γενέσεως reprend la formule de la Septante en Gn 2,4 et 5,1 (« livre de la genèse du ciel et de la terre », « livre de la genèse des hommes »). Le titre peut couvrir la seule généalogie, le récit de l’enfance, ou l’évangile entier, compris comme une « nouvelle genèse ». Les deux titres de Jésus annoncent les deux lignes du livre : fils de David, le messie d’Israël ; fils d’Abraham, en qui « toutes les nations » seront bénies (Gn 12,3), jusqu’à l’envoi final vers « toutes les nations » (Mt 28,19).
La structure en trois fois quatorze
Matthieu conclut : « Il y a donc en tout quatorze générations d’Abraham à David, quatorze de David à la déportation de Babylone, et quatorze de la déportation de Babylone au Christ » (1,17). L’histoire d’Israël est rythmée par trois périodes : la promesse, la royauté, l’exil et l’attente.
Le chiffre quatorze a reçu plusieurs explications. La plus souvent citée est la valeur numérique du nom de David en hébreu, דוד (4 + 6 + 4 = 14) : le nom du roi structurerait la liste qui conduit au fils de David. D’autres y voient deux fois sept, le nombre de la plénitude, ou un schéma apocalyptique de périodes de l’histoire, comparable à celui de l’Apocalypse des semaines en 1 Hénoch 93 et 91.
Un compte qui ne tombe pas juste
Le schéma est construit, et il l’est au prix de choix visibles.
Des rois omis. Entre Joram et Ozias (Mt 1,8), Matthieu omet trois rois que les livres des Rois et des Chroniques placent entre eux : Achazia, Joas et Amasias (2 R 8-15 ; 1 Ch 3,11-12). Entre Josias et Jékonias (1,11), il omet Joïaqim, père de Jékonias. Les omissions pourraient relever d’une confusion entre des noms voisins (Joram et Joas), ou d’une exclusion de la descendance d’Athalie, fille d’Achab, jusqu’à la troisième génération (Ex 20,5).
« Jékonias et ses frères ». Matthieu écrit que Josias engendra « Jékonias et ses frères » (1,11). Jékonias est en réalité son petit-fils, et on ne lui connaît pas de frères, alors que Joïaqim en avait. La formule suggère une confusion entre Joïaqim et Jékonias (Joïakin), dont les noms sont proches en grec.
La troisième série. De Jékonias à Jésus, la liste ne compte que treize générations si Jékonias n’est compté qu’une fois, alors que Matthieu annonce quatorze. Les solutions proposées sont nombreuses : compter Jékonias deux fois, compter Marie, compter Jésus et le Christ (la venue future) séparément.
Asaph et Amos. Les meilleurs manuscrits (et l’édition critique Nestle-Aland) portent Asaph au lieu d’Asa (1,7-8) et Amos au lieu d’Amon (1,10). La plupart des traductions corrigent. Plusieurs commentateurs y voient une intention : faire paraître dans la lignée royale le nom d’un psalmiste et celui d’un prophète.
Les femmes
Une généalogie biblique mentionne rarement des mères. Matthieu en nomme cinq : Tamar (1,3), Rahab (1,5), Ruth (1,5), « celle d’Urie » (1,6) et Marie (1,16).
Femme
Récit biblique
Ce qui la distingue
Tamar
Gn 38
Cananéenne selon la tradition ; obtient la descendance de Juda en se faisant passer pour une prostituée ; déclarée « plus juste » que lui
Rahab
Jos 2 ; 6
Cananéenne, prostituée de Jéricho, protège les espions ; aucun texte de l’Ancien Testament ne la marie à Salmon
Ruth
Rt 1-4
Moabite ; son union avec Booz fait d’elle l’arrière-grand-mère de David
« Celle d’Urie »
2 S 11-12
Bethsabée, non nommée ; désignée par son premier mari, un Hittite ; union née de l’adultère et du meurtre
Marie
Mt 1,18-25
Enceinte avant la vie commune avec Joseph ; conception « de l’Esprit saint »
Trois lectures principales se sont succédé.
Des pécheresses. Jérôme, dans son commentaire de Matthieu, observe que la généalogie ne nomme aucune des saintes femmes de l’Écriture, mais celles que l’Écriture blâme. Il en conclut que celui qui venait pour les pécheurs est né de pécheurs. La lecture ne convient guère à Ruth, que le texte biblique ne blâme pas.
Des étrangères. Tamar, Rahab et Ruth sont étrangères, et Bethsabée est désignée par le nom d’un Hittite. La présence des nations dans la lignée du messie annoncerait l’universalité de l’Évangile. Cette lecture est aujourd’hui la plus répandue ; elle rencontre une difficulté : la tradition juive ancienne ne fait pas toujours de Tamar une étrangère.
Des unions irrégulières. Les quatre femmes ont une histoire conjugale hors norme, et Dieu s’en est servi pour conduire la lignée. Elles préparent ainsi le lecteur à la situation de Marie, dont la grossesse paraît irrégulière et que Joseph songe à renvoyer. Raymond Brown a donné à cette lecture sa formulation la plus influente.
Les lectures féministes récentes ont ajouté une quatrième perspective : chacune de ces femmes prend une initiative qui fait avancer l’histoire, dans un cadre où l’initiative ne leur revenait pas. Le module Les femmes du Nouveau Testament développe ce point.
Rahab, épouse de Salmon ou de Josué ?
Aucun texte de l’Ancien Testament ne fait de Rahab la femme de Salmon et la mère de Booz. L’information est propre à Matthieu, et la chronologie biblique rend la filiation difficile, puisque Rahab vit au temps de la conquête et Booz au temps des Juges. La tradition rabbinique a une autre version : Rahab se convertit et épousa Josué, et huit prophètes, dont Jérémie, descendent d’elle (b. Meguila 14b). Les deux traditions ont en commun d’intégrer la Cananéenne dans une lignée prestigieuse d’Israël.
La fin de la liste
Le schéma « X engendra Y » se rompt au dernier maillon : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, qu’on appelle Christ » (1,16). Le verbe passe à la voix passive et le sujet devient Marie. La généalogie conduit à Joseph, mais la naissance est rapportée à Marie. Le récit qui suit (1,18-25) explique cette rupture : Joseph reçoit l’ordre de prendre Marie chez lui et de donner le nom à l’enfant. En nommant l’enfant, Joseph l’intègre juridiquement dans sa lignée.
Les variantes de 1,16. Le verset a été transmis sous plusieurs formes. Une famille de manuscrits grecs et latins lit : « Jacob engendra Joseph, auquel fut fiancée la vierge Marie, qui engendra Jésus ». Le manuscrit syriaque du Sinaï, découvert en 1892, porte : « Jacob engendra Joseph ; Joseph, auquel était fiancée la vierge Marie, engendra Jésus, qu’on appelle Christ ». Cette leçon a été invoquée comme la trace d’une tradition qui faisait de Joseph le père de Jésus. La plupart des critiques y voient une formule mécaniquement alignée sur le schéma de la liste, dans un manuscrit qui affirme par ailleurs la conception virginale (1,18-25). Le texte reçu par l’édition critique est celui de la forme passive.
La généalogie dans l’économie de Matthieu
Joseph, fils de David. Le récit qui suit immédiatement la liste s’adresse à Joseph, que l’ange appelle « Joseph, fils de David » (1,20). C’est la seule fois qu’un personnage autre que Jésus reçoit ce titre dans l’évangile. L’ange lui ordonne deux gestes : prendre Marie chez lui et donner à l’enfant le nom de Jésus (1,20-21). Matthieu note que Joseph accomplit les deux (1,24-25). Donner le nom est l’acte par lequel le père reconnaît l’enfant. Par cet acte, Joseph fait entrer dans la lignée de David un fils qu’il n’a pas engendré. La généalogie et le récit de l’annonce forment ainsi un seul raisonnement : la filiation davidique de Jésus passe par la reconnaissance de Joseph, non par la génération.
Le titre dans la suite de l’évangile. Matthieu emploie le titre « fils de David » plus souvent que les autres évangélistes, et presque toujours dans des scènes où des exclus s’adressent à Jésus.
Deux aveugles le crient (9,27 ; 20,30-31).
La foule se demande s’il l’est après la guérison d’un possédé aveugle et muet (12,23).
Une femme cananéenne l’implore pour sa fille (15,22).
Les enfants l’acclament dans le Temple (21,15), après la foule de l’entrée à Jérusalem (21,9).
La Cananéenne rappelle Tamar et Rahab, les Cananéennes de la généalogie. Une étrangère reconnaît le fils de David, comme des étrangères l’ont fait naître dans la lignée.
Le fils et le Seigneur. Jésus pose lui-même la question du titre : si David, inspiré, appelle le messie « mon Seigneur » (Ps 110,1), comment celui-ci peut-il être son fils (22,41-46) ? La question ne nie pas la filiation davidique que la généalogie a établie. Elle la déclare insuffisante : le fils de David est aussi le Seigneur de David. La généalogie ouvre un titre que l’évangile dépasse, jusqu’à la confession du centurion et à l’envoi final.
L’exil et le retour. En faisant de la déportation à Babylone l’une des trois articulations de l’histoire, Matthieu donne à la naissance de Jésus le sens d’une fin de l’exil. Le premier récit qui suit la généalogie le confirme par une série de citations prophétiques liées à l’exil et au retour : Rama et Rachel qui pleure (Jr 31,15), l’appel d’Égypte (Os 11,1). La généalogie n’est pas un préambule, elle donne la clé historique du récit.
3. Luc (3,23-38)
« À ce qu’on croyait »
Luc commence : « Jésus était, à ce qu’on croyait, fils de Joseph, fils d’Héli… » (3,23). La précision ὡς ἐνομίζετο rappelle la conception virginale, déjà racontée (1,26-38), et signale que la filiation par Joseph est légale et non naturelle. La liste remonte ensuite jusqu’à Adam, puis à Dieu.
La ligne de Nathan
Entre David et Joseph, Luc ne passe pas par Salomon et les rois de Juda, mais par Nathan, autre fils de David et de Bethsabée (2 S 5,14 ; 1 Ch 3,5). La lignée de Nathan n’a joué aucun rôle politique, même si Zacharie mentionne « la famille de la maison de Nathan » parmi celles qui pleurent (Za 12,12). La liste de Luc donne à Jésus une ascendance davidique qui évite la lignée des rois et donc la malédiction prononcée contre Jékonias (voir la section 5).
De Zorobabel à Adam
Après Zorobabel, Luc nomme un Rhésa (3,27), inconnu par ailleurs. Plusieurs chercheurs y voient l’araméen rêshâ, « le chef », titre de Zorobabel mal compris comme un nom propre. D’Abraham à Adam, Luc suit les listes de la Genèse selon la Septante, qui ajoute Qaïnan entre Arphaxad et Salah (3,36 ; Gn 11,12-13 LXX), absent du texte hébreu.
Le nombre des noms
Le nombre des noms varie selon les manuscrits. Irénée en compte soixante-douze (Contre les hérésies III, 22, 3), Augustin soixante-dix-sept. Richard Bauckham a proposé que la liste lucanienne soit construite en onze « semaines » de sept générations, Jésus ouvrant la douzième, selon un schéma de l’histoire du monde connu par la littérature d’Hénok. Il en conclut que la liste provient de milieux judéo-chrétiens proches de la famille de Jésus.
Le codex de Bèze
Le codex de Bèze (D), manuscrit gréco-latin du Ve siècle offert par Théodore de Bèze à l’université de Cambridge en 1581, remplace la généalogie de Luc par celle de Matthieu, dans l’ordre ascendant, complétée par les noms que Matthieu omet. C’est le témoin le plus ancien d’une harmonisation par correction du texte.
4. Les deux lignées comparées
Segment
Matthieu 1
Luc 3
Ancien Testament
Adam à Abraham
—
Vingt noms, avec Qaïnan
Gn 5 ; 11 ; 1 Ch 1 (sans Qaïnan dans l’hébreu)
Abraham à David
Quatorze noms, avec quatre femmes
Les mêmes noms, avec quelques variantes (Admin, Arni)
Le dernier chiffre montre la difficulté : pour une même période, la lignée de Luc compte quatorze générations de plus que celle de Matthieu. Les deux listes ne peuvent pas être deux relevés d’archives familiales portant sur la même période, sauf à supposer des générations de longueurs très différentes.
5. Les sources vétérotestamentaires
Ruth et les Chroniques. Pour la période d’Abraham à David, les deux évangélistes suivent la généalogie de Rt 4,18-22 et celle de 1 Ch 2. Pour la lignée royale, Matthieu suit 1 Ch 3,10-19, dans la forme grecque de la Septante, dont il reprend l’orthographe des noms.
Salathiel et Zorobabel. Les deux listes passent par Salathiel et Zorobabel, gouverneur de Juda au retour d’exil (Ag 1,1). La Bible hébraïque connaît deux traditions sur le père de Zorobabel : Salathiel (Ag 1,1 ; Esd 3,2 ; Ne 12,1) ou Pedaya, frère de Salathiel (1 Ch 3,19). La liste des Chroniques ne connaît ni Abioud ni Rhésa parmi les fils de Zorobabel.
La malédiction de Jékonias. Jérémie prononce contre Jékonias (Konyahou) un oracle sévère : « Inscrivez cet homme comme privé d’enfants… car aucun de ses descendants ne réussira à s’asseoir sur le trône de David » (Jr 22,30). La lignée de Matthieu passe par lui (1,11-12). L’objection a été formulée par la polémique juive (voir la section 9). La Bible hébraïque elle-même nuance l’oracle : les Chroniques donnent à Jékonias sept fils (1 Ch 3,17-18), et Aggée fait de son petit-fils Zorobabel le « sceau » de Dieu (Ag 2,23), renversant l’image de Jr 22,24, où Jékonias était l’anneau arraché. La tradition rabbinique en a tiré que l’exil avait expié la faute de Jékonias et levé la malédiction (b. Sanhédrin 37b-38a ; Vayiqra Rabba 10,5).
6. Les harmonisations
Dès le IIe siècle, les divergences ont été remarquées par les adversaires du christianisme et par les chrétiens eux-mêmes. Plusieurs solutions ont été proposées.
Jules l’Africain et le lévirat
Dans sa Lettre à Aristide, conservée par Eusèbe (Histoire ecclésiastique I, 7), Jules l’Africain (IIIe siècle) rapporte une tradition qu’il attribue aux parents de Jésus. Une femme nommée Estha épousa d’abord Matthan, de la lignée de Salomon, dont elle eut Jacob. Veuve, elle épousa Melchi, de la lignée de Nathan, dont elle eut Héli. Héli mourut sans enfant, et son demi-frère Jacob épousa sa veuve selon la loi du lévirat (Dt 25,5-10). Joseph fut donc le fils naturel de Jacob — c’est la lignée de Matthieu — et le fils légal d’Héli — c’est la lignée de Luc.
La solution est ingénieuse, mais elle suppose que Luc présente la lignée légale sous la forme d’une ascendance naturelle, et elle ne résout pas les divergences antérieures, notamment pour Salathiel. Jules l’Africain la donne lui-même comme une tradition familiale, non comme une démonstration. Il ajoute qu’Hérode aurait fait brûler les registres généalogiques, et que les parents de Jésus avaient reconstitué le leur de mémoire.
La généalogie de Marie
À partir de la fin du XVe siècle, une autre solution se répand, dont Annius de Viterbe (1498) est souvent donné comme le propagateur : Matthieu donnerait la généalogie de Joseph, Luc celle de Marie. Héli serait le père de Marie, et Joseph serait appelé « fils d’Héli » comme gendre. La solution s’accorde avec la place de Marie dans le récit lucanien de l’enfance. Elle a deux difficultés : Luc écrit « fils de Joseph, fils d’Héli », sans nommer Marie ; et la tradition ancienne, depuis le Protévangile de Jacques (IIe siècle), appelle le père de Marie Joachim, non Héli.
Des apologistes ont invoqué un passage du Talmud de Jérusalem qui mentionne une « Myriam fille d’Éli » (y. Haguiga 2,2). L’identification avec la mère de Jésus est rejetée par la plupart des spécialistes : le passage parle d’une femme vue en songe dans le châtiment des morts, et rien ne la rattache aux évangiles.
Lignée légale et lignée naturelle
D’autres ont proposé que Matthieu donne la succession royale, légale, et Luc la descendance biologique de Joseph. La solution rejoint en partie celle de Jules l’Africain sans en reprendre les détails. Augustin, dans le traité De l’accord des évangélistes (II, 1-4), admet l’adoption comme mode de filiation légitime et accepte que l’un des deux pères de Joseph soit son père adoptif.
La position critique
La plupart des exégètes contemporains renoncent à harmoniser. Ils voient dans les deux listes deux compositions théologiques indépendantes. Chacune a été construite à partir des généalogies vétérotestamentaires et, pour la période postexilique, de traditions dont la valeur historique ne peut plus être vérifiée. Leur fonction est de confesser une identité : Jésus est fils de David et fils d’Abraham pour Matthieu, fils d’Adam et fils de Dieu pour Luc.
7. Le dossier historique
La descendance davidique. L’affirmation que Jésus est « issu de la descendance de David selon la chair » est antérieure aux évangiles : Paul la cite comme une formule reçue (Rm 1,3), et elle revient en 2 Tm 2,8. Jésus est interpellé comme « fils de David » dans les évangiles synoptiques (Mc 10,47-48). Il discute lui-même la portée du titre (Mc 12,35-37).
Les parents de Jésus. Hégésippe, cité par Eusèbe (Histoire ecclésiastique III, 20), rapporte que l’empereur Domitien fit comparaître les petits-fils de Jude, frère du Seigneur, parce qu’ils étaient de la race de David. Il les relâcha en voyant leurs mains de paysans. Jules l’Africain appelle les parents de Jésus δεσπόσυνοι, « ceux qui appartiennent au Seigneur », et dit qu’ils conservaient des traditions généalogiques. Richard Bauckham a soutenu que la liste de Luc provient de ces milieux.
La prétention davidique au Ier siècle. Des familles juives se réclamaient d’une ascendance davidique, et la tradition rabbinique rattache à David la maison du patriarche Hillel. Il n’est donc pas invraisemblable qu’une famille galiléenne ait revendiqué cette ascendance. La vérification est en revanche impossible, et la construction des deux listes montre que leur forme actuelle obéit à une intention théologique.
La synthèse de Raymond Brown. Dans The Birth of the Messiah (1977, révisé en 1993), Brown conclut que les deux généalogies ne sont pas des documents d’archives. Elles sont des compositions à fonction théologique, qui peuvent contenir des éléments de tradition familiale sans qu’on puisse les isoler. La descendance davidique de Jésus lui paraît plausible, mais non démontrable par ces listes.
8. Lectures théologiques
Irénée : la récapitulation
Irénée de Lyon lit la généalogie de Luc comme la preuve de la récapitulation. En remontant jusqu’à Adam, Luc montre que le Christ reprend en lui toute l’humanité depuis le premier homme, pour la conduire à Dieu (Contre les hérésies III, 22, 3). La généalogie répond aux gnostiques : le Sauveur n’est pas étranger à la création, il en assume toute l’histoire.
Augustin : descendre et monter
Augustin interprète la direction des deux listes. Matthieu descend d’Abraham à Jésus, parce qu’il présente le Christ qui descend pour porter les péchés des hommes. Luc remonte de Jésus à Dieu, parce qu’il place la généalogie après le baptême, où les péchés sont effacés, et montre le Christ qui remonte vers le Père (De l’accord des évangélistes II, 4). Il voit aussi dans les soixante-dix-sept générations de Luc le nombre du pardon, par rapprochement avec Mt 18,22.
La Réforme et l’époque moderne
Les commentateurs de la Réforme ont discuté les harmonisations et y ont vu une question secondaire au regard de la confession : Jésus est le Christ promis, et la généalogie atteste la fidélité de Dieu à ses promesses à travers une histoire faite de rois infidèles et de femmes étrangères. La lecture réformée insiste sur la grâce à l’œuvre dans une lignée que rien ne qualifiait. Elle rejoint ainsi, par un autre chemin, l’observation de Jérôme.
Lectures contemporaines
Les lectures récentes insistent sur trois points. La généalogie de Matthieu inscrit Jésus dans l’histoire d’Israël et ne permet pas de le comprendre hors d’elle. Les femmes étrangères annoncent l’ouverture aux nations. L’exil, qui structure la liste, fait de la venue du Christ une réponse à la question de l’exil. Jason Hood a proposé de lire la mention des « frères » (1,2.11) comme un indice : le messie vient pour un peuple entier et pour les nations.
Liturgie et iconographie
La liturgie romaine lit la généalogie de Matthieu à la messe de la veille de Noël. La liturgie médiévale la chantait solennellement aux matines de Noël, et plusieurs usages chantaient celle de Luc à l’Épiphanie. L’iconographie a traduit la généalogie par l’arbre de Jessé, d’après Is 11,1 : « un rameau sortira de la souche de Jessé ». Les vitraux de Saint-Denis (vers 1144) et de Chartres (vers 1150) en sont parmi les plus anciennes représentations monumentales. Michel-Ange a peint les ancêtres du Christ dans les lunettes et les voûtains de la chapelle Sixtine, d’après la liste de Matthieu.
Une absence dans la prédication
Les lectionnaires dominicaux récents lisent le plus souvent l’annonce à Joseph (Mt 1,18-25) sans la liste qui la précède, et la généalogie de Luc n’a guère de place dans la lecture dominicale. Les deux textes sont ainsi rarement prêchés, alors que les Pères et la liturgie médiévale les commentaient abondamment. Cette absence a une conséquence théologique. Le récit de Noël se trouve détaché de l’histoire d’Israël que la généalogie résume, et la naissance du Christ risque d’apparaître comme un commencement absolu, sans les patriarches, les rois, l’exil et les femmes étrangères qui la préparent. Plusieurs homiléticiens contemporains ont plaidé pour une lecture intégrale de Mt 1,1-17 au temps de l’Avent. Ils y voient un moyen de rappeler à l’Église que le Christ est né juif, dans une lignée dont les Écritures d’Israël racontent l’histoire. Une telle prédication est aussi une occasion de reconnaître que la foi chrétienne lit ces listes après la tradition juive, et non à sa place.
9. La critique juive et le dialogue
Celse et les récits hostiles. Dès le IIe siècle, le philosophe Celse, cité par Origène (Contre Celse I, 28 et 32), rapporte un récit selon lequel Jésus serait né d’une union illégitime avec un soldat nommé Panthera. Le récit reparaît dans les Toledot Yeshu, contre-récit juif médiéval. Ces textes s’attaquent à la naissance plus qu’à la généalogie.
Les objections médiévales. La polémique juive médiévale a formulé contre les généalogies des objections précises, qu’on trouve dans le Nitsahon Yachan (Ashkenaz, vers 1300) et qu’Isaac de Troki a systématisées dans le Hizzouq Emouna (vers 1593).
La première tient à la logique du texte : les deux généalogies aboutissent à Joseph, alors que les évangiles affirment que Joseph n’est pas le père de Jésus. Si Jésus n’est pas le fils de Joseph, il n’est pas fils de David par ces listes ; s’il l’est, la conception virginale est contredite.
La deuxième porte sur la cohérence : les deux listes divergent et ne peuvent être vraies ensemble.
La troisième concerne la malédiction de Jékonias : un descendant de Jékonias ne peut régner sur le trône de David (Jr 22,30).
Les réponses. Les apologistes chrétiens ont répondu par la filiation légale : l’adoption fait de Jésus le fils de Joseph selon la loi, et la loi juive reconnaît la filiation déclarée par le père. Ils ont aussi invoqué l’hypothèse de la généalogie de Marie. Sur Jékonias, ils ont parfois repris l’argument rabbinique lui-même : l’exil a levé la malédiction, comme le montre la promesse d’Aggée à Zorobabel.
Ce que le dossier enseigne au dialogue. Le débat sur les généalogies a longtemps été mené dans un cadre de dispute imposée. Il gagne à être repris autrement. Les deux traditions lisent les mêmes listes de l’Ancien Testament, avec les mêmes difficultés — Rahab, Ruth, Jékonias, les deux pères de Zorobabel —, et les deux ont produit des solutions qui intègrent des étrangères et lèvent des malédictions. Le site Judaica Comparata présente le versant juif de ces controverses.
Disputes théologiques majeures
La dispute suivante mobilise les six grandes voix confessionnelles, avec les interjections du Professeur Tryphon Goldberg, persona pédagogique juive du site.
Que prouve une généalogie qui aboutit à Joseph, si Joseph n’est pas le père ?
Matthieu et Luc conduisent la lignée davidique jusqu’à Joseph, et affirment tous deux que Jésus n’est pas né de lui. La question traverse les confessions : d’où vient la filiation davidique de Jésus, et que dit-elle de son humanité ? Les réponses engagent la christologie, la mariologie et la conception du mariage.
Catholique
Joseph est le véritable époux de Marie, et leur mariage est un vrai mariage, même virginal. Par ce mariage, Jésus est légalement fils de Joseph et héritier de ses droits, dont la descendance davidique : c’est la position d’Augustin, reprise par Thomas d’Aquin. La tradition ajoute que Marie elle-même était de la maison de David, ce que plusieurs Pères déduisent de Lc 1,32 (« le trône de David, son père »). La piété catholique honore Joachim et Anne, parents de Marie selon le Protévangile de Jacques, et a fait de Joseph, « fils de David », le patron de l’Église universelle (1870). L’exhortation Redemptoris custos (1989) insiste sur la paternité de Joseph, qui n’est pas biologique mais n’en est pas moins réelle.
Orthodoxe
L’Église orthodoxe lit la généalogie de Matthieu le dimanche qui précède la Nativité, consacré aux ancêtres selon la chair. La liste y est une confession : le Verbe a assumé une histoire humaine réelle, avec ses justes et ses pécheurs. La tradition byzantine tient que Marie était de la tribu de Juda et de la maison de David, tout en étant apparentée à la maison sacerdotale par Élisabeth (Lc 1,36) : le Christ réunit ainsi royauté et sacerdoce. Jean Damascène résume la position : la généalogie de Joseph suffit, parce que la loi interdisait d’épouser hors de sa tribu, et elle atteste donc aussi celle de Marie.
Réformée
Calvin, dans son Harmonie évangélique, refuse de faire dépendre la foi de la résolution des divergences et met en garde contre une curiosité sans profit. Il estime que la filiation davidique de Jésus est assurée, parce que Joseph et Marie appartenaient à la même lignée, et que la généalogie de Joseph suffit dans l’usage des Écritures. La théologie réformée lit surtout la liste comme un témoignage de la fidélité de Dieu à l’alliance : Dieu tient sa promesse à David à travers des rois infidèles, l’exil et des femmes étrangères, ce qui en fait un texte de la grâce souveraine.
Luthérienne
La tradition luthérienne insiste sur la vraie humanité du Christ, « né de la Vierge Marie » selon le Symbole et la Confession d’Augsbourg (article III). La généalogie montre que le Fils est entré dans une chair humaine réelle, marquée par le péché de ses ancêtres, sans être lui-même pécheur. La présence des femmes blâmées et des rois infidèles devient une prédication de l’Évangile : le Christ ne vient pas d’une lignée pure, il vient pour ceux qui ne le sont pas. La question de la filiation par Joseph est secondaire au regard de cette solidarité.
Anglicane
Le deuxième des Trente-neuf articles (1571) affirme que le Fils « a pris la nature humaine dans le sein de la bienheureuse Vierge, de sa substance ». L’anglicanisme en tire que l’humanité du Christ vient de Marie, et que la descendance davidique se transmet par elle autant que par l’adoption de Joseph. L’exégèse anglicane moderne a souvent adopté une position de réserve : les deux généalogies sont des compositions théologiques, et leur harmonisation n’est pas nécessaire à la foi. Le lectionnaire lit la généalogie dans la période de Noël sans en faire une pièce doctrinale.
Anabaptiste
Une partie de la première Réforme radicale, avec Melchior Hoffman puis Menno Simons, a soutenu que le Christ n’avait pas reçu sa chair de Marie, mais l’avait apportée du ciel : il serait né « en » Marie et non « de » Marie. La doctrine de la « chair céleste » voulait préserver la pureté du Christ ; elle rendait la généalogie davidique difficile à comprendre autrement que comme une filiation légale. Les confessions mennonites ultérieures l’ont abandonnée et professent la pleine humanité du Christ. La tradition anabaptiste retient aujourd’hui de la généalogie une leçon ecclésiale : le peuple de Dieu ne se fonde pas sur la naissance, mais sur la décision de suivre le Christ.
Synthèse
Trois solutions se partagent les confessions. La filiation légale par Joseph, fondée sur un vrai mariage et sur la reconnaissance de l’enfant, est la position d’Augustin, de la tradition catholique et, en large part, de Calvin. La filiation davidique de Marie est affirmée par la tradition orthodoxe et par de nombreux auteurs catholiques et anglicans, avec l’argument du mariage dans la tribu. La réserve critique, qui tient les deux listes pour des confessions théologiques, domine l’exégèse contemporaine de toutes les confessions. La doctrine anabaptiste de la chair céleste, aujourd’hui abandonnée, montre par contraste l’enjeu de la question : la généalogie garantit que le Christ a une histoire humaine et un peuple. Tryphon Goldberg relève deux points de droit juif que les solutions chrétiennes ont souvent négligés : l’appartenance à une maison se transmet par le père, et la restriction du mariage à la tribu ne visait que les héritières.
Hypothèses de travail — mémoire et thèse
Cinq pistes formulées de manière falsifiable. Les généalogies du Christ se prêtent à des tests textuels, historiques et de réception précis.
H1. Les omissions royales de Matthieu
Doctorat
Exégèse
3-4 ans
Hypothèse. Les omissions de Mt 1,8 et 1,11 s’expliquent par la dépendance de Matthieu à une forme grecque de 1 Ch 3 où des noms proches avaient été confondus, et non par une intention théologique d’exclure la descendance d’Athalie.
État de la question
Les deux explications coexistent dans les commentaires (Davies et Allison, Luz) sans preuve décisive.
Corpus
Mt 1,1-17 ; 1 Ch 3 dans la Septante et ses recensions ; 2 R 8-15 ; tradition manuscrite de Matthieu.
Méthode
Rechercher dans les manuscrits grecs des Chroniques les confusions de noms qui expliqueraient les omissions.
Ce qui la réfuterait : l’absence de toute confusion attestée dans la tradition grecque des Chroniques.
H2. La liste de Luc et les « semaines » d’Hénok
Doctorat
Exégèse / littérature juive ancienne
4-5 ans
Hypothèse. La structure en onze semaines de générations proposée par Bauckham pour Lc 3,23-38 correspond au texte le mieux attesté et au schéma des semaines de 1 Hénoch, ce qui confirme une origine judéo-chrétienne palestinienne de la liste.
État de la question
La thèse de Bauckham (1990) est discutée ; le nombre des noms varie selon les manuscrits.
Corpus
Lc 3,23-38 (apparat critique complet) ; 1 Hénoch 91-93 ; Jubilés ; Irénée et Augustin sur le nombre des générations.
Méthode
Établir le nombre de noms dans chaque famille de manuscrits et tester la structure proposée.
Ce qui la réfuterait : un texte critique incompatible avec un total de soixante-dix-sept noms.
H3. Annius de Viterbe et la généalogie de Marie
Master
Histoire de l’exégèse
12-18 mois
Hypothèse. L’attribution à Luc d’une généalogie de Marie est antérieure à Annius de Viterbe, qui l’a popularisée sans l’inventer, et on en trouve des formes chez des commentateurs médiévaux.
État de la question
Annius est habituellement cité comme l’origine de l’hypothèse ; les antécédents n’ont pas été recensés systématiquement.
Corpus
Annius de Viterbe, Antiquitates (1498) ; commentaires médiévaux de Luc ; chaînes byzantines.
Méthode
Recherche des attestations antérieures à 1498.
Ce qui la réfuterait : l’absence de toute attestation antérieure.
H4. Jékonias dans la polémique
Master
Histoire des controverses
12-18 mois
Hypothèse. L’objection tirée de Jr 22,30 contre la généalogie de Matthieu apparaît dans la polémique juive médiévale avant Isaac de Troki. La réponse chrétienne fondée sur la levée rabbinique de la malédiction n’apparaît qu’à l’époque moderne, avec l’hébraïsme chrétien.
État de la question
L’argument est connu chez Troki ; sa trajectoire n’a pas été reconstituée.
Corpus
Nitsahon Yachan ; Sefer Yosef ha-Meqanné ; Profiat Duran ; Hizzouq Emouna et sa réfutation par Wagenseil ; b. Sanhédrin 37b-38a.
Méthode
Recenser les occurrences de l’objection et des réponses, et les dater.
Ce qui la réfuterait : une réponse chrétienne fondée sur les sources rabbiniques dès le Moyen Âge.
H5. L’arbre de Jessé et la liste de Matthieu
Master
Histoire de l’art
12-18 mois
Hypothèse. Les arbres de Jessé des XIIe et XIIIe siècles sélectionnent les rois de la liste de Matthieu selon un choix constant, qui privilégie les rois « justes » des Chroniques et écarte les rois condamnés.
État de la question
L’iconographie de l’arbre de Jessé est bien étudiée ; la sélection des figures n’a pas été comparée systématiquement aux jugements des livres des Rois.
Corpus
Vitraux de Saint-Denis, Chartres, York ; manuscrits enluminés ; psautiers.
Méthode
Identifier les rois représentés et les comparer aux jugements des Rois et des Chroniques.
Ce qui la réfuterait : une sélection indifférente aux jugements bibliques.
Bibliographie sélective
Références sélectionnées selon les conventions du SBL Handbook of Style (2ᵉ éd., 2014). Les travaux romands sont donnés en premier.
Travaux romands
Bonnard, Pierre. L’Évangile selon saint Matthieu. CNT I. Neuchâtel: Delachaux & Niestlé, 1963 ; 3e éd. Genève: Labor et Fides, 1992.
Bovon, François. L’Évangile selon saint Luc (1,1-9,50). CNT IIIa. Genève: Labor et Fides, 1991.
Marguerat, Daniel, dir. Introduction au Nouveau Testament : son histoire, son écriture, sa théologie. 4e éd. Genève: Labor et Fides, 2008.
Commentaires
Davies, W. D., et Dale C. Allison. The Gospel According to Saint Matthew, vol. 1. ICC. Édimbourg: T&T Clark, 1988.
Fitzmyer, Joseph A. The Gospel According to Luke I-IX. AB 28. Garden City: Doubleday, 1981.
Luz, Ulrich. Das Evangelium nach Matthäus (Mt 1-7). EKK I/1. Zurich: Benziger ; Neukirchen-Vluyn: Neukirchener, 1985.
Études
Bauckham, Richard. Jude and the Relatives of Jesus in the Early Church. Édimbourg: T&T Clark, 1990.
Brown, Raymond E. The Birth of the Messiah. 2e éd. New York: Doubleday, 1993.
Hood, Jason B. The Messiah, His Brothers, and the Nations (Matthew 1.1-17). LNTS 441. Londres: T&T Clark, 2011.
Johnson, Marshall D. The Purpose of the Biblical Genealogies. 2e éd. Cambridge: Cambridge University Press, 1988.
Sources anciennes
Augustin. De consensu evangelistarum, II, 1-4.
Eusèbe de Césarée. Histoire ecclésiastique, I, 7 (Jules l’Africain, Lettre à Aristide) ; III, 20 (Hégésippe).