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Histoire de l’Église — Module XII

Le christianisme contemporain

1965-2026 — le déplacement du centre de gravité, la sécularisation européenne, les crises institutionnelles et les recompositions en cours

En 1900, environ huit chrétiens sur dix vivaient en Europe ou en Amérique du Nord. Aujourd’hui, environ deux sur trois vivent ailleurs. Ce déplacement, accompli en un siècle, est le fait majeur de l’histoire chrétienne contemporaine, et il rend caduques la plupart des catégories héritées du dix-neuvième siècle — à commencer par celle de pays de mission.

Précaution statistique Les chiffres qui suivent proviennent principalement de la World Christian Database et des enquêtes du Pew Research Center. Ils doivent être maniés avec prudence : ils reposent sur des déclarations d’Églises dont les critères d’appartenance diffèrent radicalement — baptisés pour les uns, membres communiants pour les autres, participants réguliers pour d’autres encore —, et sur des recensements nationaux dont beaucoup n’interrogent pas la religion. Les ordres de grandeur sont fiables ; les valeurs précises ne le sont pas. Cette incertitude est elle-même un objet de recherche.

Les grands ensembles

RégionChristianisme vers 1900Aujourd’hui (ordre de grandeur)Dynamique dominante
Afrique subsaharienneQuelques millionsSix à sept cents millionsCroissance continue ; catholicisme, protestantisme, pentecôtisme et Églises indépendantes africaines
Amérique latineCatholicisme quasi hégémoniqueToujours majoritairement chrétienne, mais recomposéeÉrosion catholique rapide au profit du pentecôtisme et des sans-religion
Asie de l’EstMinoritésChine : estimations très divergentes, de quarante à cent millions ; Corée du Sud : environ un quart de la populationCroissance difficile à mesurer, en partie hors des structures enregistrées
EuropeAppartenance quasi universelleRecul de l’appartenance déclarée dans presque tous les paysSécularisation institutionnelle ; immigration chrétienne du Sud
Amérique du NordAppartenance élevée et stableMontée rapide des sans-affiliation depuis 1990Fin de l’exception américaine ; polarisation politico-religieuse

Le pentecôtisme et les Églises indépendantes

Né en 1906 à Los Angeles, le pentecôtisme est, avec les mouvements charismatiques qui en dérivent, le phénomène religieux le plus rapide du vingtième siècle : plusieurs centaines de millions de fidèles, dont l’immense majorité hors d’Occident. Quatre traits expliquent sa capacité d’expansion.

Un coût d’entrée faible. Fonder une assemblée ne suppose ni séminaire, ni ordination, ni bâtiment, ni reconnaissance extérieure. Là où les Églises historiques doivent former puis envoyer un pasteur, le pentecôtisme laisse surgir des ministres localement.

Une prise en charge du malheur. Guérison, délivrance, discernement des puissances : le pentecôtisme parle un langage qui prend au sérieux la maladie, la sorcellerie et l’adversité, là où le christianisme missionnaire occidental les avait souvent traitées comme des superstitions à dissiper.

Une mobilité sociale. Les travaux de David Martin et d’Andrew Chesnut ont documenté l’effet de discipline économique — abstinence, épargne, stabilité conjugale — chez des populations urbaines récemment migrantes. L’analogie avec la thèse de Weber a été faite ; elle demande les mêmes précautions.

Une place pour les femmes, majoritaires dans les assemblées et souvent reconnues comme prophétesses ou fondatrices, dans des contextes où les Églises historiques leur ferment le ministère.

Les Églises indépendantes africaines forment un ensemble distinct et ancien. Le kimbanguisme naît d’un mouvement de 1921 au Congo belge, dont le fondateur Simon Kimbangu meurt après trente ans de détention ; l’Église qui porte son nom est reconnue en 1959 et compte aujourd’hui plusieurs millions de membres. Les Églises aladura du Nigeria, la Zion Christian Church d’Afrique du Sud relèvent de la même famille : nées hors des missions, elles articulent christianisme et cultures locales sans médiation européenne.

Ce que la bascule a changé

Pour le catholicisme, la géographie épiscopale s’est inversée : les vocations viennent d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et des prêtres de ces continents desservent des paroisses européennes — la «mission inversée». Les synodes romains y gagnent une composition sans commune mesure avec celle de Vatican II.

Pour la Communion anglicane, l’effet est plus brutal encore : le Nigeria compte à lui seul davantage d’anglicans pratiquants que l’Angleterre, et la conférence du GAFCON, réunie pour la première fois en 2008, revendique de représenter la majorité numérique de la Communion. Les conflits sur la sexualité, exposés plus loin, sont inséparables de ce déplacement.

Pour la théologie, la conséquence est en cours. Andrew Walls a formulé le principe : le christianisme n’a pas de centre culturel permanent, et chaque déplacement de son centre de gravité a produit une théologie nouvelle — l’Orient grec, l’Occident latin, l’Europe réformée, et aujourd’hui le Sud. Les théologies africaine, asiatique et latino-américaine des cinquante dernières années sont traitées dans les modules thématiques du site ; ce qui reste ouvert est leur effet sur la dogmatique reçue.

Pendant que le christianisme croît ailleurs, il recule là où il s’était institutionnalisé. Le phénomène est massif, il est mesuré, et son interprétation est l’un des débats les plus disputés des sciences sociales des cinquante dernières années — parce qu’il engage la question de savoir si la modernité produit nécessairement la sécularisation.

Les faits

Les indicateurs convergent dans presque toute l’Europe occidentale : chute de la pratique dominicale, de l’appartenance déclarée, des baptêmes, des mariages religieux et des vocations. La Suisse fournit un cas bien documenté : au recensement de 1970, la quasi-totalité de la population se déclarait catholique ou protestante ; aujourd’hui, la part des personnes sans appartenance religieuse est devenue la première catégorie dans plusieurs cantons, et elle dépasse le tiers au niveau national. Les Églises réformées cantonales ont perdu la majorité de leurs membres en deux générations.

Deux précisions s’imposent. Premièrement, le recul ne touche pas également tous les indicateurs : le recours aux rites de passage, en particulier aux funérailles, résiste beaucoup plus longtemps que la pratique régulière. Deuxièmement, il n’est pas uniforme : la Pologne, longtemps citée comme contre-exemple, connaît depuis une décennie l’une des chutes de pratique les plus rapides jamais enregistrées, tandis que les États-Unis, longtemps traités comme une exception, voient la part des sans-affiliation passer d’environ cinq pour cent au début des années 1970 à près de trois dixièmes de la population aujourd’hui.

Les théories en présence

ModèleThèseTenantsDifficulté
Sécularisation classiqueDifférenciation des sphères, rationalisation et urbanisation entraînent mécaniquement le déclin religieuxWeber, Bryan Wilson, Peter Berger (jusqu’aux années 1990)Berger l’a lui-même répudiée en 1999, écrivant que le monde contemporain est massivement religieux et que l’exception est l’Europe, non l’inverse
Économie religieuseLe déclin vient du monopole et de la subvention publique : là où le marché religieux est concurrentiel, la pratique se maintientRodney Stark, Roger FinkeExplique mal le cas américain récent, où la concurrence est maximale et la pratique décline
Croire sans appartenirLa croyance survit à l’appartenance ; les Églises exercent une religion «par procuration» pour une majorité qui n’y participe plus mais y tientGrace DavieLa croyance déclarée décline désormais aussi, avec un décalage d’une génération
Chaîne de mémoireLa religion est un mode de croire qui s’autorise d’une tradition ; la modernité brise la transmission plutôt que la croyanceDanièle Hervieu-LégerRend bien compte du bricolage contemporain, moins des recompositions collectives
Âge séculierCe qui change n’est pas la quantité de croyance mais ses conditions : on passe d’un monde où il était impossible de ne pas croire à un monde où la foi est une option parmi d’autresCharles Taylor, A Secular Age (2007)Description philosophique puissante, difficile à opérationnaliser empiriquement

La répudiation de Berger en 1999 mérite d’être soulignée : l’un des principaux théoriciens de la sécularisation écrit que la thèse était fausse, que le monde est aussi religieux qu’il l’a jamais été, et que l’Europe occidentale constitue l’exception qui demande explication. Ce renversement a réorienté toute la discipline, et il rappelle que la sécularisation était souvent posée comme une loi alors qu’elle décrivait une région.

Les conséquences institutionnelles

Le patrimoine. Des milliers d’édifices deviennent inutilisables faute de fidèles et de moyens. Les Pays-Bas, qui ont commencé tôt, offrent la plus large gamme de reconversions — bibliothèques, logements, salles de concert, commerces — et le débat sur les critères d’une reconversion acceptable est devenu un dossier public. En France, la propriété publique des églises antérieures à 1905 déplace la question vers les communes.

Le financement. Les modèles divergent et leur robustesse est inégale : impôt ecclésiastique en Allemagne et dans plusieurs cantons suisses, dotation publique en Belgique, offrandes et fondations en France, rémunération partielle par l’État en Grèce. L’impôt ecclésiastique a l’avantage de la prévisibilité et l’inconvénient de rendre visible et coûteuse la sortie de l’Église, ce que les statistiques allemandes de désaffiliation illustrent chaque année.

Le ministère. La pénurie de desservants transforme la carte paroissiale : regroupements, équipes, ministères laïcs, prêtres venus du Sud. Elle transforme aussi la fonction pastorale, désormais largement administrative, ce dont les intéressés témoignent abondamment.

Le rapport à la société. Les Églises passent du statut d’institution englobante à celui d’acteur parmi d’autres, avec deux stratégies concurrentes : la spécialisation identitaire, qui accepte la minorité et resserre l’exigence, et la présence diffuse, qui maintient un service religieux pour une population non pratiquante. Les deux coexistent souvent dans la même Église, et leur conflit structure une part des débats internes contemporains.

Trois dossiers dominent la période récente : la révélation systématique des abus sexuels et de leur dissimulation, la fracture orthodoxe née de la question ukrainienne, et l’état des relations œcuméniques après un demi-siècle de dialogue. Aucun n’est clos.

La crise des abus

Le fait décisif n’est pas la découverte des abus — ils étaient connus localement — mais l’établissement, par des enquêtes indépendantes conduites selon des méthodes d’historiens et de statisticiens, de leur caractère systémique et de la dissimulation institutionnelle qui les a accompagnés.

DateEnquêteApport
2002Boston Globe, équipe SpotlightÉtablit la pratique du déplacement des prêtres signalés d’une paroisse à l’autre
2004 et 2011Rapports John Jay College, commandés par l’épiscopat américainPremière quantification sur archives ecclésiales : environ quatre pour cent des prêtres en exercice de 1950 à 2002 mis en cause
2009Rapports Ryan et Murphy, IrlandeÉtablissent l’ampleur des abus en institutions et l’implication des autorités civiles
2013-2017Commission royale australienneEnquête publique de quatre ans, toutes institutions confondues ; recommandations sur le secret de la confession
2018Étude MHG, Allemagne, commandée par l’épiscopatAnalyse de soixante-dix ans d’archives diocésaines
2021Commission indépendante sur les abus dans l’Église, France (CIASE)Estimation par enquête en population générale ; le chiffre de trois cent trente mille victimes de clercs et de laïcs en Église depuis 1950 a fait l’objet d’une controverse méthodologique publique, sans que l’ordre de grandeur soit invalidé
2022Rapport Guidepost, Southern Baptist ConventionÉtablit la tenue secrète d’une liste de ministres mis en cause et l’obstruction de la direction
2024Étude ForuM, Église évangélique d’AllemagnePremière étude indépendante sur le protestantisme allemand ; conclut à une sous-estimation systématique

Ce que les enquêtes établissent en commun. Le phénomène n’est propre ni au catholicisme ni au célibat : il est documenté dans des Églises protestantes, dans des mouvements évangéliques, chez les Témoins de Jéhovah, dans les institutions éducatives laïques et sportives. Ce qui est propre à chaque institution est la forme de la dissimulation, et elle dépend de sa structure : mutation discrète et for interne dans un système hiérarchique centralisé, autonomie congrégationnelle empêchant tout signalement croisé dans un système décentralisé.

Les réponses institutionnelles catholiques sont datées et vérifiables : normes de 2001 réservant les cas au Saint-Office ; sommet romain de février 2019 ; motu proprio Vos estis lux mundi (mai 2019), qui impose l’obligation de signalement au sein de l’Église et instaure une procédure visant les évêques ; abolition du secret pontifical en décembre 2019 ; révision du livre VI du Code de droit canonique en 2021, qui qualifie l’abus de délit contre la dignité de la personne et non plus seulement contre les obligations du clerc. L’efficacité de ce dispositif fait l’objet d’évaluations contradictoires et la question de la responsabilité des supérieurs demeure le point faible reconnu.

Le pape Léon XIV, élu le 8 mai 2025, a rencontré en novembre 2025 quinze survivants d’abus commis par des membres du clergé en Belgique, puis d’autres survivants en février 2026. Sa première encyclique, Magnifica Humanitas, publiée le 25 mai 2026, porte sur l’intelligence artificielle.

La fracture orthodoxe

Le concile panorthodoxe de Crète, en juin 2016, préparé pendant plus de cinquante ans, se tient sans quatre Églises dont le patriarcat de Moscou : la difficulté structurelle de l’orthodoxie à produire une instance de décision commune y est apparue avant toute crise politique.

La rupture survient deux ans plus tard. En octobre 2018, le patriarcat de Moscou rompt la communion avec Constantinople ; le 5 janvier 2019, le patriarche œcuménique accorde le τόμος d’autocéphalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine. Moscou rompt ensuite avec les Églises d’Alexandrie, de Grèce et de Chypre qui reconnaissent la nouvelle Église.

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 aggrave tout. Le patriarcat de Moscou soutient la position officielle russe ; l’Église orthodoxe ukrainienne, historiquement liée à Moscou, déclare en mai 2022 son indépendance. Le Parlement ukrainien adopte en août 2024 une loi visant les organisations religieuses liées à la Russie ; le Conseil œcuménique des Églises a fait part de ses réserves, estimant que ni les crimes de personnes ni les affiliations historiques d’un organisme religieux ne peuvent fonder des mesures s’apparentant à une punition collective. La guerre se poursuit à la mi-2026.

Le dossier est, du point de vue de ce module, exemplaire : c’est un schisme juridictionnel — celui qui, selon la typologie établie au module V, se résout d’ordinaire en une génération — devenu inextricable par son enchevêtrement avec un conflit armé.

L’œcuménisme : ce qui est acquis, ce qui bloque

DomaineÉtat
JustificationRéglé. Déclaration commune de 1999, reçue par les méthodistes (2006), les anglicans (2016) et les réformés (2017)
Christologie avec les Églises orientalesRéglé doctrinalement (1973, 1990, 1994, 1996) ; communion non rétablie
BaptêmeLargement reconnu entre la plupart des traditions
EucharistieConvergences (document de Lima, 1982 ; ARCIC) ; hospitalité eucharistique non généralisée
Ministère ordonnéBloqué. Succession apostolique, validité des ordinations, question du ministère féminin
PrimautéEn travail. Ravenne (2007), Chieti (2016), Alexandrie (2023) ; articulation primauté-synodalité non résolue
ÉthiqueDivergence croissante. Sexualité, fin de vie, famille — le seul domaine où l’écart s’est accru depuis 1965

Ce tableau appelle une observation. Les questions doctrinales qui avaient motivé les séparations du seizième siècle sont largement réglées ; celles qui bloquent aujourd’hui — ministère, primauté, éthique — n’étaient pas, pour deux d’entre elles, les motifs des ruptures. L’œcuménisme a résolu les problèmes qu’il s’était donnés et s’en est trouvé d’autres.

Lignes de recomposition

La ligne de fracture interne. Dans plusieurs traditions, le clivage principal ne passe plus entre confessions mais à l’intérieur de chacune, entre pôles dits progressiste et traditionaliste. Le cas anglican est le plus visible — résolution I.10 de Lambeth en 1998, consécration de Gene Robinson en 2003, GAFCON en 2008, Église anglicane d’Amérique du Nord en 2009, décisions sur les bénédictions en Angleterre en 2023 — mais le phénomène est général : conflits liturgiques catholiques autour de Traditionis custodes (2021) et doctrinaux autour de Fiducia supplicans (2023), divisions méthodistes américaines avec la séparation de la Global Methodist Church en 2022.

La question écologique est devenue un lieu théologique. Le patriarche Bartholomée a fait de la protection de la création un thème central dès les années 1990 ; l’encyclique Laudato si’ (2015) est le premier texte magistériel d’ampleur sur le sujet et son argument est théologique avant d’être moral : la création n’est pas un stock de ressources mais un don portant la marque du Créateur.

Les nouvelles questions. L’intelligence artificielle, la fin de vie, les biotechnologies et le statut du vivant ouvrent un champ où les traditions n’ont pas de position héritée et doivent construire. C’est une situation rare et elle mérite d’être signalée comme telle : la plupart des questions débattues dans ce cursus avaient des siècles derrière elles.

Limite de ce module L’histoire du temps présent ne dispose ni du recul ni des archives. Les faits rapportés ici sont datés et vérifiables ; leur hiérarchisation ne l’est pas, et une part de ce qui paraît aujourd’hui décisif se révélera secondaire. Ce module doit être relu comme un état des lieux daté, non comme un jugement.

Disputes contemporaines

Les disputes suivantes mobilisent les six grandes voix confessionnelles, avec interjections du Professeur Tryphon Goldberg, persona pédagogique juive du site. L’ordre des voix suit la pertinence de leur dossier plutôt que l’ordre habituel.

La crise des abus : défaillance individuelle ou question de structure ?

Les enquêtes indépendantes conduites depuis 2002 ont établi deux choses distinctes : l’existence d’abus, et leur dissimulation par les institutions. La seconde est celle qui engage la théologie, parce qu’elle interroge la manière dont une communauté conçoit l’autorité, le secret et la responsabilité.

Catholique

Le diagnostic officiel a changé de nature entre 2002 et aujourd’hui. Il a d’abord été posé en termes de fautes individuelles ; il est aujourd’hui formulé en termes structurels, et le terme employé est celui de cléricalisme — une conception du ministère qui sacralise la personne du prêtre, la soustrait au contrôle et rend la parole de la victime inaudible. La Lettre au peuple de Dieu d’août 2018 l’énonce explicitement. Les instruments suivent : Vos estis lux mundi (2019) crée une procédure visant les évêques, le secret pontifical est aboli la même année, et la révision de 2021 requalifie le délit. Le point faible reconnu demeure la responsabilité des supérieurs : le dispositif confie encore largement à des évêques le jugement d’autres évêques.

Réformée

Les Églises réformées ont longtemps supposé que leur gouvernement collégial et l’absence de célibat les prémunissaient. Les enquêtes récentes ont établi que cette présomption était fausse : l’étude ForuM de 2024 conclut à une sous-estimation systématique dans le protestantisme allemand, et des enquêtes analogues sont en cours ou achevées ailleurs. Le mécanisme propre y est différent : là où le catholicisme dissimulait par mutation, la structure presbytérienne dissimule par fragmentation — un conseil de paroisse règle en interne, et rien ne circule. La leçon est que la décentralisation protège de certains abus de pouvoir et en facilite d’autres, en supprimant toute mémoire institutionnelle.

Luthérienne

Le luthéranisme allemand a produit avec l’étude ForuM la première enquête indépendante sur un protestantisme européen, et son résultat le plus commenté est méthodologique : les chiffres avancés auparavant par les Églises reposaient sur des signalements spontanés, donc sur ce que les institutions voulaient bien recenser. Le point théologique est spécifique : la doctrine luthérienne du ministère, qui refuse toute sacralisation de la personne du ministre, aurait dû protéger, et elle n’a pas protégé. Cela suggère qu’une doctrine correcte n’a pas d’effet préventif si elle n’est pas assortie d’une procédure. C’est une leçon que la tradition tire de plusieurs de ses dossiers du XXe siècle.

Anglicane

L’Église d’Angleterre a été mise en cause par l’enquête publique indépendante britannique, dont le rapport de 2020 conclut que l’institution a privilégié sa réputation sur la protection des enfants. Le rapport Makin de 2024 sur l’affaire John Smyth a entraîné en novembre 2024 la démission de l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby — première démission d’un primat anglican pour un manquement de cette nature. La question ouverte est celle de l’indépendance des instances de sauvegarde : la Communion débat depuis de la création d’un organe extérieur aux structures diocésaines, plusieurs propositions ayant été écartées ou amendées.

Orthodoxe

L’orthodoxie n’a pas conduit d’enquête indépendante comparable, et cette absence est un fait à verser au dossier plutôt qu’un argument à décharge. Plusieurs affaires ont été documentées, notamment en Grèce, en Roumanie et dans les diasporas américaines. Les obstacles sont identifiables : absence d’instance supra-juridictionnelle capable de mandater une enquête, forte imbrication entre Églises et États nationaux, et statut du père spirituel, dont l’autorité personnelle sur les consciences est considérable et faiblement encadrée. Des voix internes réclament des dispositifs, notamment dans les Églises orthodoxes d’Occident qui évoluent dans un environnement juridique contraignant.

Anabaptiste

La tradition radicale affronte un dossier grave et son propre outillage l’a aggravé. Les communautés mennonites et amish ont été mises en cause dans plusieurs affaires, et deux traits de leur pratique ont facilité la dissimulation : la préférence pour la résolution interne fondée sur Matthieu 18, qui a conduit à traiter des crimes comme des conflits entre frères ; et une théologie du pardon appliquée sans délai, qui a fait pression sur les victimes pour qu’elles pardonnent et se taisent. Le cas de John Howard Yoder, théologien majeur de la tradition, dont les agressions ont été traitées en interne pendant des décennies avant un réexamen public en 2013-2015, a contraint les mennonites nord-américains à revoir leurs procédures. Les Églises reconnaissent aujourd’hui que le signalement aux autorités civiles est premier.

Synthèse

Deux acquis se dégagent des enquêtes. Le premier est que le phénomène traverse toutes les structures : le célibat n’en est pas la cause, ni la hiérarchie, puisque les Églises congrégationalistes et les institutions séculières présentent des taux comparables. Le second est que la forme de la dissimulation, elle, dépend de la structure — déplacement dans les systèmes centralisés, oubli dans les systèmes fragmentés — et que chaque architecture protège de certains abus en facilitant d’autres. Trois conditions apparaissent comme déterminantes dans tous les cas documentés : l’existence d’une instance de contrôle qui ne dépende pas de ceux qu’elle contrôle, la tenue d’un registre que personne n’a intérêt à fermer, et le signalement aux autorités civiles comme obligation première. L’observation qui traverse toutes les voix, et que Tryphon formule deux fois, est que le prestige — clérical, spirituel, intellectuel — est le facteur commun, et qu’aucune doctrine juste n’en dispense.

La sécularisation est-elle un destin ?

L’Europe occidentale se déchristianise pendant que le christianisme croît ailleurs. S’agit-il d’une loi de la modernité qui finira par s’appliquer partout, d’une exception régionale demandant explication, ou d’une transformation du croire plutôt que de sa disparition ?

Catholique

Le diagnostic officiel a évolué. Paul VI parlait en 1975 de la rupture entre l’Évangile et la culture comme du drame de l’époque ; Jean-Paul II a lancé le thème de la nouvelle évangélisation ; Benoît XVI a parlé de minorités créatives ; François a déplacé l’accent vers une Église «en sortie» et vers la périphérie plutôt que vers la reconquête. La position la plus consistante est que la sécularisation n’est pas un destin mais une configuration historique, et que le christianisme a connu des reculs suivis de reprises — le cas de l’Europe de l’Est après 1989 étant invoqué, quoique la Pologne actuelle en limite la portée. Le diagnostic interne le plus lucide porte sur la transmission : c’est la chaîne familiale et catéchétique qui s’est rompue, plus que l’adhésion.

Réformée

Les Églises réformées d’Europe sont les plus durement touchées et elles ont produit sur ce point une réflexion abondante et divisée. Une ligne assume la minorité : l’Église cesse d’être une institution englobante pour devenir une communauté de convictions, ce qui est théologiquement acceptable et même conforme à ce que la tradition tient de l’Église comme rassemblement de croyants. Une autre refuse la réduction au groupe militant et maintient une présence de service — aumôneries, diaconie, rites de passage, présence publique. La particularité réformée est que la discussion est ouverte, synodale et publique, ce qui la rend visible et donne parfois l’impression d’un désarroi plus grand qu’ailleurs.

Luthérienne

Les Églises luthériennes nordiques et allemandes présentent le cas le plus instructif : une appartenance encore élevée, une pratique très faible, et un financement par l’impôt qui rend la sortie visible et comptabilisée. Grace Davie a forgé pour ce cas la notion de religion vicariale : une minorité pratique au nom d’une majorité qui n’y participe pas mais souhaite que cela continue — pour les fêtes, les catastrophes, les funérailles. Cette configuration a longtemps semblé stable et ne l’est plus, les chiffres de désaffiliation ayant franchi des seuils qui menacent le modèle de financement lui-même. La question posée à la théologie luthérienne est celle de la légitimité d’une Église de peuple lorsque le peuple ne vient plus.

Anglicane

La position anglicane est singulière parce que l’Église est établie : elle demeure responsable d’un territoire entier, marie et enterre des gens qui ne la fréquentent pas, siège à la Chambre des Lords, et voit sa fréquentation dominicale tomber à des niveaux très bas. Cette contradiction est vécue comme une vocation plutôt que comme un embarras : la paroisse anglicane se conçoit comme un service offert à tous les habitants, pratiquants ou non. Elle a des conséquences concrètes, notamment lors de deuils nationaux et de catastrophes locales, où le clergé paroissial est le seul recours institutionnel disponible. La question de l’établissement est régulièrement posée et jamais tranchée.

Orthodoxe

Le cas orthodoxe est inverse et il complique les modèles. Après 1989, l’Europe de l’Est connaît une réaffiliation massive : la Russie passe en vingt ans d’une minorité déclarée à une majorité se disant orthodoxe, avec des milliers d’églises rebâties. Mais la pratique régulière reste très basse — quelques pour cent selon les enquêtes —, ce qui décrit une appartenance largement identitaire et nationale. L’orthodoxie de diaspora présente un autre profil, minoritaire et choisi. Ces deux configurations ensemble suggèrent que la variable décisive n’est pas la modernité mais le lien entre religion et identité collective.

Anabaptiste

La tradition radicale observe que la sécularisation défait ce qu’elle a toujours contesté : la coïncidence entre une population et une Église. De son point de vue, la fin de la chrétienté n’est pas une catastrophe mais un retour à la situation normale du Nouveau Testament, celle d’une minorité qui se distingue par sa manière de vivre. Les communautés amish et huttérites connaissent d’ailleurs une croissance démographique soutenue, par natalité et par rétention, ce qui constitue une donnée embarrassante pour les modèles : ce sont les groupes les plus éloignés de la modernité qui croissent le plus vite en Occident. La conclusion que la tradition en tire n’est pas un éloge du repli mais un constat : ce qui se transmet est une pratique commune, non une adhésion.

Synthèse

La thèse classique — la modernité produit mécaniquement la sécularisation — est abandonnée par ses propres auteurs, Berger en tête depuis 1999, parce qu’elle prend une région pour une loi. Ce qui demeure est un ensemble de constats moins ambitieux et mieux établis. Le recul touche d’abord l’institution, ensuite la pratique, en dernier la croyance, avec un décalage d’environ une génération entre chaque étape. Il est très inégal : la Pologne s’effondre vite après avoir résisté, la Russie réaffilie sans pratiquer, les États-Unis perdent leur exception, les groupes les plus denses croissent. La variable qui apparaît la plus robuste dans tous ces cas n’est ni la doctrine ni la modernité mais la transmission — ce que relève la voix catholique et ce que Tryphon confirme depuis un point d’observation de deux millénaires : ce qui se transmet est ce qui structure les journées.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Sept pistes formulées de manière falsifiable. L’histoire du temps présent a une contrainte propre : les archives institutionnelles sont fermées, mais les données d’enquête et les documents publics sont abondants et souvent sous-exploités. Plusieurs de ces sujets relèvent autant des sciences sociales que de la théologie et gagnent à être codirigés.

H1. Que comptent les statistiques du christianisme mondial ?

  • Doctorat
  • Sociologie des religions / épistémologie
  • 4-5 ans

Hypothèse. Les grandes séries mondiales agrègent des données produites selon des définitions d’appartenance incompatibles entre elles, et l’écart entre traditions — baptisés, membres communiants, participants déclarés — suffit à expliquer une part significative des contrastes régionaux couramment interprétés comme des différences de vitalité religieuse.

État de la question
Les limites des séries sont connues des spécialistes et rappelées dans les préfaces des ouvrages qui les emploient ; leur effet quantitatif n’a jamais été estimé. Le sujet est d’épistémologie appliquée autant que de sociologie religieuse.
Corpus
World Christian Database et World Christian Encyclopedia (3e éd., 2019) ; enquêtes du Pew Research Center ; recensements nationaux comportant une question religieuse ; annuaires statistiques ecclésiaux — Annuarium Statisticum Ecclesiae, statistiques de la Fédération luthérienne mondiale, de la Communion anglicane.
Méthode
Reconstituer pour un échantillon de pays les définitions employées par chaque source, recalculer les effectifs selon un critère unique, et mesurer l’écart avec les chiffres publiés. Anglais ; travail documentaire et statistique.

Ce qui la réfuterait : Un écart négligeable une fois les définitions harmonisées, ou l’impossibilité d’établir les définitions employées, ce qui constituerait un résultat en soi.

H2. La désaffiliation : rupture ou érosion ?

  • Doctorat
  • Sociologie religieuse
  • 4-5 ans

Hypothèse. La sortie de l’appartenance religieuse en Europe occidentale n’est pas majoritairement un événement de rupture à l’âge adulte mais l’aboutissement d’une non-transmission intergénérationnelle : la variable prédictive dominante est la pratique religieuse des deux parents pendant l’enfance, devant le niveau d’études, l’urbanisation et le revenu.

État de la question
Les travaux de David Voas et de Steve Bruce ont établi le rôle central de la transmission, celui de Voas sur le «fuzzy fidelity» décrivant les états intermédiaires. La comparaison européenne systématique avec les autres variables reste à conduire sur les données récentes.
Corpus
European Values Study et European Social Survey, modules religion ; enquêtes nationales — Religionsmonitor allemand, enquêtes de l’Office fédéral de la statistique suisse sur la langue, la religion et la culture ; registres de désaffiliation allemands et suisses.
Méthode
Analyse multivariée sur données longitudinales ou rétrospectives, avec contrôle des variables sociodémographiques. Statistiques appliquées indispensables ; données largement accessibles aux chercheurs.

Ce qui la réfuterait : Une prédominance des variables socio-économiques ou éducatives une fois la transmission familiale contrôlée.

H3. La reconversion des édifices religieux : quels critères ?

  • Master
  • Patrimoine / droit des cultes
  • 12-18 mois

Hypothèse. Les décisions de reconversion d’édifices cultuels en Europe obéissent moins à des critères théologiques ou patrimoniaux explicites qu’à la structure de propriété : là où l’édifice appartient à une collectivité publique, la reconversion est plus tardive et plus contrainte que là où il appartient à l’Église ou à une association.

État de la question
Le dossier est traité par pays et par cas. La comparaison systématique n’a pas été conduite, alors que l’Europe offre une gamme complète de régimes de propriété — communal en France, ecclésial en Belgique et aux Pays-Bas, paroissial en Allemagne, cantonal en Suisse.
Corpus
Inventaires nationaux des édifices cultuels ; observatoire du patrimoine religieux ; dossiers de désaffectation ; décrets et arrêtés ; guides diocésains de désaffectation ; documentation néerlandaise, la plus ancienne et la plus abondante.
Méthode
Constituer une base de cas dans quatre pays, codée par régime de propriété, date, usage final et procédure suivie. Français, néerlandais, allemand ; sources administratives accessibles.

Ce qui la réfuterait : Une corrélation dominante avec la valeur patrimoniale ou avec des critères diocésains explicites, indépendamment du régime de propriété.

H4. Le pentecôtisme et la mobilité sociale : tester l’analogie wébérienne

  • Doctorat
  • Sociologie économique / religion
  • 4-5 ans

Hypothèse. L’effet de mobilité sociale attribué à la conversion pentecôtiste en Amérique latine et en Afrique subsaharienne est en partie un artefact de sélection : les convertis présentaient déjà, avant leur conversion, des trajectoires ascendantes ; l’effet propre de l’adhésion, une fois la sélection contrôlée, est nettement inférieur à ce que suggèrent les études transversales.

État de la question
L’analogie avec la thèse de Weber circule depuis les travaux de David Martin (1990) et d’Andrew Chesnut. Les études disponibles sont majoritairement transversales et ne permettent pas de distinguer effet et sélection. Le sujet exige des données longitudinales, qui commencent à exister.
Corpus
Enquêtes de panel latino-américaines et africaines comportant une variable religieuse ; Pesquisa Nacional por Amostra de Domicílios ; enquêtes démographiques et de santé ; travaux de Martin, Chesnut, Freston, Marshall.
Méthode
Exploitation de données longitudinales avec méthodes de contrôle de la sélection. Portugais et espagnol ; statistiques appliquées. Le sujet convient à une codirection entre théologie et sciences sociales.

Ce qui la réfuterait : La persistance d’un effet substantiel de la conversion une fois la sélection contrôlée, ce qui validerait l’analogie.

H5. La forme de la dissimulation dépend-elle de la structure ?

  • Doctorat
  • Histoire contemporaine / sociologie des organisations
  • 4-5 ans

Hypothèse. Les mécanismes de dissimulation des abus documentés par les enquêtes indépendantes se répartissent selon la structure de gouvernement de l’institution : déplacement du mis en cause dans les organisations centralisées, absence de circulation de l’information dans les organisations congrégationalistes ; la comparaison inter-institutionnelle permet de le vérifier.

État de la question
Chaque enquête analyse une institution. Aucune comparaison méthodique n’a été conduite entre institutions de structures différentes, alors que les rapports publiés fournissent une documentation homogène et publique.
Corpus
Rapports John Jay (2004, 2011), Ryan et Murphy (2009), Commission royale australienne (2017), MHG (2018), CIASE (2021), Guidepost pour la Southern Baptist Convention (2022), IICSA (2020-2022), ForuM (2024) ; rapports concernant des institutions non religieuses pour groupe de comparaison.
Méthode
Coder les mécanismes décrits dans chaque rapport selon une grille commune, puis tester leur association avec le type de gouvernance. Anglais, allemand, français ; corpus intégralement public. La difficulté est l’hétérogénéité des méthodes d’enquête, qui doit être traitée explicitement.

Ce qui la réfuterait : Une distribution des mécanismes indépendante du type de gouvernance, ou une hétérogénéité des rapports telle qu’aucune comparaison ne soit méthodologiquement défendable.

H6. Ce qui bloque l’œcuménisme : analyse des documents de dialogue

  • Master
  • Œcuménisme
  • 12-18 mois

Hypothèse. Les questions qui bloquent aujourd’hui les dialogues bilatéraux — ministère, primauté, éthique sexuelle — ne sont pas celles qui avaient motivé les séparations ; l’analyse des ordres du jour et des documents produits depuis 1965 permet d’établir ce déplacement et d’en dater les étapes.

État de la question
Le constat est formulé de manière impressionniste dans la littérature œcuménique. Il n’a pas été établi par l’examen systématique des documents, pourtant intégralement publiés et peu volumineux au regard d’autres corpus.
Corpus
Dialogues œcuméniques et séries Growth in Agreement (4 vol.) ; documents de l’ARCIC, du dialogue luthéro-catholique, catholique-orthodoxe, réformé-catholique, catholique-mennonite ; Déclaration commune sur la justification (1999) et ses réceptions ; documents de Ravenne, Chieti, Alexandrie.
Méthode
Coder l’ordre du jour, les conclusions et les points de blocage de chaque document par thème et par année, puis analyser le déplacement. Anglais, français, allemand ; corpus publié.

Ce qui la réfuterait : Une continuité des points de blocage avec les motifs historiques des séparations, qui infirmerait le déplacement supposé.

H7. Les Églises face à une question sans précédent : le cas de l’intelligence artificielle

  • Master
  • Théologie contemporaine / éthique
  • 12-18 mois

Hypothèse. Confrontées à une question sans tradition doctrinale héritée, les Églises mobilisent des schémas argumentatifs empruntés à des dossiers antérieurs — bioéthique, travail, création —, et le choix du schéma d’emprunt prédit mieux les conclusions que l’appartenance confessionnelle.

État de la question
Les prises de position se multiplient depuis 2020 ; l’encyclique Magnifica Humanitas du 25 mai 2026 est la première de rang magistériel. Aucune analyse comparative des schémas argumentatifs n’a encore été conduite, et le corpus est encore de taille maniable — ce qui rend le sujet réalisable maintenant et difficile dans cinq ans.
Corpus
Magnifica Humanitas (2026) ; Antiqua et nova et documents des dicastères romains ; textes du Conseil œcuménique des Églises ; déclarations de la Fédération luthérienne mondiale, de la Communion anglicane, des conférences épiscopales ; documents orthodoxes ; textes évangéliques.
Méthode
Constituer le corpus exhaustif des prises de position depuis 2018, identifier pour chacune le schéma argumentatif mobilisé — analogie bioéthique, théologie du travail, doctrine de la création, anthropologie de l’image —, puis tester les corrélations. Plusieurs langues ; corpus accessible en ligne.

Ce qui la réfuterait : Une distribution des conclusions suivant les frontières confessionnelles indépendamment du schéma argumentatif employé.

Bibliographie sélective

Références sélectionnées selon les conventions du SBL Handbook of Style (2e éd., 2014).

  • Berger, Peter L., dir. The Desecularization of the World. Grand Rapids : Eerdmans, 1999.
  • Bruce, Steve. Secularization : In Defence of an Unfashionable Theory. Oxford : Oxford University Press, 2011.
  • Chesnut, R. Andrew. Born Again in Brazil. New Brunswick : Rutgers University Press, 1997.
  • Davie, Grace. Religion in Britain since 1945 : Believing without Belonging. Oxford : Blackwell, 1994.
  • Hervieu-Léger, Danièle. La religion pour mémoire. Paris : Cerf, 1993.
  • Jenkins, Philip. Le Dieu du Sud : le christianisme du futur. Paris : Autrement, 2005.
  • Martin, David. Tongues of Fire : The Explosion of Protestantism in Latin America. Oxford : Blackwell, 1990.
  • Portier, Philippe, et Jean-Paul Willaime. La religion dans la France contemporaine. Paris : Armand Colin, 2021.
  • Taylor, Charles. L’âge séculier. Paris : Seuil, 2011.
  • Walls, Andrew F. The Cross-Cultural Process in Christian History. Maryknoll : Orbis, 2002.

Rapports d’enquête

  • Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église. Les violences sexuelles dans l’Église catholique, France 1950-2020. Paris, 2021.
  • Royal Commission into Institutional Responses to Child Sexual Abuse : Final Report. Canberra, 2017.
  • ForuM. Sexualisierte Gewalt und andere Missbrauchsformen in der evangelischen Kirche. Hanovre, 2024.

Voir aussi

Quiz — Le christianisme contemporain

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