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Origines — dossier documentaire

Alexandrie et les origines chrétiennes

La plus grande communauté juive du monde, et le silence du Nouveau Testament

La deuxième ville de l’Empire, la plus grande communauté juive de la diaspora, le lieu où la Bible a été traduite en grec et où l’allégorie a été inventée — et sur laquelle le Nouveau Testament est presque entièrement muet. Ce silence est l’un des problèmes les plus intéressants des origines chrétiennes.

La communauté juive d’Alexandrie

Fondée en 331 avant l’ère commune, Alexandrie compte au premier siècle plusieurs centaines de milliers d’habitants. Philon écrit que les juifs occupent deux des cinq quartiers de la ville et qu’ils sont répandus dans les autres ; les estimations modernes vont de cent à deux cent mille personnes, ce qui en fait de loin la première communauté de la diaspora.

ÉlémentCe qui est établi
Statut juridiqueUn πολίτευμα — corps constitué disposant de ses propres institutions, d’une γερουσία et, selon Strabon, d’un ethnarque. Ce statut est intermédiaire entre la citoyenneté alexandrine et la masse égyptienne, et cette position d’entre-deux est la cause de tous les conflits
La grande synagogueDécrite par la Tossefta (Soukka 4,6) : si vaste qu’un officiant agitait un drapeau pour signaler aux fidèles du fond le moment de répondre amen ; les places étaient réparties par corps de métier — orfèvres, forgerons, tisserands. « Qui n’a pas vu la double colonnade d’Alexandrie n’a jamais vu la gloire d’Israël »
La SeptanteTraduction commencée au IIIe siècle. La Lettre d’Aristée en donne le récit légendaire — soixante-douze traducteurs, soixante-douze jours — et Philon ajoute qu’une fête annuelle se tenait sur l’île de Pharos pour la commémorer
Le temple de LéontopolisBâti vers 160 AEC par Onias IV, fils d’un grand prêtre écarté de Jérusalem. Un second temple sacrificiel juif a donc fonctionné en Égypte pendant deux siècles et demi, jusqu’à sa fermeture par Vespasien en 73. La Mishna en discute le statut sans le condamner absolument
L’allégorieAristobule au IIe siècle AEC, puis Philon : la méthode allégorique appliquée à l’Écriture naît ici, et c’est d’ici qu’elle passera à Clément et à Origène

Trois catastrophes

Le pogrom de 38. Sous le préfet Flaccus, à l’occasion de la visite du roi Agrippa, la foule alexandrine installe des images impériales dans les synagogues, pille les maisons juives, parque la population dans un seul quartier et lynche des membres de la γερουσία. Philon le raconte dans le Contre Flaccus ; c’est le premier pogrom documenté de l’histoire, et il est décrit par un témoin.

L’ambassade à Caligula. En 39-40, Philon conduit à Rome une délégation pour plaider la cause de sa communauté. Le récit qu’il en donne dans la Legatio ad Gaium est un document de premier ordre sur le fonctionnement du pouvoir impérial. La mort de Caligula en 41 interrompt l’affaire.

La lettre de Claude aux Alexandrins Un papyrus acquis par le British Museum et publié en 1924 par Harold Idris Bell conserve le texte intégral de la réponse de Claude, datée de novembre 41. L’empereur renvoie les deux partis dos à dos, confirme aux juifs leurs coutumes, et leur enjoint de ne pas « prétendre à davantage qu’ils n’ont eu », de ne pas envoyer deux ambassades comme s’ils vivaient dans deux villes, et de ne pas faire venir des juifs de Syrie ou d’Égypte, faute de quoi il les traitera comme fomentant « une peste générale du monde ». C’est l’un des documents les plus directs dont nous disposions sur le statut juif dans l’Empire, et son ton est sans équivalent dans les sources littéraires.

La révolte de 115-117. Sous Trajan, un soulèvement juif embrase la Cyrénaïque, l’Égypte et Chypre. La répression est totale. Les papyrus documentaires le montrent d’une manière qui ne trompe pas : les registres de l’impôt juif en Égypte cessent, les propriétés juives sont confisquées et redistribuées, et la grande synagogue disparaît. La plus grande communauté de la diaspora est anéantie en trois ans, et il faudra des siècles pour qu’une présence juive significative se reconstitue à Alexandrie. Ce fait est décisif pour comprendre la suite : quand le christianisme égyptien devient visible, le judaïsme alexandrin n’existe plus.

Le silence du Nouveau Testament

Les Actes racontent l’implantation du christianisme à Damas, Antioche, Chypre, en Asie, en Macédoine, en Achaïe, à Rome. Ils ne disent pas un mot de l’Égypte, alors qu’Alexandrie est la deuxième ville de l’Empire, qu’elle abrite la plus grande communauté juive du monde et qu’elle est reliée à la Judée par une route maritime constante. Aucun apôtre n’y est envoyé, aucune communauté n’y est fondée, aucune lettre n’y est adressée.

Le silence est d’autant plus marqué que le livre mentionne deux fois des Égyptiens : les juifs d’Égypte figurent dans la liste des témoins de la Pentecôte (Ac 2,10), et un « Égyptien » agitateur est évoqué par le tribun en Ac 21,38. L’Égypte est donc dans l’horizon du récit et elle reste hors de son itinéraire.

Apollos

Une seule figure vient d’Alexandrie, et elle est décrite avec une précision inhabituelle : « un juif nommé Apollos, alexandrin de naissance, homme éloquent, versé dans les Écritures » (Ac 18,24). Il enseigne « exactement ce qui concerne Jésus » — et il ne connaît que le baptême de Jean. Priscille et Aquilas l’instruisent plus complètement.

Une variante qui change tout Le codex de Bèze et une partie de la tradition occidentale ajoutent qu’Apollos avait été instruit ἐν τῇ πατρίδι, « dans sa patrie ». Si la leçon est retenue, elle place un enseignement sur Jésus à Alexandrie avant toute mission apostolique connue, et elle explique la précision embarrassée du récit lucanien : Apollos arrive déjà formé, d’un endroit dont les Actes ne parlent jamais. La leçon est minoritaire et son authenticité est disputée — elle pourrait être une explicitation de scribe. Mais l’embarras du texte, lui, est présent dans toutes les formes.

Apollos réapparaît à Corinthe, où son nom désigne un parti — « moi je suis d’Apollos » (1 Co 1,12) —, ce qui suppose une audience réelle. Paul parle de lui sans hostilité : « j’ai planté, Apollos a arrosé » (1 Co 3,6), et en 1 Co 16,12 il dit l’avoir vivement encouragé à retourner à Corinthe, ce qu’Apollos a refusé. Tt 3,13 le recommande encore. Un homme formé à Alexandrie tient donc un rôle de premier plan dans les communautés pauliniennes, et nous ne savons pas d’où lui vient sa formation chrétienne.

Hébreux : une lettre alexandrine ?

L’épître aux Hébreux présente un faisceau de traits qui orientent vers ce milieu.

TraitDétailPortée
LangueLe grec le plus travaillé du Nouveau Testament, avec périodes rhétoriques et vocabulaire rareSuppose une formation rhétorique achevée
Texte bibliqueCitations exclusivement selon la Septante, y compris là où elle diverge de l’hébreu — l’argument de He 10,5 repose sur une leçon grecqueL’auteur ne travaille pas sur l’hébreu
Vocabulaireσκιά et ὑπόδειγμα : le culte terrestre comme ombre et copie d’un modèle célesteSchéma platonisant, familier à Philon
MelchisédekArgument tiré du silence de Genèse sur sa généalogiePhilon traite le même personnage dans le même esprit
RéceptionLa lettre est reçue tôt en Orient et tardivement en OccidentOrigène, à Alexandrie, la connaît bien et déclare que Dieu seul sait qui l’a écrite

Luther a proposé Apollos comme auteur, précisément parce que le profil décrit en Ac 18,24 — alexandrin, éloquent, puissant dans les Écritures — correspond à ce que la lettre laisse voir. L’hypothèse est invérifiable et elle reste la plus élégante. Ceslas Spicq a poussé loin le rapprochement avec Philon ; Ronald Williamson l’a contesté en 1970 en montrant que les termes communs ne portent pas les mêmes concepts. Le dossier est ouvert et ce qui subsiste est le milieu, non l’auteur.

Quand le christianisme égyptien devient-il visible ?

Eusèbe rapporte que Marc évangélisa l’Égypte et fonda l’Église d’Alexandrie (HE II, 16), et il donne une liste d’évêques. Aucune source antérieure à Eusèbe n’atteste cette tradition, et la liste épiscopale des premières générations est de celles que les historiens tiennent pour rétrospectives. Avant Pantène, vers 180, la documentation est presque muette.

Elle n’est pourtant pas vide, et ce qui en subsiste vient de l’archéologie plutôt que des textes. Le plus ancien fragment connu du Nouveau Testament, P52, portant quelques versets de Jean, a été trouvé en Égypte et il est daté de la première moitié du IIe siècle. Les papyrus chrétiens égyptiens du IIe siècle sont nombreux et ils incluent des textes que l’Église écartera — Évangile de Thomas, Évangile des Égyptiens, Évangile des Hébreux.

La thèse de Walter Bauer (1934) tire de cette configuration une conclusion forte : le christianisme égyptien primitif aurait été majoritairement de tendances que l’orthodoxie ultérieure a écartées, et le silence des sources résulterait d’une élimination. La thèse est contestée dans sa généralité et elle a été affinée ; mais sur l’Égypte précisément, elle reste la moins mauvaise explication du contraste entre l’abondance des papyrus et le silence des récits.

Ce qu’Alexandrie a légué au christianisme

La Septante, qui sera la Bible de l’Église pendant des siècles et dont les leçons fonderont des arguments entiers — Is 7,14 et le παρθένος en est l’exemple le plus lourd.

L’allégorie, méthode élaborée par Aristobule et Philon sur le texte biblique, reprise par Clément puis par Origène, et qui deviendra la manière dominante de lire l’Écriture en Occident jusqu’à la Réforme.

Le λόγος comme terme d’articulation entre Dieu et le monde, que Philon développe et dont le prologue de Jean fera un tout autre usage — la question de la dépendance est discutée et elle n’est pas tranchée.

Le texte alexandrin, famille textuelle dont relèvent le Vaticanus, le Sinaiticus et les papyrus anciens, et qui constitue la base des éditions critiques modernes du Nouveau Testament. Le Codex Alexandrinus, du Ve siècle, offert à Charles Ier d’Angleterre en 1627, en porte le nom sans en relever entièrement.

Dispute théologique

Six voix confessionnelles, avec interjections du Professeur Tryphon Goldberg, persona pédagogique juive du site.

Pourquoi les Actes ne disent-ils rien de l’Égypte ?

Le livre conduit l’Évangile de Jérusalem à Rome et il ignore la deuxième ville de l’Empire, où vivait la plus grande communauté juive du monde. Aucune des explications proposées n’est pleinement satisfaisante, et le choix entre elles engage la conception que l’on se fait de l’ouvrage.

Catholique

Le silence n’est pas une ignorance mais une conséquence du plan de l’auteur, qui est énoncé en Ac 1,8 : Jérusalem, la Judée, la Samarie, puis les extrémités de la terre — lesquelles sont figurées par Rome. L’Égypte n’est sur aucun des axes tracés. La tradition marcienne, recueillie par Eusèbe, comble ce que le récit laisse de côté ; le patriarcat d’Alexandrie s’en réclame depuis l’Antiquité et son ancienneté n’est pas contestée par ailleurs, même si l’attestation littéraire est tardive.

Orthodoxe

La fondation par Marc est reçue dans tout l’Orient et elle structure l’un des cinq patriarcats anciens ; le siège d’Alexandrie occupe le deuxième rang à Nicée, avant Antioche et Constantinople, ce qui suppose une antiquité que personne ne discutait alors. L’Orient n’a jamais fait dépendre l’autorité d’un siège du récit des Actes, et il faut se garder de juger une tradition ancienne à l’aune d’un seul livre qui n’avait pas pour objet de tout raconter.

Réformée

Le silence doit être traité comme une donnée et non comblé. Ce que les Actes racontent est l’itinéraire d’un homme et de ses compagnons ; ce que nous cherchons est l’expansion d’un mouvement, et les deux ne coïncident pas. Apollos est la preuve qu’il existait des porteurs de la tradition en dehors des réseaux que le livre décrit : il arrive d’Alexandrie déjà formé, et la variante occidentale le dit explicitement. Le christianisme s’est probablement propagé par des voies commerciales et familiales dont nous n’avons aucun récit.

Luthérienne

Le rapprochement entre le profil d’Apollos et celui de l’auteur d’Hébreux est ancien et Luther l’a proposé. Il permet de tenir ensemble deux faits : un christianisme alexandrin existait avant toute mission attestée, et il avait une physionomie propre — hellénisée, formée à la Septante, familière de l’allégorie. Ce que l’on appelle le silence des Actes est peut-être le silence d’un auteur sur une forme de christianisme qui n’était pas la sienne.

Anglicane

Il faut ajouter la chronologie de la catastrophe. La révolte de 115-117 anéantit le judaïsme égyptien, et avec lui le milieu dans lequel une communauté judéo-chrétienne alexandrine aurait vécu. Si un christianisme alexandrin d’origine juive a existé, il a très probablement disparu dans cet effondrement, et ce qui repart à partir de Pantène repart d’autre chose. Le silence des sources n’est alors pas un silence d’origine mais un effacement historique daté.

Anabaptiste

La tradition radicale relève que ce dossier illustre une règle générale : les histoires officielles racontent les fondations par des envoyés autorisés et ignorent ce qui naît sans mandat. Un christianisme qui apparaît à Alexandrie sans qu’on sache qui l’y a porté est exactement ce que les récits d’institution ne savent pas raconter. Nous en avons fait l’expérience au XVIe siècle : nos communautés sont nées sans envoi et les chroniques les décrivent comme surgies de nulle part.

Synthèse

Cinq explications sont en présence et elles ne s’excluent pas. Le plan narratif — l’axe Jérusalem-Rome d’Ac 1,8 — rend compte du tracé mais non du choix de ce tracé. La diffusion sans mission, avancée par la voix réformée, explique le cas Apollos et il faut noter qu’elle est la seule à s’appuyer sur une donnée du texte. Le silence sur un type plutôt que sur un lieu, avancé par la voix luthérienne, est testable par l’examen de ce que les Actes disent des groupes hellénistes. L’effacement de 115-117, rappelé par la voix anglicane, explique non le silence des Actes — antérieurs — mais celui des sources ultérieures, et c’est l’explication la plus économique du trou documentaire du IIe siècle. La règle générale énoncée par la voix anabaptiste — les récits d’institution ne savent pas raconter ce qui naît sans mandat — vaut au-delà de ce cas et Tryphon la confirme pour la Babylonie juive. Ce qui reste certain est mince et important : quelqu’un enseignait sur Jésus à Alexandrie assez tôt pour qu’Apollos en vienne formé, et nous ne savons pas qui.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Six pistes formulées de manière falsifiable. Le dossier alexandrin réunit une documentation papyrologique exceptionnelle et un silence littéraire complet : c’est la configuration la plus favorable à des méthodes indirectes.

H1. La variante d’Ac 18,25 dans le texte occidental

  • Master
  • Critique textuelle
  • 12-18 mois

Hypothèse. L’addition « dans sa patrie » par le codex de Bèze et ses alliés n’est pas une explicitation de scribe mais la trace d’une tradition sur l’origine alexandrine de la formation d’Apollos, hypothèse testable par l’examen des autres additions du texte occidental dans les Actes.

État de la question
La variante est notée dans les appareils et généralement écartée. Le texte occidental des Actes fait l’objet d’un débat ancien sur son statut, que ce cas précis permettrait d’éclairer.
Corpus
Ac 18,24-28 dans NA28, le codex de Bèze, les versions latines et syriaques ; ensemble des additions occidentales des Actes ; travaux de Boismard et Lamouille, de Barrett.
Méthode
Coder les additions occidentales par type — explicitation, harmonisation, information nouvelle — et situer celle-ci dans la distribution.

Ce qui la réfuterait : Un profil conforme à celui des explicitations ordinaires.

H2. Hébreux et Philon : mesurer la parenté

  • Doctorat
  • Philologie / histoire des idées
  • 4-5 ans

Hypothèse. Les termes communs à Hébreux et à Philon — σκιά, ὑπόδειγμα, ἀρχέτυπος — ne portent pas les mêmes concepts, mais leur coprésence dans un même champ argumentatif est statistiquement improbable en dehors d’un milieu commun ; la comparaison avec un corpus grec de contrôle permet de le tester.

État de la question
Spicq a soutenu une dépendance directe, Williamson l’a réfutée en 1970. Le débat s’est arrêté sur cette alternative sans envisager l’hypothèse intermédiaire du milieu partagé.
Corpus
Hébreux ; Philon, De vita Mosis II, Legum allegoriae, Quis rerum divinarum heres ; Sagesse ; 4 Maccabées ; corpus grec philosophique de contrôle.
Méthode
Mesurer la cooccurrence des termes dans un même champ argumentatif et comparer à un corpus de contrôle.

Ce qui la réfuterait : Une cooccurrence comparable dans des textes sans rapport avec Alexandrie.

H3. Les papyrus chrétiens d’Égypte au IIe siècle

  • Doctorat
  • Papyrologie
  • 4-5 ans

Hypothèse. La distribution des papyrus chrétiens égyptiens antérieurs à 200 entre textes devenus canoniques et textes écartés est mesurable, et elle permet de tester la thèse de Bauer sur des données plutôt que sur le silence des sources littéraires.

État de la question
La thèse de Bauer est discutée depuis 1934 essentiellement sur les témoignages littéraires. Les corpus papyrologiques ont considérablement augmenté depuis et n’ont pas été mobilisés systématiquement.
Corpus
P52, P46, P66, P75 et l’ensemble des papyrus chrétiens égyptiens du IIe siècle ; Évangile de Thomas grec (P.Oxy. 1, 654, 655) ; Évangile des Égyptiens ; bases Leuven Database of Ancient Books.
Méthode
Établir le corpus daté, coder chaque pièce par statut ultérieur, et discuter explicitement les biais de conservation et de datation paléographique.

Ce qui la réfuterait : Une distribution conforme à celle des autres provinces à la même date.

H4. La lettre de Claude et le statut juif dans l’Empire

  • Master
  • Papyrologie / droit romain
  • 12-18 mois

Hypothèse. Le vocabulaire juridique de P.Lond. 1912 définit le statut des juifs d’Alexandrie avec une précision que les sources littéraires n’atteignent pas, et sa confrontation avec Philon et Josèphe fait apparaître des écarts systématiques imputables aux visées de chaque auteur.

État de la question
Le papyrus est publié depuis 1924 et abondamment cité. Sa confrontation terme à terme avec les récits de Philon et Josèphe reste ponctuelle.
Corpus
P.Lond. 1912 ; Philon, Contre Flaccus et Legatio ad Gaium ; Josèphe, Ant. XIX ; Contre Apion II ; édits de Claude conservés.
Méthode
Collationner les prétentions rapportées par chaque source et les dispositions du papyrus, et coder les écarts.

Ce qui la réfuterait : Une concordance substantielle des trois sources.

H5. Léontopolis : mesurer une lacune

  • Doctorat
  • Histoire du judaïsme ancien
  • 4-5 ans

Hypothèse. Le silence relatif des sources rabbiniques sur le temple de Léontopolis, qui a fonctionné deux siècles et demi, est disproportionné au regard de son importance, et ce silence est lui-même un objet : il révèle la manière dont la tradition traite les institutions concurrentes de Jérusalem.

État de la question
Le temple est connu par Josèphe et discuté dans quelques passages rabbiniques. L’analyse du traitement différentiel — par rapport aux Samaritains, à Éléphantine, à Qumrân — n’a pas été conduite ensemble.
Corpus
Josèphe, Ant. XII, 387-388 ; XIII, 62-73 ; Guerre VII, 420-436 ; m. Menahot 13,10 ; b. Menahot 109b ; fouilles de Tell el-Yehoudieh.
Méthode
Comparer le traitement rabbinique de Léontopolis à celui des autres lieux de culte concurrents, et coder les procédés.

Ce qui la réfuterait : Un traitement proportionné à l’importance de l’institution.

H6. La révolte de 115-117 dans les papyrus

  • Doctorat
  • Papyrologie / histoire
  • 4-5 ans

Hypothèse. L’interruption des séries documentaires juives en Égypte après 117 — registres de l’impôt juif, contrats, onomastique — permet de mesurer l’ampleur de l’anéantissement avec une précision que les sources littéraires ne donnent pas, et de dater la reconstitution d’une présence.

État de la question
La destruction est admise. Sa mesure documentaire est possible et n’a pas été menée comme une étude sérielle d’ensemble.
Corpus
Corpus Papyrorum Judaicarum ; registres du Ἰουδαϊκὸν τέλεσμα ; contrats et actes notariés ; onomastique juive dans les papyrus ; Eusèbe, HE IV, 2 ; Appien.
Méthode
Établir les séries avant et après 117, mesurer les ruptures par région, et dater les premières attestations de reprise.

Ce qui la réfuterait : Une continuité des séries documentaires après 117.

Bibliographie sélective

Sources

  • Philon d’Alexandrie. Contre Flaccus et Legatio ad Caium. Œuvres 31-32. Paris : Cerf, 1964-1972.
  • Tcherikover, Victor A., et Alexander Fuks, éds. Corpus Papyrorum Judaicarum. 3 vol. Cambridge : Harvard University Press, 1957-1964.

Études

  • Bauer, Walter. Rechtgläubigkeit und Ketzerei im ältesten Christentum. Tübingen : Mohr, 1934.
  • Barclay, John M. G. Jews in the Mediterranean Diaspora. Édimbourg : T&T Clark, 1996.
  • Bell, Harold Idris. Jews and Christians in Egypt. Londres : British Museum, 1924.
  • Gruen, Erich S. Diaspora : Jews amidst Greeks and Romans. Cambridge : Harvard University Press, 2002.
  • Pearson, Birger A. Gnosticism and Christianity in Roman and Coptic Egypt. New York : T&T Clark, 2004.
  • Spicq, Ceslas. L’Épître aux Hébreux. 2 vol. Paris : Gabalda, 1952-1953.
  • Williamson, Ronald. Philo and the Epistle to the Hebrews. Leyde : Brill, 1970.

Voir aussi

Quiz — Alexandrie et les origines chrétiennes

Que décrit la Tossefta à propos de la grande synagogue d’Alexandrie ?