Un mot ajouté sans concile, et mille ans de controverse entre l’Orient et l’Occident
Un mot latin de quatre syllabes, ajouté à un symbole conciliaire sans concile, et devenu le grief doctrinal le plus durable entre l’Orient et l’Occident. Le dossier a ceci de remarquable qu’il met en jeu deux questions distinctes qu’on confond presque toujours : ce que le mot signifie, et par quelle autorité il a été introduit.
Le texte et son état ancien
Le symbole dit de Nicée-Constantinople, arrêté en 381 et reçu comme norme par Chalcédoine en 451, énonce que l’Esprit saint « procède du Père » — τὸ ἐκ τοῦ Πατρὸς ἐκπορευόμενον. Le latin ajoute Filioque, « et du Fils ».
Deux verbes qui ne disent pas la même chose Le grec ἐκπορεύεσθαι est un terme technique construit sur Jn 15,26 et il désigne l’origination à partir de la seule source ultime. Le latin procedere est beaucoup plus large : il traduit aussi bien ἐκπορεύεσθαι que προϊέναι, qui n’implique pas l’originarité. Dire en latin que l’Esprit procedit du Fils n’équivaut donc pas à dire en grec qu’il en ἐκπορεύεται. Une part du conflit tient à ce que chacun a entendu son propre verbe dans la langue de l’autre, et cette observation n’est pas une invention œcuménique récente — elle est formulée au VIIe siècle.
Chronologie de l’addition
Date
Étape
Ce qui s’y joue
589
Troisième concile de Tolède
Récarède abjure l’arianisme et rallie les Wisigoths à la foi de Nicée. Le Filioque apparaît dans le symbole récité. Sa fonction est antiarienne : affirmer que l’Esprit procède aussi du Fils, c’est affirmer que le Fils est pleinement Dieu. L’addition n’est pas dirigée contre l’Orient, qui n’est pas dans l’horizon de ce concile
VIIIe s.
Diffusion carolingienne
L’usage passe d’Espagne en Gaule puis dans l’Empire franc. Les Libri Carolini le tiennent pour acquis
809
Synode d’Aix-la-Chapelle
Charlemagne fait confirmer l’addition et demande à Rome de l’adopter
810
Refus de Léon III
Le pape approuve la doctrine et refuse l’addition au symbole. Pour couper court, il fait graver le symbole sans Filioque sur deux plaques d’argent, en grec et en latin, exposées à Saint-Pierre. La distinction entre une doctrine recevable et une addition illégitime est donc posée par Rome elle-même
1014
Rome cède
Benoît VIII fait chanter le symbole avec Filioque lors du couronnement d’Henri II. Rome a donc tenu deux siècles avant d’adopter ce que l’Empire lui demandait
1054
Excommunications mutuelles
Le Filioque figure parmi les griefs du légat Humbert, mais la bulle insiste davantage sur le pain azyme et sur des questions disciplinaires. La rupture n’est pas produite par le mot seul
La lettre de Maxime le Confesseur
Vers 645, Maxime le Confesseur écrit à Marin de Chypre une lettre qui constitue la pièce la plus importante du dossier ancien. Il rapporte que les Romains ont été accusés d’enseigner que le Fils est cause de l’Esprit, et il les défend : ils ne font pas du Fils une cause, ils veulent dire que l’Esprit procède du Père par le Fils, et ils ont produit des témoignages latins ainsi que des extraits de Cyrille d’Alexandrie. Il ajoute qu’ils sont gênés par l’impossibilité de rendre exactement leur pensée dans une autre langue.
Le document établit trois choses. La difficulté est identifiée comme linguistique avant d’être doctrinale, sept siècles avant Florence. Un Père oriental de première autorité tient la position latine pour orthodoxe une fois expliquée. Et la formule « par le Fils » — διὰ τοῦ Υἱοῦ — est présentée comme la traduction acceptable, ce qui sera exactement la solution retenue par toutes les tentatives d’union ultérieures.
Photius et la formalisation du grief
Au IXe siècle, dans le conflit qui l’oppose à Rome sur la juridiction bulgare et sur sa propre élection, Photius transforme un usage liturgique occidental en erreur dogmatique. Sa Mystagogie du Saint-Esprit soutient que l’Esprit procède « du Père seul » — ἐκ μόνου τοῦ Πατρός —, formule qui n’est pas davantage dans le symbole que le Filioque.
Son argument central est le suivant : si l’Esprit procède de deux principes, ou bien il y a deux causes dans la divinité, ce qui ruine la monarchie du Père, ou bien le Père et le Fils se confondent en une cause unique, ce qui ruine la distinction des personnes. L’argument est serré et il n’a jamais été réfuté dans ses termes — il a été contourné en niant qu’il y ait deux principes, ce que la formule tanquam ab uno principio de Lyon II énoncera.
Les conciles d’union
Concile
Formule
Issue
Lyon II, 1274
L’Esprit procède du Père et du Fils tanquam ab uno principio — comme d’un seul principe
Union signée par une délégation impériale sous pression politique, rejetée par le clergé et le peuple de Constantinople, répudiée en 1282
Ferrare-Florence, 1439
Le décret Laetentur caeli déclare que « du Père par le Fils » et « du Père et du Fils » ont le même sens ; les Latins tiennent le Fils pour cause avec le Père, mais non comme un second principe
Signée par l’empereur et la quasi-totalité des Grecs — à l’exception de Marc d’Éphèse, qui refuse. Répudiée à Constantinople en 1484. La ville tombe en 1453
Florence a produit la formule théologique la plus élaborée du dossier et elle a échoué. La raison n’est pas d’abord doctrinale : l’union était perçue à Constantinople comme le prix exigé pour une aide militaire qui n’est jamais venue en quantité suffisante. La formule de Lucas Notaras — « mieux vaut voir régner dans la ville le turban des Turcs que la mitre latine » — est rapportée par Doukas et son authenticité est discutée ; qu’elle ait circulé dit assez l’état des esprits.
L’état contemporain du dossier
La clarification romaine de 1995. Le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens publie Les traditions grecque et latine concernant la procession du Saint-Esprit. Le texte énonce que le Filioque latin ne signifie pas que le Fils soit cause de l’origine hypostatique de l’Esprit, que le Père est la source unique, et — point décisif — que l’Église catholique reconnaît la valeur normative, irrévocable et unique du symbole grec de 381. Il rappelle que les catholiques de rite byzantin récitent le symbole sans Filioque, et que le pape lui-même le récite en grec sans l’addition.
Les décisions anglicanes et vieilles-catholiques. La conférence de Lambeth recommande en 1978, puis de nouveau en 1988, que les Églises de la Communion anglicane omettent le Filioque dans le symbole. Plusieurs l’ont fait ; l’Église d’Angleterre le conserve dans ses livres liturgiques tout en admettant l’omission. Les vieux-catholiques l’ont retiré dès 1874-1875 lors des conférences de Bonn.
Ce qui reste. La doctrine n’est plus le point de blocage pour la plupart des interlocuteurs ; la question de l’autorité l’est toujours. Un symbole arrêté par un concile œcuménique peut-il être modifié par une partie de l’Église sans un autre concile ? C’est la question que Léon III avait tranchée en 810 et que Rome a laissée derrière elle en 1014.
Disputes théologiques
Six voix confessionnelles, avec interjections du Professeur Tryphon Goldberg, persona pédagogique juive du site.
Le Filioque : question de doctrine ou question d’autorité ?
Les deux questions sont distinctes et leur confusion a nourri mille ans de controverse. On peut tenir la doctrine pour vraie et l’addition pour illégitime — c’est exactement la position de Léon III en 810.
Orthodoxe
Les deux questions se posent, et l’ordre importe : l’addition est d’abord illégitime, et c’est ce qui a empêché d’examiner sereinement si elle était vraie. Un symbole reçu par des conciles œcuméniques est le bien commun de l’Église entière ; une partie ne peut pas le modifier. Sur le fond, l’argument de Photius tient : la monarchie du Père garantit l’unité de la divinité, et deux principes de procession la compromettent. La formule « par le Fils » est recevable et elle est patristique ; « et du Fils » ne l’est pas dans le symbole.
Catholique
La doctrine est reçue et la clarification de 1995 en précise le sens : le Père est la source unique, le Fils n’est pas cause de l’origine hypostatique de l’Esprit. Sur l’addition, Rome a fait un pas considérable en reconnaissant la valeur normative et irrévocable du symbole grec de 381, et en admettant que les Églises orientales catholiques et le pape lui-même le récitent sans l’addition. L’histoire de l’introduction est assumée : elle est espagnole, antiarienne, puis carolingienne, et Léon III s’y est opposé.
Anglicane
La Communion anglicane a tranché la question de l’autorité sans trancher celle de la doctrine, et c’est une solution praticable. Lambeth a recommandé en 1978 et en 1988 l’omission du Filioque, au motif que le symbole appartient à l’Église indivise et qu’aucune partie ne devrait le modifier unilatéralement. Rien n’est retiré à la doctrine trinitaire des Trente-neuf Articles ; c’est le texte du symbole qui est restitué.
Luthérienne
La Réforme a hérité du symbole occidental avec le Filioque et ne l’a pas discuté — le Livre de Concorde reprend les trois symboles sans examiner ce point. Cela mérite d’être dit : nous avons conservé sans discussion une addition dont l’histoire aurait dû nous intéresser, alors que nous contestions par ailleurs tout ce qui s’était ajouté au dépôt primitif. Les dialogues luthéro-orthodoxes du XXe siècle ont rouvert la question et plusieurs Églises envisagent l’omission.
Réformée
Calvin traite la procession dans l’Institution I, 13 sans faire du Filioque un enjeu, et la tradition réformée l’a conservé par héritage plutôt que par décision. La position la plus cohérente avec nos principes serait pourtant l’omission : nous tenons que ce qui n’est pas dans l’Écriture ne peut pas obliger, et Jn 15,26 dit que l’Esprit procède du Père. Que l’on puisse soutenir la doctrine sans l’inscrire dans le symbole est précisément la distinction que nous appliquons partout ailleurs.
Anabaptiste
La tradition radicale observe que la controverse porte sur un texte dont ni l’une ni l’autre partie ne conteste qu’il ait été produit par des conciles impériaux, convoqués par des empereurs, pour des motifs qui n’étaient pas seulement théologiques. Le Filioque entre à Tolède quand un roi change de religion, il se diffuse quand un empereur le veut, il est adopté à Rome lors d’un couronnement impérial, et il est négocié à Florence contre une aide militaire. L’histoire de ce mot est une histoire de pouvoir, du premier jour au dernier.
Synthèse
Les deux questions doivent être séparées, et l’histoire les sépare d’elle-même : Léon III en 810 tient la doctrine pour recevable et l’addition pour illégitime, position que personne n’a tenue depuis avec autant de netteté. Sur la doctrine, la lettre de Maxime le Confesseur montre dès 645 que la difficulté est en partie linguistique, et la clarification romaine de 1995 dit en substance ce que Maxime disait. Sur l’autorité, le désaccord subsiste et il est de nature ecclésiologique : il porte sur ce qu’une partie de l’Église peut décider seule. La voix anglicane a tranché le second point sans toucher au premier, la voix réformée observe qu’elle aurait dû faire de même selon ses propres principes, et la voix anabaptiste rappelle que chaque étape de l’histoire du mot coïncide avec une opération de pouvoir — objection que Tryphon accepte tout en refusant d’en tirer une conclusion sur la vérité de l’énoncé.
Peut-on retirer le Filioque ?
La question n’est plus théorique. Plusieurs Églises l’ont fait, Rome le récite sans l’addition en grec, et les dialogues bilatéraux l’ont explicitement posée. Ce qui est en jeu est le coût d’un retrait pour chaque tradition.
Catholique
Le retrait est possible et il est déjà partiel : les Églises orientales catholiques ne le disent pas, le pape ne le dit pas en grec, et la clarification de 1995 reconnaît au symbole de 381 une valeur normative et irrévocable. Un retrait généralisé dans le rite latin poserait une difficulté pastorale considérable — modifier le texte que les fidèles récitent depuis mille ans — sans difficulté doctrinale majeure, puisque la doctrine peut être exposée ailleurs que dans le symbole.
Orthodoxe
Le retrait est la condition nécessaire, et il ne serait pas une concession : ce serait la restitution d’un texte commun. L’Orient ne demande pas à l’Occident de renoncer à sa théologie trinitaire, qui a ses développements propres et légitimes ; il demande que le symbole soit récité tel qu’il a été arrêté. Une théologie s’expose dans des traités, pas dans le texte que l’Église entière confesse.
Anglicane
Nous l’avons recommandé deux fois et l’application a été inégale, ce qui livre un enseignement : une décision liturgique prise par une instance consultative ne se met pas en œuvre d’elle-même. Certaines provinces l’ont retiré, d’autres l’ont conservé, l’Église d’Angleterre admet les deux usages. Cette diversité est supportable chez nous et elle ne le serait pas partout — c’est une donnée de structure autant que de doctrine.
Luthérienne
Plusieurs Églises luthériennes ont adopté ou envisagé l’omission à la suite des dialogues avec l’Orthodoxie. L’obstacle est faible sur le plan confessionnel : le Livre de Concorde reçoit le symbole sans commenter ce point, et rien dans la doctrine luthérienne ne dépend du Filioque. La difficulté est celle des livres liturgiques et des habitudes, comme pour les catholiques.
Réformée
Les Églises réformées n’ont pas de texte liturgique obligatoire imposant le symbole, et le retrait n’y rencontrerait presque aucun obstacle institutionnel. Il n’a pourtant pas été fait, ce qui indique que la question n’a pas été jugée importante — et c’est peut-être le vrai problème. Une tradition qui pourrait aisément corriger une inconséquence et qui ne le fait pas montre que le point ne lui coûte rien, donc qu’elle n’y tient pas non plus.
Anabaptiste
La plupart des Églises de tradition radicale ne récitent aucun symbole. La question ne se pose donc pas dans les mêmes termes : nous confessons la foi par la vie et par la communauté plutôt que par un texte récité, et la confession de Schleitheim ne traite pas de la procession de l’Esprit. Cette absence n’est pas une indifférence à la Trinité ; c’est un refus de faire d’une formule le critère d’appartenance.
Synthèse
Toutes les positions conviennent que le retrait est doctrinalement possible ; aucune ne tient le Filioque pour nécessaire au sens qu’elles donnent à la Trinité. L’obstacle est liturgique et non théologique, ce que les voix catholique et luthérienne nomment l’une et l’autre : ce qui résiste, c’est le texte que les fidèles récitent par cœur. La voix orthodoxe formule la demande dans ses termes exacts — restituer un texte commun, non renoncer à une théologie —, ce qui réduit considérablement la portée du différend. Deux observations de méthode ressortent : l’expérience anglicane montre qu’une recommandation sans instance d’exécution produit une diversité d’usages ; et la voix réformée relève, à son propre détriment, que ne pas faire ce qui serait facile est un indice plus sûr du désintérêt que refuser ce qui serait coûteux.
Hypothèses de travail — mémoire et thèse
Sept pistes formulées de manière falsifiable. Le dossier réunit des sources conciliaires complètes, une documentation liturgique abondante et un siècle de dialogues bilatéraux entièrement publiés.
H1. Tolède 589 : la fonction antiarienne de l’addition
Doctorat
Histoire des conciles
4-5 ans
Hypothèse. L’introduction du Filioque au troisième concile de Tolède répond à une nécessité polémique interne — réfuter l’arianisme wisigothique — et non à une position sur l’Orient ; l’examen des actes et des textes antiariens hispaniques permet de l’établir et de mesurer si l’addition est déjà présente dans des sources antérieures.
État de la question
La fonction antiarienne est généralement admise et rarement démontrée par un dépouillement des sources hispaniques. L’antériorité possible de l’addition dans des symboles locaux est discutée.
Corpus
Actes du IIIe concile de Tolède ; symboles hispaniques antérieurs ; Libellus fidei de Récarède ; œuvres antiariennes de Léandre et d’Isidore de Séville ; manuscrits liturgiques wisigothiques.
Méthode
Relever les occurrences de la formule dans les sources hispaniques datées et coder leur contexte argumentatif.
Ce qui la réfuterait : Une occurrence hispanique antérieure sans contexte antiarien.
H2. La lettre de Maxime à Marin
Master
Patristique
12-18 mois
Hypothèse. La lettre de Maxime le Confesseur à Marin de Chypre identifie la nature linguistique du désaccord sept siècles avant Florence, et l’absence de son exploitation dans les controverses médiévales — de Photius à Marc d’Éphèse — est mesurable et significative.
État de la question
La lettre est connue et citée dans les dialogues contemporains. Sa réception médiévale, ou son absence de réception, n’a pas été étudiée sériellement.
Corpus
Maxime, Opuscule théologique et polémique 10, lettre à Marin ; Photius, Mystagogie ; actes de Lyon II et de Florence ; écrits de Marc d’Éphèse ; Nicétas de Nicomédie.
Méthode
Recenser les citations de la lettre dans le corpus polémique byzantin et latin par période.
Ce qui la réfuterait : Une exploitation régulière de la lettre dans les controverses médiévales.
H3. Les plaques d’argent de Léon III
Master
Histoire liturgique
12-18 mois
Hypothèse. Le geste de Léon III — faire graver le symbole sans addition en grec et en latin — est un acte juridique délibéré visant à fixer un texte de référence, et sa portée est comparable à celle d’une promulgation ; les sources romaines permettent d’en établir la fonction et la durée d’exposition.
État de la question
L’épisode est rapporté par le Liber Pontificalis et abondamment cité. Sa qualification juridique et la question de savoir combien de temps les plaques sont restées visibles ne sont pas traitées.
Corpus
Liber Pontificalis, vie de Léon III ; actes du synode d’Aix (809) ; lettres de Charlemagne ; Libri Carolini ; inventaires de Saint-Pierre.
Méthode
Reconstituer la fonction du dispositif et rechercher les mentions ultérieures des plaques dans les inventaires.
Ce qui la réfuterait : Un geste purement symbolique sans portée normative attestée.
H4. Florence 1439 : les conditions de la signature
Doctorat
Histoire byzantine
4-5 ans
Hypothèse. L’adhésion des Grecs au décret Laetentur caeli est mieux expliquée par la dépendance militaire et financière de la délégation que par la persuasion théologique, et les journaux du concile permettent de mesurer le poids respectif des deux facteurs.
État de la question
Le contexte politique est reconnu. Les récits de Syropoulos et les actes officiels donnent des versions divergentes qui n’ont pas été confrontées systématiquement.
Corpus
Actes grecs et latins du concile ; Mémoires de Sylvestre Syropoulos ; écrits de Marc d’Éphèse ; correspondance impériale ; comptes de l’entretien de la délégation.
Méthode
Collationner les récits, coder les arguments effectivement échangés et les pressions documentées, et suivre les revirements individuels.
Ce qui la réfuterait : Des débats théologiques substantiels précédant chaque ralliement individuel.
H5. La clarification de 1995 et sa réception orthodoxe
Master
Œcuménisme
12-18 mois
Hypothèse. Le texte romain de 1995 concède davantage que ne le reconnaissent ses commentateurs orthodoxes, et l’analyse des réponses publiées montre que la réception s’est heurtée moins au contenu qu’au statut de l’instance émettrice.
État de la question
Le document est cité dans les dialogues et sa réception est inégale. Les réponses orthodoxes n’ont pas été analysées comme un corpus.
Corpus
Conseil pontifical pour l’unité, Les traditions grecque et latine concernant la procession du Saint-Esprit (1995) ; réponses publiées en Grèce, en Russie et aux États-Unis ; documents de la Commission mixte internationale.
Méthode
Coder les objections formulées par type — contenu, autorité de l’instance, absence de conséquence liturgique.
Ce qui la réfuterait : Des objections portant majoritairement sur le contenu doctrinal du texte.
H6. Lambeth 1978-1988 : une recommandation sans exécution
Master
Ecclésiologie pratique
12-18 mois
Hypothèse. L’application inégale des recommandations de Lambeth sur l’omission du Filioque est prédite par le type de gouvernance de chaque province plutôt que par sa position théologique, hypothèse testable sur l’ensemble de la Communion.
État de la question
La diversité d’application est constatée. Sa corrélation avec les structures de décision provinciales n’a pas été étudiée.
Corpus
Résolutions de Lambeth 1978 et 1988 ; livres liturgiques provinciaux successifs ; constitutions des provinces ; rapport de la consultation de Dublin (1981).
Méthode
Coder pour chaque province l’état d’application et le type de gouvernance liturgique, et tester la corrélation.
Ce qui la réfuterait : Une corrélation dominante avec la position théologique déclarée.
H7. Le Filioque dans les confessions de la Réforme
Master
Théologie historique
12-18 mois
Hypothèse. Les textes confessionnels du XVIe siècle reçoivent le symbole occidental sans jamais discuter l’addition, alors qu’ils examinent minutieusement d’autres développements post-apostoliques ; ce silence est mesurable et il révèle les limites effectives du principe scripturaire.
État de la question
Le silence est constaté ponctuellement. Il n’a pas été mis en série avec le traitement réservé aux autres ajouts médiévaux.
Corpus
Livre de Concorde ; Confession helvétique postérieure ; Confession gallicane ; Trente-neuf Articles ; Calvin, Institution I, 13 ; controverses avec les antitrinitaires.
Méthode
Relever le traitement réservé au Filioque et à d’autres développements médiévaux dans le même corpus, et comparer.
Ce qui la réfuterait : Un examen explicite de l’addition dans un texte confessionnel majeur.
Bibliographie sélective
Sources
Maxime le Confesseur. Opuscules théologiques et polémiques. Paris : Cerf, 1998.
Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Les traditions grecque et latine concernant la procession du Saint-Esprit. Rome, 1995.
Études
Congar, Yves. Je crois en l’Esprit Saint. 3 vol. Paris : Cerf, 1979-1980.
Gemeinhardt, Peter. Die Filioque-Kontroverse zwischen Ost- und Westkirche im Frühmittelalter. Berlin : De Gruyter, 2002.
Halleux, André de. « Pour un accord œcuménique sur la procession de l’Esprit Saint ». Irénikon 51 (1978) : 451-469.
Papadakis, Aristeides, et John Meyendorff. L’Orient chrétien et l’essor de la papauté. Paris : Cerf, 2001.
Siecienski, A. Edward. The Filioque : History of a Doctrinal Controversy. Oxford : Oxford University Press, 2010.
Vischer, Lukas, dir. La théologie du Saint-Esprit dans le dialogue œcuménique. Paris : Centurion, 1981.